Equilibre essentielNote : cet article est une traduction de l’article Steps Towards a More Sustainable Life of Less de Léo Babauta. C’est donc lui qui s’exprime dans le “je” de cet article !

Quand mes grands-parents étaient jeunes, aucun des appareils ménagers (sans parler des gadgets hi-tech) dans nos maisons n’étaient habituellement utilisés ─ pas de réfrigérateur, de cuisinière électrique, de machine à laver, de lave-vaisselle, de sèche-linge, de grille-pain, de télévision, d’ordinateur, d’air conditionné, de micro-ondes, etc.

Rien de tout ça. Ils avaient des voitures, mais ils marchaient beaucoup plus souvent que nous le faisons aujourd’hui. Ils avaient des téléphones, mais pas de portable ou de Blackberry ou d’iPhone, et ils n’utilisaient pas leurs téléphones tout le temps. Ils avaient des magasins, mais ne commandaient pas en ligne et n’achetaient pas tout le temps. En fait, ayant grandi pendant la Grande Dépression, ils achetaient peu et utilisaient très très peu de technologie.

Bien que les 70 ou 80 dernières années aient fait progresser nos vies de façon incroyable, et bien qu’il ne fasse aucun doute que le confort et la commodité de nos vies se soient considérablement améliorés… nous nous arrêtons rarement pour nous demander si la technologie et le consumérisme ont toujours changé nos vies pour le mieux.

Je veux dire, je suis autant partisan des miracles d’internet que n’importe qui d’autre, mais n’a-t-on pas abandonné une trop grande partie de nos vies, une partie qui existait hors-ligne et hors de chez soi ? C’est super d’avoir des voitures aussi confortables que l’on peut conduire incroyablement vite et qui nous emmènent là où on veut aller en quelques minutes… mais a-t-on abandonné la joie et les effets bénéfiques de la marche sur la santé ?

C’est super de pouvoir communiquer instantanément de n’importe où avec nos technologies sans fil, mais a-t-on abandonné les conversations personnelles en face à face et le plaisir d’être en plein air, coupé du monde ?

C’est super que la nourriture soit si commode de nos jours, mais a-t-on abandonné le plaisir de manger lentement pour le fast-food, la joie de cuisiner pour le micro-ondes, les merveilles de la vraie nourriture pour la bouffe toute prête ?

C’est super de pouvoir acheter quasiment tout ce que l’on veut de nos jours (et de le faire bien souvent), mais avons-nous permis à l’abondance d’argent que nous avons (depuis peu certes, mais nous sommes quand même assez riches aujourd’hui) de nous forcer à avoir de plus grandes maisons simplement pour entreposer tout notre bazar ?

Je propose une vie portée vers l’essentiel. Une vie qui serait plus durable.

 

Et oui, certains se demanderont si cela ne grèverait pas notre économie davantage ─ moins acheter et moins consommer signifierait que des gens perdraient leur emploi, non ? Pas nécessairement. Réduire notre train de vie signifie que nous devons trouver des emplois pour les gens basés non plus sur la production de davantage de biens mais sur la production de davantage de valeur ─ de l’information de valeur, des inventions de valeur qui nécessitent moins de ressources, des contributions de valeur pour la communauté. Mais comment tout cela sera payé si personne n’achète de biens ? Il y aura moins de richesse produite parce qu’il y aura moins de consommation… mais si nous consommons moins, nous avons en fait besoin de moins de richesse. Nous devons simplement sortir de l’escalade de consommation et de production perpétuelle.

Nous travaillons plus que jamais auparavant, malgré les avancées technologiques d’automatisation qui devraient pourtant nous permettre de travailler moins. Nous faisons cela pour supporter un style de vie qui est devenu plus cher que jamais, à cause des nouveaux niveaux de besoins et des biens de consommation en abondance auxquels nous nous sommes habitués. Nous pouvons sortir de ce piège, en consommant moins et donc en ayant besoin de moins travailler.

