Amas nourritureNote : cet article est une traduction de l’article It’s Time for a New Relationship With Food de Léo Babauta. C’est donc lui qui s’exprime dans le “je” de cet article !

Vous êtes-vous déjà arrêté pour penser à la relation que vous aviez avec la nourriture ?

Nous pensons rarement que nous avons vraiment une relation avec la nourriture, et pourtant si ─ et c’est assez intimidant.

Pensez à ceci : si vous êtes comme moi, vous passez plus de temps avec la nourriture que vous ne le faites avec vos êtres chers dans votre vie ─ plusieurs heures pas jour ou plus.

Et pensez à ceci : techniquement, la nourriture n’est qu’un carburant pour vivre. C’est tout ─ rien d’autre.

Et pourtant… c’est devenu tellement plus pour beaucoup d’entre nous :

  • Nous utilisons la nourriture pour le plaisir
  • Nous l’utilisons pour notre bien-être
  • Nous nous tournons vers elle quand nous sommes tristes, déprimés, ou blessés
  • Nous utilisons la nourriture pour nous socialiser
  • Nous l’utilisons comme récompense
  • Nous mangeons quand nous nous ennuyons
  • La nourriture peut aussi être une corvée
  • Nous utilisons la nourriture comme cadeau
  • Nous nous tournons vers elle quand nous sommes seuls
  • La nourriture peut être associée au sexe
  • La santé est liée à la nourriture
  • Parfois, la nourriture devient une obsession
  • Cela peut définitivement devenir une addiction
  • La nourriture peut nous faire nous haïr
  • La nourriture est le moteur de beaucoup d’industries multimilliardaires

En fait, les immenses sociétés de l’alimentation sont au centre de la majeure partie de notre relation à la nourriture : les restaurants, les chaines de fast-food, le prêt-à-manger, les agroentreprises, les distributeurs, les chaines de supermarchés, la nourriture diététique, la nourriture de régime, les compléments de repas, l’alimentation pour la musculation, et tant d’autres. Ils dépensent des milliards et des milliards chaque année pour essayer de nous faire manger de plus en plus de nourriture ─ leur nourriture en particulier ─ et le plus horrible est que toute cette publicité fonctionne vraiment, vraiment bien.

Nous avons été convaincus que la réponse à presque tous les problèmes est la nourriture. Vous aimez vraiment quelqu’un ? Achetez-lui des chocolats, ou amenez-la au restaurant, ou faites-lui des cookies. Vous voulez perdre du poids ? Mangez de la nourriture diététique. Vous voulez être mince? Prenez nos compléments, mangez notre viande, buvez notre lait. Vous voulez être en bonne santé ? Mangez nos produits sains. Vous voulez vous récompenser ? Il y a beaucoup trop de moyens pour les lister tous ici. Mauvaise journée ? Nous avons la nourriture qu’il vous faut. Vous n’avez pas le temps ? Notre nourriture vous fera gagner du temps. Vous voulez économiser de l’argent ? Achetez en grande quantité et “économisez”.

La nourriture est la réponse à tout, apparemment.

Et pourtant, nous oublions que ce n’est qu’un carburant. Nous avons besoin de manger une certaine quantité pour vivre et maintenir notre poids. Si nous mangeons plus que cela, nous stockerons une partie de ce carburant en graisse (ou en muscle si nous faisons du sport). Et comment perdre du poids ? En mangeant, apparemment ─ en mangeant de la nourriture de régime, en buvant des boissons de régime, en mangeant des barres de régime, en mangeant des produits végétariens, en mangeant de la viande et autres sources de protéines, en mangeant des produits à faible teneur en graisse, en mangeant nos céréales et en buvant notre soda de régime.

Mais, et si… on mangeait simplement moins ?

Malgré que l’industrie agro-alimentaire ait essayé de nous en convaincre, nous n’avons pas besoin pour survivre de manger autant que nous le faisons. Bien sûr, manger autant est peut-être sympa, et appréciable, ça chasse l’ennui, et c’est sympa à faire avec des amis et de la famille, etc. Mais nous n’avons pas besoin de manger autant. En fait, nous avons même besoin de manger moins.

