Rythme travailNote : cet article est une traduction de l’article Finding the Natural Rhythms and Flows of Working de Léo Babauta. C’est donc lui qui s’exprime dans le “je” de cet article !

Je travaille à mon compte depuis chez moi depuis plus d’un an maintenant, mais même avant ça, quand je travaillais dans un bureau, j’expérimentais une approche plus libre au travail, j’essayais de sortir du moule et du modèle « 8h-17h avec pause repas ».

Travailler à son compte est clairement une expérience de travail particulière, étant donné que vous apprenez de vos essais et de vos erreurs, et que vous devez trouver ce qui fonctionne le mieux pour vous.

Je suis de plus en plus convaincu que se forcer à travailler (ou être forcé à travailler par ses patrons) est préjudiciable ─ à notre santé, notre productivité, notre bonheur et notre créativité.

Être forcé de travailler, par soi-même ou par les autres, fait du travail une pure corvée, et peu importe les astuces de productivité et de motivation qu’on utilise dans cette situation, ça reste une corvée. Bien sûr, nous devrons toujours faire des choses que nous n’aimons pas, mais est-ce-que ça doit vraiment être la base de notre existence ?

Alors pourquoi on travaille comme ça?

Je pense que nous acceptons ce statu quo parce que c’est ce en quoi on nous a appris à croire, mais cela n’a pas toujours été comme ça. Le modèle de travail du siècle dernier n’a pas été le modèle de la majeure partie de la civilisation humaine, et certainement pas de l’existence humaine. C’est apparu avec l’avènement de l’ère industrielle, quand les gens étaient faits pour travailler à l’usine et quand les patrons d’usine (et plus tard, les patrons d’entreprises avec les employés de bureau) s’efforçaient de trouver comment tirer le maximum de leurs employés en les payant le moins possible.

C’est loin d’être idéal pour la plupart d’entre nous.

Il en résulte une augmentation constante du temps de travail, une baisse du temps de loisirs, une baisse de la créativité et de l’imagination, et une focalisation accrue sur les biens matériels et l’argent. Là encore, loin d’un idéal pour beaucoup d’entre nous.

Mais cela a commencé à changer récemment de diverses façons. L’augmentation du nombre d’employés nomades, d’auto-entrepreneurs, de freelance, de consultants, de travailleurs sur le web, ou juste de travailleurs intellectuels en général, a amené à modifier la façon dont les gens travaillent. Parfois, cela les a amenés à travailler plus que jamais. D’autres fois, à pouvoir travailler d’où ils le souhaitent, en définissant leur propre agenda (mais très souvent en travaillant autant sinon plus qu’avant).

Pour certains d’entre nous, cela a mené à devenir nos propres patrons, tout en collaborant avec d’autres qui sont leurs propres patrons. Cela a apporté plus de liberté à certains d’entre nous, avec la possibilité de ne pas seulement choisir notre lieu et nos horaires de travail, mais aussi le type de travail et la somme de travail que nous faisons.

C’est incroyablement libérateur, et je trouve même cela incroyable de multiples façons : j’ai trouvé plus de temps pour ce qui est important pour moi (pas seulement mon travail), j’ai connu une hausse de mon amour pour mon travail, j’ai été plus heureux et plus créatif, et en général je pense que la qualité de mon travail a augmenté.

Je ne produis pas plus qu’avant, mais ce que je produis est de meilleure qualité, du moins à mes yeux.

Oui, mais et moi alors?

« C’est génial pour toi, » vous dites-vous, « mais et le reste d’entre nous, bloqués dans des bureaux sans ce genre de libertés ? »

Excellente question, lecteur hypothétique! Et je n’ai pas de réponse définitive.

Je pense que les bureaux changent et continueront à changer, dans les vingt prochaines années, vers plus de liberté et de mobilité pour les travailleurs. Nous utilisons de plus en plus internet, et nous réalisons que tout ce qui est nécessaire pour faire notre travail (en grande partie), c’est un ordinateur avec un accès internet, et peut-être un téléphone. Cela peut être fait de n’importe où de nos jours.

Et si on peut travailler n’importe où, sans un patron sur le dos, alors on réalise vite que ce qui est important n’est pas de se connecter de 8h à 17h, mais de faire le travail. Alors l’objectif devient le travail.

Quand l’objectif est le travail, et pas les heures à la pelle ou la façon de travailler ou rien de tout ça, alors on réalise qu’aucune des choses qu’on considérait comme importante ne compte vraiment : la tenue de travail, les bureaux impeccables, l’heure à laquelle on pointe, la longueur des pauses, et autres pinaillages. Tout ce qui compte c’est le travail.