J’ai pensé à ces choses depuis pas mal de temps maintenant, mais cela m’a davantage frappé alors que je marchais pour aller retrouver un ami et partenaire de travail. La plupart des gens là où je vis ne marchent pas ─ les voitures sont utilisées tout le temps, même si la destination n’est qu’à quelques pâtés de maison. J’ai pris l’habitude de marcher ─ pour me déplacer, pas pour faire de l’exercice ─ mais cela fait de moi un excentrique. Et cela m’a frappé que 50 ans plus tôt, j’aurais été normal ─ tout le monde marchait à l’époque.

Et je me demandais comment nous avons pu perdre cette habitude si précieuse ─ marcher pour se déplacer.

Nous l’avons perdu parce que la commodité et la vitesse sont devenues plus précieuses à nos yeux que la santé, la frugalité et la jouissance du monde qui nous entoure.

Je propose une vie plus proche de l’essentiel. Une vie où l’on prend plus son temps, un peu plus spartiate, un peu moins chère, un peu moins encline à consommer les ressources de la Terre.

Je ne pense pas que nous pouvons changer l’économie en une nuit. Nous ne pouvons même pas changer nos vies en une nuit. Mais nous pouvons faire des changements graduels dans cette direction, par petites étapes.

Voici quelques idées ─ je suis sûr que vous pourriez y contribuer en y ajoutant les vôtres :

  • Pouvons-nous marcher vers plus d’endroits et conduire moins? Nous serions plus minces et utiliserions moins d’énergies fossiles. Nous devrions alléger nos emplois du temps pour ce faire, mais je pense que le changement vaut la peine quand même.
  • Pouvons-nous commencer à construire des communautés plus viables, où les choses sont moins dispersées, de sorte que nous pourrions marcher plus plutôt que de conduire partout ? Où tout ce dont nous avons besoin ne nécessite qu’une marche de 10 à 20 minutes, ou qui soit au moins accessible en vélo ou avec un transport en commun ? Vous vivez peut-être déjà dans de tels endroits, mais ce n’est pas le cas là où je vis, ni dans de nombreux endroits. Même le travail devrait être plus proche. Là encore, c’est un changement à long terme, mais je pense que c’en est un bon.
  • Pouvons-nous commencer à vivre dans des maisons plus petites, qui nécessiteraient moins de chauffage, de refroidissement, de terrain, de maintenant et de nettoyage ? Nous pouvons si nous achetons moins de choses, ce qui nous amène à…
  • Pouvons-nous acheter moins de choses ? Nous n’avons pas besoin de toutes ces choses que nous achetons.
  • Pouvons-nous commencer à célébrer les choses comme les anniversaires et Noël sans folies dépensières ? Nous pourrions faire de jolies choses les uns pour les autres à la place, fabriquer les choses, ou cuisiner quelque chose.
  • Pouvons-nous commencer à acheter davantage localement ? Je connais beaucoup de gens qui font déjà cela, mais ce serait encore mieux si cette tendance pouvait se généraliser. Cela viendrait en aide à nos fermiers locaux et réduirait drastiquement le nombre de ressources nécessaires pour acheminer la nourriture jusqu’à nos maisons.
  • Pouvons-nous commencer à moins emballer la nourriture ? Même les biens qui ne sont pas de la nourriture (comme les jouets) sont livrés avec tout un tas d’emballages ridicules de nos jours. J’aimerais voir revenir les anciennes méthodes, quand on pelletait la farine hors d’énormes huches dans des petits conteneurs, ou quelque chose du genre. Les emballages que l’on peut jeter (ou même recycler) sont un tel gâchis.
  • Pouvons-nous arrêter d’acheter tellement de nourriture pré-emballée ? La vraie nourriture est tellement plus saine, demande moins de produits chimiques et de ressources, et a meilleur goût une fois que vous êtes sevré de la dépendance à la nourriture pré-emballée.
  • Pouvons-nous manger plus lentement, et profiter davantage de la nourriture, plutôt que de se jeter sur les plats ?
  • Pouvons-nous stopper cette addiction aux objets sans-fil et à la connexion non-stop, pour pouvoir profiter du plaisir de la compagnie des autres sans interruption, ou profiter de la solitude ou d’une simple petite balade sans être connecté ?
  • Pouvons-nous concevoir des villes et villages pour qu’ils ne soient pas basés sur l’automobile, pour que par exemple les véhicules privés soient garés à l’extérieur des villes, et que les gens utilisent les transports publics ou marchent dans les villes ? Nous réapproprierions les rues aux piétons, nous les rendrions à nouveau vivantes avec des marchés de rue, des cafés, des parcs, des enfants qui courent partout sans avoir peur de mourir, des gens qui font de l’exercice, du tai-chi, du jogging, de la marche, et qui profitent d’espaces non-fumeur en plein air.