Le problème n’est pas qu’il est tellement difficile de manger moins. Le problème est que nous avons une relation compliquée avec la nourriture qui a commencé quand nous étions bambins et est devenue de plus en plus compliquée avec les années, au travers d’empilements infinis de publicité, pour que l’on mange quand on est triste et seul et heureux et qu’on s’ennuie et pendant les fêtes et quand on sort et en regardant la télé et en régime et ainsi de suite.

Notre relation compliquée avec la nourriture rend difficile le fait de réduire ce que l’on mange.

Donc commençons à construire une nouvelle relation à la nourriture :

  • Commençons par reconnaitre exactement pourquoi nous mangeons ─ est-ce juste un carburant ou est-ce que notre faim vise souvent d’autres choses (ennui, socialisation, plaisir, etc.)?
  • Commençons à réaliser les effets que la publicité et l’industrie de l’alimentation ont sur notre façon de considérer la nourriture et ce que nous mangeons.
  • Arrêtons de manger quand nous nous ennuyons, par habitude, comme récompense, par plaisir, pour notre confort, etc.
  • Ne mangeons que ce dont nous avons besoin et en quantité nécessaire.
  • Trouvons d’autres moyens de nous occuper, de nous sentir bien, de nous faire plaisir, etc.
  • Trouvons d’autres moyens de nous socialiser qu’en mangeant des montagnes de nourriture.
  • Arrêtons d’être aussi obsédés par la nourriture.
  • Mettons fin à notre addiction à certaines nourritures ─ le sucre, par exemple, ou les féculents. Nous pouvons toujours en manger, mais nous n’avons pas besoin d’en manger autant.

Pensez à ceci : à quel point votre vie pourrait être plus simple si vous pouviez mettre fin à cette relation compliquée avec la nourriture ? Quelques-uns des changements possibles :

  • Vous passeriez moins de temps à penser à la nourriture
  • Vous passeriez moins de temps à préparer les repas
  • Vous dépenseriez moins d’argent pour la nourriture
  • Vous mangeriez moins
  • Vous seriez en meilleure santé

Le jeûne

Je dois attribuer tout le mérite à Brad Pilon et à son excellent ebook, “Eat Stop Eat”, pour avoir inspiré cet article. Brad a bousculé certaines de mes idées sur la nourriture, mes suppositions quant aux convictions de base dans l’industrie de la santé, et quant à la façon dont nous sommes conditionnés à manger autant.

Bien que je n’ai pas encore décidé d’essayer la méthode super simple de Brad pour perdre du poids ─ jeûne 1 ou 2 jours par semaine et repas normaux les autres jours, plus entrainement musculaire ─ je recommande absolument son livre pour remettre en question les idées que vous pourriez avoir lu dans les magazines et les blogs de fitness.

Mais le plus intéressant est sa façon de recommander des jeûnes de 24 heures pour transformer votre relation à la nourriture. En jeûnant, vous apprenez à abandonner votre besoin de nourriture pour toute autre raison que celle de carburant. Vous apprenez que la faim est souvent conditionnée par d’autres choses, et vous mettez fin à ce conditionnement. Vous apprenez que la faim n’est pas grave, et au bout d’un moment les jeûnes ne vous gênent plus du tout. Du moins, c’est ce que préconise Brad, et ça me semble raisonnable. Je pourrais essayer le jeûne pour cette unique raison.

Maintenant, certains d’entre vous protesteront contre le fait de jeûner pour les raisons habituelles ─ ce n’est pas sain, votre corps entre en phase de privation, cela ralentit votre métabolisme, votre corps va commencer à utiliser le muscle comme carburant, votre taux de sucre dans le sang descendra trop bas, vous n’aurez plus d’énergie. Ce sont les mêmes raisons que celles que j’objectais. Et je ne vais pas essayer de réfuter ces idées ─ le livre de Brad le fait bien mieux. (Note : Je ne plébiscite pas son programme, étant donné que je ne l’ai pas essayé. Je fais simplement de la pub au livre à des fins informatives.)

Dans tous les cas, vous n’avez pas besoin de presser la transformation de votre relation à la nourriture. C’est une façon de faire, et je trouvais que c’était une idée intéressante.

Finalement, retenons quelques choses simples : la nourriture n’est qu’un carburant. Beaucoup d’entre nous ont besoin de manger moins. La nourriture n’est pas de l’amour, de l’amusement ou quoi que ce soit s’en approchant. Ce n’est que du carburant.

