« Si nous devons enseigner la paix réelle dans ce monde, et si nous devons mener une vraie guerre contre la guerre, alors nous devrions commencer par les enfants. » – Gandhi

Compréhension enfantsNote : cet article est une traduction de l’article On Compassion Towards Our Children de Léo Babauta. C’est donc lui qui s’exprime dans le “je” de cet article !

L’autre jour je disais à quel point une personne qui s’intéresse à la compassion devrait parler de compréhension envers les animaux, une catégorie d’êtres vivants qui est très souvent regardée de haut.

Mais il est aussi important de parler de compassion envers nos propres enfants ─ des personnes que nous aimons et que l’on ne veut pas voir souffrir, et cependant nous sommes souvent la cause de leur souffrance.

J’anticipe le fait que cet article suscitera encore beaucoup de controverse, car en tant que parent nous ne voulons pas penser que nous pouvons être la cause de la souffrance de nos enfants adorés. Mais nous le sommes (du moins, ceux d’entre nous qui utilisent les techniques parentales traditionnelles le sont généralement), et nous devons lever le voile sur ce sujet.

Je devrais préciser que je fais partie des coupables n’ayant pas une attitude assez attentionnée avec ses enfants, et je ne prétends pas être parfait. J’ai identifié ce problème, cependant, et j’essaye de changer.

Apprendre la compassion à nos enfants

Déjà: pourquoi est-ce si important? Parce que pour créer un monde plus attentif à ce qui l’entoure, il faut que l’on apprenne la compassion à la prochaine génération ─ à nos enfants.

Mais comment apprend-on la compassion à nos enfants ? En leur en parlant ou en leur faisant lire des articles sur Habitudes Zen ? Bon, ca serait un bon début, mais il est encore plus important que nous ayons une attitude modèle en matière de compréhension ─ en commençant à la maison. Cela signifie que nous devons éprouver de la compassion envers tout le monde à la maison, y compris nos enfants.

Ca a l’air d’aller, jusque là, non? Mais le fait-on vraiment ? Si vous avez déjà « discipliné » un enfant avec une fessée, avec une réprimande verbale, ou en mettant votre enfant dehors pour lui donner une leçon, alors vous avez agi d’une façon qui n’était pas compréhensive.

Creusons un peu cela.

La discipline, loin de la compassion

Quand un enfant s’énerve, pique une colère, balance ses jouets, tape un autre enfant, ou se met à hurler, les parents vont souvent utiliser la force pour arrêter l’enfant ─ parfois cette force est une simple remarque coercitive avec menace de punition, parfois cela consiste à prendre l’enfant et à le mettre dehors un moment, et parfois c’est une vraie violence, à coups de fessée, de gifle, ou pire.

C’est de la « discipline » et ça sert à apprendre à l’enfant que ce qu’il fait est mal. Mais quel message transmet-on en fait à la place ? Que c’est mal quand on s’agace ou s’énerve, que nos parents ne nous traiterons pas gentiment si on le fait, qu’obéir et se conformer est plus important que d’être gentil et aimant.

Quand un ami est énervé ou pleure, nous ne le giflons pas, nous ne lui hurlons pas dessus pour qu’il se taise, et nous ne l’enfermons pas dans une pièce ou le forçons à rester assis gentiment sur son lit. Cela serait considéré comme un comportement non seulement rude mais aussi offensant. Ce dont un ami a besoin, c’est de compassion, d’une étreinte douce, d’une oreille compréhensive, de quelqu’un qui comprend et ressent sa douleur et qui veut mettre fin à sa souffrance.

Et pourtant, quand nos enfants sont contrariés, nous faisons souvent l’inverse : nous n’écoutons pas, feignons de comprendre ou de ressentir leur douleur, ou de mettre fin à leur souffrance. En fait, nous causons davantage de souffrance. Ce n’est pas de la compassion.

Pourquoi les enfants sont en colère

Pourquoi est-ce-qu’un enfant est contrarié, fait des colères ou des crises de larmes ? Souvent parce qu’il n’obtient pas ce qu’il veut. Un adolescent développe une mauvaise attitude et un comportement dysfonctionnel souvent parce qu’il se sent contrôlé, sans liberté, étouffé ou brimé.