Là encore, ce ne sont que quelques idées. Il y en a des milliers d’autres.

Et je ne dis pas que nous devrions abandonner la technologie. J’adore me connecter avec des gens partout dans le monde ! J’adore le fait de pouvoir accéder instantanément à de l’information à laquelle je n’aurais jamais eu accès il y a 15 ou 20 ans de cela ! J’adore cette possibilité de m’exprimer en ligne qui est sans précédent dans l’histoire humaine !

Je pense aussi que nous devons garder les bonnes choses que nous a apportés l’avancée technologique, et rejeter le mauvais, les choses qui ont fait s’empirer nos vies.

Lisez-en davantage sur la simplification de votre vie dans mon livre, l’Art d’aller à l’essentiel (version Kindle).

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11 commentaires on Étapes vers une vie plus durablement tournée vers l’essentiel

  1. C'est tres bien tout ça! mais, dépasser toute cette commodité tout à la fois est très difficile; parce que ca a rentré dans l' essentiel de notre vie….Ce qu'on peut resoudre, c'est aider soi-meme et faire des" interrumptions" à ces outils , et puis recommencer quand on sent vraiment le besoin… ça peut donner d'ordre et de valeur à notre vie…

  2. thomas dit :

    Il est vrai que quelque changement ferai le plus grand bien a la société mais je ne suis pas sur que beaucoup de personnes soit prête a changer leur vie dans ce sens.

  3. Chantale St-Eustache dit :

    Et bien, quand je parlais avec ma grand-mère aujourd’hui décédée qui a vécu dans une très grande simplicité par obligation parce qu’elle était pauvre et qu’elle marchait 1km pour aller au village acheté un peu de farine ou du sucre. Elle ne se disait pas, qu’elle était chanceuse de profiter de la joie de marcher et d’admirer la nature. Elle pensait à aller de plus en plus vite pour préparer le repas du soir et elle maudissait la pluie, le froid et les lourds sacs à transporter. Lorsqu’elle faisait son lavage à la main dans une cuvette, elle ne se considérait pas chanceuse de vivre aussi simplement. Lorsqu’elle n’avait aucun moyen de conserver sa nourriture, elle avait hâte de voir arriver l’hiver pour mettre sa viande au froid dehors sous le sapinage. Ma grand-mère a vécu simplement dans sa petite maison au milieu de grandes verdures, en pleine nature, avec aucuns moyens que nous possédons aujourd’hui. Mais, pour l’avoir entendu parler de la misère, de la fatigue, des désirs inasouvis, je remercie le ciel du progrès que nous avons fait, et je l’accepte, en remerciant leur utilités tout en gardant mon coeur ouvert et serviable aux bonnes causes. Différentes opinions, pour différents points de vues à la lecture de cet article. Merci Olivier de me faire réaliser que je suis chanceuse de pouvoir apprécier mon bonheur…

  4. Nadia Rosier dit :

    Je suis tout à fait d'accord, merci pour cet article. Je suis convaincue que nous allons dans ce sens et j'espère que tout le monde va en prendre conscience car pour vivre en vrai nous n'avons plus le choix que de revenir à l’essentiel…