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15 commentaires on Il est temps d’avoir une nouvelle relation à la nourriture

  1. Aurore, diététicienne dit :

    Je suis d’accord avec le titre. Toutefois, l’article contient quelques aberrations. Leo Babauta s’est à la fois improvisé sociologue, psychologue, diététicien et médecin. Ce qu’il n’est pas. Du coup, certains propos induisent les lecteurs en erreur. Dommage.

    Je ne laisse que rarement des commentaires (je ne sais pas si j’en ai déjà laissé sur ce blog ou alors 2 ou 3 max). Mais je viens très régulièrement car j’apprécie que les articles soient traduits. Certains articles sont vraiment très inspirants donc je suis contente qu’il y ait quelqu’un pour les traduire. Je me débrouille bien en anglais mais certains mots peuvent m’échapper donc sur ce blog, au moins, je suis sûre de tout comprendre. En plus, après une longue journée, on a parfois juste envie de lire dans sa langue maternelle. Ah et faut se l’avouer : le blog de Leo Babauta n’encourage pas vraiment à la lecture. Lire sur ton blog est bien plus agréable visuellement parlant ! Ben oui, les yeux se fatiguent aussi, autant que l’environnement de lecture proposé soit le plus agréable possible 🙂

    Ce n’est pas tout le monde qui irait se donner du mal pour traduire des articles de façon aussi régulière. J’imagine bien le travail que ça demande ! Courage ! Et merci encore pour ton blog. Je tâcherai de commenter plus souvent à l’avenir.

    PS : Dans ta traduction : “bien que” et pas “malgré que” 😉 !

    • @udrey dit :

      Bonjour Aurore, pourriez vous nous en dire plus sur les “propos qui induisent le lecteur en erreur” svp. En effet, je ne suis ni médecin, ni ….etc, mais, du coup, j’aimerais bien profiter de votre regard de pro sur cet article car quand on est pas “du milieu”, les aberrations ne sautent pas aux yeux.
      Merci d’avance pour votre réponse, je me doute que vous avez autre chose à faire mais je serais intéressée par vos mises en garde.
      @udrey

  2. pfohl dit :

    article très bien fait et super pour avoir moi-meme expérimenté tout ce qui est dit , particulièrement en ce qui concerne le jeune .

  3. Benoît dit :

    Oui c’est sûr nous la majorité d’entre nous mangeons trop. Notre organisme est adapté à des périodes de jeûne beaucoup plus qu’à un excès de nourriture. L’être humain n’a jamais connu la profusion de nourriture que nous connaissons actuellement dans nos pays dominants !!! Je retiendrai la parole d’un professeur d’université de Liège (Belgique): 1 cancer sur 2 est dû à l’alimentation. Et dans ce domaine, il cite d’abord le trop de calories absorbées.

  4. Edwige dit :

    Oui le plus simple conseil à suivre c’est de manger moins.
    Les portions qui nous sont proposées en permanence par les resto ou les industriels de l’agro-alimentaire ne nous sont pas adaptées. Là aussi on nous pousse à la consommation.
    Le meilleur moyen pour parvenir à manger moins c’est de manger lentement. Et puis vous prenez le temps de déguster, parce que pour moi, la nourriture est quand même un plaisir (pourquoi aurait-on des papilles qui déclenchent des sensations de plaisirs sinon). C’est comme-ci on disait, il ne faut faire l’amour que pour se reproduire, ça ne sert qu’à se reproduire. Profitons des plaisirs ! Mais avec respect et modération, c’est encore meilleur !

  5. Cuisinevgr dit :

    Où peut-on trouver ce ebook ?

  6. Nathalie dit :

    Je commente pour la deuxième fois un sujet et pour la deuxième fois je trouve que le raisonnement sur le theme abordé est abordé de façon un peu simplifié ou simpliste
    La seule chose que l’on puisse reconnaître est que la nourriture à été LE THÈME de tous les temps …
    nos ancêtres chassaient toute la journée pour nourrir leur famille….les rois ne pensaient qu.a s’empiffrer ( le mot n’est pas assez fort ) , pendant la guerre le manque de nourriture était cruel et maintenant , c.est dans l’opulence qu’on en parle encore …trop , trop peu, pas assez ….cesT la base de la société et c’est pour cela qu’elle n’est pas facile à réguler individuellement . C’est pas notre regard sur la nourriture qu’il faut changer mais la société tout entière sur le sujet …
    Gros , maigres, ….gourmets ou pas : tout passe par le palais des le premier cri ..
    après ? C’est culturelle aussi et chaque pays aborde le sujet différemment mais le pratique quand même .
    Et chaque pays rencontre Sa problématique sur le sujet : alimentation grasse chez les uns, trop épicées chez les autres , trop rapide, trop lente et notre organisme cherche à s’adapter ..tant bien que mal .
    Allez, bonne journée et continuez à nous faire partager vos articles !
    Je vais, de ce pas, prendre mon deuxième café …