La cause de la colère de nos enfants est souvent… nous. Nous ne leur laissons pas la liberté dont les humains normaux ont besoin. Nous ne pensons pas qu’ils ont le même droit d’avoir ce qu’ils veulent que nous autres adultes. Nous pensons mieux savoir (alors que ce n’est parfois pas le cas) et donc nous les contrôlons.

Mais est-ce de la compassion? Si un autre adulte nous disait qu’il en sait plus que nous, aimerions-nous qu’il nous contrôle ? Aimerions-nous qu’il ne nous laisse pas de liberté ou ne nous permette pas de faire ce que nous voulons ? Évidemment que non.

En fait, ce manque de respect, de dignité et de liberté nous causerait de la douleur et de la souffrance. Tout comme cela en cause à nos enfants.

Au lieu d’être compréhensifs, nous causons leur souffrance.

Des parents compréhensifs

Heureusement, il existe un meilleur moyen. J’ai beaucoup lu sur la philosophie appelée « prendre ses enfants au sérieux », et il y a un vrai fossé avec le parentage traditionnel. Juste un point : préparez-vous à voir vos convictions de parent chamboulées si vous lisez ce site, mais gardez l’esprit ouvert et désireux d’évoluer.

Cette philosophie prône le parentage non-coercitif ─ ne pas forcer l’enfant à faire quoi que ce soit, mais plutôt l’éduquer, le guider, l’aider, et essayer de le persuader plutôt que de le forcer.

Cela semble logique, mais en réalité cela peut s’avérer difficile pour un parent traditionnel d’accepter cette philosophie, puisque cela implique de laisser tomber les notions prônant qu’un enfant doit « écouter » (ou obéir), qu’on doit apprendre à un enfant certaines leçons et que la fin justifie les moyens, que l’éducation est correctement donnée par des écoles (coercitives), que notre façon de faire est la meilleure façon de faire.

Bien que cette philosophie ne soit pas une méthodologie, un des concepts fondamentaux qui est mis en pratique par les parents qui l’appliquent est de trouver un « goût commun » plutôt que chacun fasse les choses comme il les entend, parents comme enfants. Quand cela arrive, l’autre « perd », autrement dit l’enfant ou le parent est blessé.

Cette philosophie recommande que personne ne soit blessé ─ tout le monde y gagnerait. On y arrive en réfléchissant à des alternatives jusqu’à trouver une option qui satisfait les deux parties. C’est en fait en accord avec ma vision de la vie ─ je pense que l’on devrait ne pas se blesser mutuellement et trouver des moyens de gérer les choses de sorte que tout le monde soit heureux, du moins autant que possible.

« Les enfants sont d’excellents imitateurs, alors donnons leur quelque chose d’excellent à imiter. » – anonyme

Mais que faire quand …

Donc que faire quand votre enfant pleure ou pique une colère et n’écoute pas ce que vous dites? Soyez compréhensif avec l’enfant ─ faites-lui un câlin, écoutez-le s’il veut en parler, aidez-le à obtenir ce qu’il veut.

C’est ça le parentage compréhensif. Et ce genre de compassion ─ ressentir la souffrance de votre enfant et l’aider à y mettre fin ─ est le modèle dont nos enfants ont besoin pour apprendre la compassion vis-à-vis des autres. Et s’ils deviennent compréhensifs en grandissant, notre monde sera meilleur.

Il y a beaucoup d’autres situations pour lesquelles les parents auront des questions, concernant ce style de parentage, et je ne serai pas capable de répondre à toutes. Je vous suggère de jeter un œil aux douzaines d’articles traitant de cette philosophie, de lire les discussions et les commentaires, et de chercher des blogs de parents et de gens en accord avec cette philosophie. Ils peuvent l’expliquer bien mieux que je ne le fais.

Moi, je suis nouveau dans le parentage compréhensif. J’ai toujours eu de la compassion pour mes enfants, bien sûr, mais j’ai aussi été élevé dans un cadre autoritaire traditionnel et c’est ce à quoi je suis habitué. C’est difficile de changer ça. Mais je pense que c’est important si je veux plus de compassion dans le monde.

Après avoir commencé par moi-même et par la façon dont je traite mes enfants, je peux l’étendre et leur montrer comment être compréhensif envers les autres localement, et de par le monde. Mais il faut bien commencer quelque part, et je pense que les enfants est un merveilleux endroit pour commencer.