  5. Michel Rosenbaum dit :

    C’est un article Zen magnifique qui donne à réfléchir et méditer
    Mon rêve est de pouvoir remarcher comme avant car je suis handicapé en fauteuil roulant Je suis obligé de subir de jour en jour toutes les difficultés d’accés pour les handicapés hommes femmes et enfants à mobilité réduite.
    Merci à tous les responsables des villes de penser à faciliter les accés à tous les endroits aux personnes en fauteuils roulants, la vie sera plus belle pour tous car Personne ne peut savoir si un jour ce problème peut aussi vous arriver!!!
    Marcher est un Bonheur immense. Imaginez si vous en étiez privé.
    Vous ne Savez pas à quel Point vous êtes Heureux de Marcher!!!
    Profitez en et aider à faciliter la vie à tous ceux qui ne peuvent plus marcher comme vous mais qui ont la volonté de sortir de chez eux le plus facilement possible.
    Merci de m’avoir donné la possibilité de m’exprimer. Michel R.

  6. Haydee dit :

    Bonjour,

    Je mène plus ou moins ce train de vie, et en effet, je suis vue parfois comme une extra-terrestre. Je ne me déplace qu’en vélo, je n’ai pas de voiture et je pousse le vis même assez loin en ne prenant jamais les transports en commun. Il ne fait pas froid en hiver tant qu’on pédale et qu’on porte des gants et une écharpe. C’est une idée reçue! Ensuite je vis près de Paris, donc c’est plus facile que pour d’autres. J’espère que, comme l’article le veut, un jour, les consciences se réveilleront. L’obésité et le mal être qui va avec sont croissants. Il est tant que nous sortions de ce schéma. Merci à Léo Babauta pour cet article et à Olivier pour sa traduction.

  7. angel dit :

    Quel plaisir de lire cet article. On s’est crée tellement de besoins, il est temps de prendre le temps et de revenir à l’essentiel. Sans renier toute la technologie et les commodités d’aujourd’hui, on peut reflechir à vivre un peu differemment et petit à petit on prend gout à ce retour à l’essentiel et on simplifie davantage
    . Je vous conseil également les ouvrage de Dominique Loreau “l’art de la simplicité” et ” l’art de l’essentiel”
    Merci pour vos articles

  8. marie-claire dit :

    Merci pour cet article tout à fait pertinent. Le commentaire qu’il a inspiré à Chantal St-Eustache est également très juste!
    Ce qui me frappe pourtant, c’est que, contrairement à nos grand-mères, nous nous déplaçons le plus souvent rapidement, notre quotidien est allégé par un certain nombre de machines (lave-linge, lave-vaisselle, réfrigérateur, etc). Objectivement, le gain de temps est réel… et pourtant nous avons de moins en moins de temps!

  9. Nana Fafo dit :

    amen ! c’est pas facile de vivre différemment… quand j’offre des petites bricoles au crochet ou des pti gâteaux maison, j’ai parfois l’impression de passer pour une “pauvre” qui n’a pas les moyens d’acheter, avec un remerciement du genre “ah, merci” et un regard méprisant. Du coup je ne fais plus de cadeaux de Noel… et lorsque j’ai envie de faire plaisir à quelqu’un j’y réfléchis à plusieurs fois… Quand on vit simplement le regard des autres il faut apprendre à s’en foutre car on est souvent montré du doigt.

  10. dima dit :

    C’est sur c’est pas facile de vivre simplement alors que le gaspillage est partout… C’est dommage que les valeurs humaines et du coeur se perdes aussi; pour le coup l’individualisme règne en maître,il n’y à plus d’échange littéralement authentique tout est devenu articficiel; il sereait bon peut-être de revenir à certain équilibre de vie, mais comment? Il faut que certain propose un autre modèle de vie pour que d’autre si joigne et y collabore pour que de plus en plus de personne en profite. Petit à petit les choses vont s’améliorer du bon côté…

  11. etatdame dit :

    Bonjour,

    Merci pour la traction.

    Nous n’avons pas connu la faim ni même le manque materiel, mais nous manquons d’affectif spiriruel. Internet entre autre veut figer nos capacites nous couper de la realite, a nous de nourrir a nouveau notre ame, de nous soucier d’elle comme nous nous «soucion»s de notre corps.

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