  7. Fab dit :

    Bonjour Olivier,

    Merci pour la traduction de cet article. Pour en revenir au fondement de l’article, la méthode ESE (eat stop eat) que j’ai testée pendant plusieurs semaines rapporte aux travaux de Brad Pilon, dont on se réfère pour la nutrition liée au sport (en particulier les sports de force tel que la musculation et le fitness aussi).

    Néanmoins il serait judicieux de lier cette méthode avec une autre, peut être moins connue mais tout aussi efficace et beaucoup moins difficile a suite, l’IF leangains (Intermittent Fasting Leangains) qui consiste en une période de jeun de 16 a 20h et dont les résultats sont aujourd’hui assez impressionnant ! 🙂

  8. oui, merci pour cette nourriture spirituelle!

  9. Xavier dit :

    Bonjour Olivier!
    Pour compléter l’article un règle toute simple: Une règle qui m’a permis toute ces années de me sentir bien et de garder un ligne plutôt svelte : Toujours sortir de table avec “une petite faim” et pour cela un seul principe facile à tenir : Ne pas se resservir.

    C’est une règle qui supporte des exceptions ponctuelles (jour de fête) mais qui une fois qu’on l’a adopté nous dégage de toute tentation… L’estomac s’habitue à manger léger et c’est non seulement le corps mais aussi l’esprit qui s’en trouve “allégé”.
    C’est grâce à cette sensation de bien être qu’il est facile…de ne pas avoir besoin un jour ou l’autre, de suivre des régimes compliqués, frustrants et parfois ..dangereux.

    Je te souhaite une belle journée
    Xavier

  10. Au Village des Pruniers, chez le Vénérable Thich Nhat Hanh, les repas prennent une place très importante. Ils sont pris lentement, en pleine conscience, en silence et durent très longtemps. Thay nous incite à déguster chaque élément du repas avec délice. J'aime beaucoup cette façon de traiter la nourriture de façon gratifiante. Et même si le régime est végétalien, il est goûteux et agréable.

  11. Julien de meilleur taux d'intérêt dit :

    Excellent article, c’est vrai que souvent on peut “deviner” la santé d’une personne en observant ses habitudes alimentaires…

    Le jeûne pourquoi pas, à essayer 🙂

  12. ysabel dit :

    Très intéressant cet article, et je le pense depuis longtemps, non seulement nous mangeons trop, mais surtout trop/très mal….j’ai lu à ce propos ,il y a longtemps ,un livre passionnant qui s’appelle “La Bouffe D’égout” que je vous conseille si vous voulez prendre concience de ce qui se trouve dans vos assiettes, et commencer à manger moins !!!

    Simplement, juste pour remettre les choses dans le contexte, il faut tenir compte du fait que l’article dont on parle ici, a été écrit pour un public américain (puisque traduit de l’anglais) pour qui les portions sont 3 fois ( au moins) plus grosses que ce à quoi nous sommes habitués en europe et surtout en France.
    Ne pas oublier non plus qu’il y a 100 ans, certe on mangeait moins, et pour cause on était plus pauvre, mais que l’espérance de vie était bien plus courte que celle d’aujourd’hui.

    Tout ca pour dire, que je pense, qu’en tant qu’Européenne, et Francaise, le but devrait vraiment être le manger mieux, plus que le manger moins, ce qui revient au même dans la plupart des cas…..

  13. IANNONE dit :

    Très bon article!!!merci pour tout le travail que vous faites.

  14. Geoffrey dit :

    J’ai adoré cet article. Quelle belle réflexion sur nos véritables besoins.

    Voici un article sur le jeûne en complément:
    http://perdre-du-ventre.com/le-jeune/

    Geoffrey

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