« Une personne est une personne, quelle que soit sa taille. » – Dr. Seuss

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liste des compassions des enfants

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4 commentaires on De la compassion pour nos enfants

  1. Je suis tout à fait d’accord avec la compassion. Et en même temps, j’apporte une petite nuance à cet article.

    Compassion oui c’est important, mais attention de ne pas virer au laxisme. C’est l’écueil à éviter.
    Compassion ne veut pas dire faire ce que l’enfant demande ou lui procurer systématiquement ce qu’il veut.

    Compassion veut dire juste compréhension et compréhension ne veut pas dire être d’accord avec. Mais ne pas être d’accord avec, n’empêche pas non plus de comprendre.

    La colère de l’enfant, qui est souvent dû à la frustration de ne pas obtenir ce qu’il veut, est naturelle. Cependant, il doit apprendre à gérer la frustration. Elle est nécessaire à un bon équilibre face à la vie et nécessaire au bonheur. Un enfant qui ne connait pas la frustration et qui n’apprend pas à la gérer deviendra un enfant gâté et ensuite un adulte ne supportant pas la frustration et donc malheureux, car la frustration fait partie de la vie.

    Pour ceux qui veulent aller plus loin, je conseille un excellent livre sur le sujet : « Un enfant heureux » de Didier Pleux.

  2. Sophie dit :

    Puisque je suis dans cette démarche depuis la naissance de mon premier enfant, je me permets de vous suggérer quelques livres qui m’ont aidé sur ce chemin : Les mots sont des fenêtres (ou bien ce sont des murs) de Marshall Rosenberg (http://www.amazon.fr/mots-sont.....2707143812) ; Parents efficaces tome 1 (http://www.amazon.fr/Parents-e.....t_ep_dpt_1) et tome 2 (http://www.amazon.fr/Parents-e.....t_ep_dpt_2); une liste de discussions francophone sur yahoo : http://fr.groups.yahoo.com/gro.....onscients/

  3. Dimitri Bonheur dit :

    Je pense que cet article est très intelligent: si l’on souhaite changer le monde, il faut d’abord commencer les changement à l’intérieur de soi. Changer sa manière d’éduquer ses enfants est une manière donc de changer le monde.

    Il ne faut pas oublier que nos enfant sont le monde de demain, si nous leurs apprenons la violence ou l’injustice, il y a de forte chance pour que le monde de demain soit fait de violence et d’injustice..
    Cet article est donc à méditer profondément, je suis tout de même compréhensif envers les parents qui épuisé et énervé de par leurs vie et de par leurs travail ne sont pas à même d’agir et d’éduquer leurs enfants avec compassion tout les jours…

    Pour éduquer ses enfants avec compassion, il me semble important d’adopter un style de vie plus intelligent, plus zen, détaché du monde très stressé occidentalisé… Quand je sort dans la rue, la plupart du temps, je vois des gens hyper stressé, nerveux, qui ouvre leurs bouches pour dire des obscénités quand il ne sont pas content simplement parce que ont une personne était plus lente en voiture… J’ai de la compassion pour ces personnes. Mais il me semble que en étant dans ce mode de vie, on ne peut être très évoluer dans cette philosophie…

    Par contre il est important de souligner que le fait d’exprimer sa colère ou autres émotions négative est très bénéfique pour notre corps, ça libère l’acidité qui pourrai autrement s’entreposer autour de la paroi de nos os (concept ayurvédique auquel je crois) et qui ainsi créer (au fur et à mesure d’avoir de l’acidité) un champ de nervosité autour de la personne qui n’est pas meilleur pour l’entourage cette personne………..

    D’où l’importance de faire de l’activité physique afin d’y décharger toutes l’énergie qui a besoin de sortir..

    Une fois ces émotions, cette énergie en surplus déchargé, on peut peut être avoir la patience d’éduquer et de vivre avec ses enfants dans la compassion.

    Merci pour cet article à méditer..

    Bonheur à vous qui lisez cette phrase.

    Au plaisir.

    DELATTRE Dimitri

  4. Je trouve cet article plus qu'intéressant, il nous démontre qu'à la base si nous faisions l'effort de comprendre l'autre…. Il y aurait probablement moins de conflits sur cette terre et que la compassion et de l'amour commence dès le plus jeune âge. Que de travaille pour soi-même se reconvertir.Mais ça m'éclaire et je mettrai un point d'honneur à essayer d'en faire ma philosophie!

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