On réalisera sous peu que le management n’est plus tellement nécessaire non plus, parce que tous les pinaillages qui avaient de l’importance n’en ont plus, et qu’ils n’ont pas besoins d’être managés. Évidemment, nous avons toujours besoin de gens pour gérer les projets et tout ça, mais il n’est plus nécessaire d’avoir une hiérarchie ─ ça peut être plus plat et plus souple.

Évidemment, on aura besoin de se rencontrer de façon régulière, mais la majeure partie de ces collaborations peuvent être faites en ligne, et on peut toujours trouver des lieux pour se retrouver physiquement et collaborer plus étroitement également si besoin.

Donc si vous n’êtes pas actuellement dans une situation dans laquelle vous pouvez déterminer votre emploi du temps, vous pourriez l’être dans un futur proche. Et si vous ne pouvez pas attendre jusque là, changez de boulot ! Peut-être pas aujourd’hui, mais vous pouvez le faire au cours des prochains mois, après une phase de transition nécessaire. Cela peut faire peur, mais cela a été fait par beaucoup, beaucoup de gens.

Certains d’entre vous sont peut-être déjà dans une situation idéale pour travailleur à leur compte ─ vous avez peut-être été licencié récemment. C’est horrible, bien sûr, mais c’est une opportunité de vous réinventer, de trouver un travail qui vous passionne, de vous installer sur le web et de commencer à chercher dans le freelance ou le consulting, d’être votre propre patron. Là encore, cela peut faire peur, mais cela a été fait par beaucoup, beaucoup de gens.

Même dans votre situation actuelle, vous pouvez probablement modifier un peu votre emploi du temps ─ choisissez ce sur quoi vous voulez travailler tôt dans la journée, ce qui serait mieux plus tard, et ainsi de suite.

Et qu’en est-il en termes de rythme de travail?

Quand le travail est libéré, les questions comme combien de travail on fait, quel type de travail on fait, et quand on le fait, tout cela devient ouvert.

Quand voulez-vous travailler? Tôt le matin, à partir de 10h, ou peut-être juste la nuit ? A quel moment vous sentez-vous le plus en forme ? Chaque personne est différente et cela demande souvent un peu d’expérience.

Quel travail voulez-vous faire? Souvent nous travaillons parce que nous le devons, mais quand vous commencez à choisir parce que ça vous plait, ça change totalement la donne. Choisir un travail qui vous passionne est incontestablement la meilleure façon de devenir plus productif et plus heureux.

J’ai aussi appris que vous n’avez pas besoin d’avoir un emploi du temps quotidien. Même si ça fonctionne mieux pour certaines personnes, d’autres travaillent mieux quand ils décident ce qu’ils veulent faire le jour même, et qu’ils le font après dans l’ordre qui les inspire le plus.

Personnellement, je sais les deux trois choses que je veux réellement accomplir chaque jour ─ les choses qui me plaisent le plus ─ et je vais les faire quand je me sens le plus enclin à le faire. Je sais également les choses routinières que je dois faire ─ regarder mes e-mails, vérifier les comptes, s’occuper de petites choses ─ et je les fais quand j’ai moins d’énergie.

Il n’y a pas de façon de faire absolument parfaite, et pour moi, la meilleure façon change régulièrement. Et c’est une bonne chose ─ c’est une façon de travailler plus naturelle, et j’ai la conviction que de plus en plus de gens vont commencer à trouver leurs rythmes naturels de travail dans les années qui viennent.

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Recherches utilisées pour trouver cet article :

se forcer à travailler, comment se forcer a travailler, comment trouver son rythme

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14 commentaires on Trouver son rythme et son modèle naturels de travail

  1. Stéphanie dit :

    Incroyable, je viens justement de parler du même sujet dans un série d’article sur mon blog, sujet qui m’a toujours touchée car je déplore qu’on puisse se laisser enfermer 8 heures par jour dans un bureau. Merci beaucoup pour cette article qui vient alimenter aussi ces idées de renouveau !

  2. Christian dit :

    Bonjour Olivier,

    Oui, le monde a un besoin de liberté et l’esclavage moderne est appelé à disparaitre dans les prochaines années. Si vous êtes pressé, comme le dis Leo, changer de boulot. Commencez à créer,en parallèle, votre propre business, soit internet, soit du marketing de réseau ou ce que vous aimez. Travaillez pour soi est une grande liberté et de plus c’est très valorisant pour soi même. Je suis à mon propre compte depuis presque 30 ans, et je vous garantis qu’un poste de salarié, quel qu’il soit n’a aucun attrait pour moi. Ne larguez pas tout immédiatement ! Préparez votre sortie et dans quelques temps vous pourrez licencier votre patron.
    Amitiés
    Christian

  3. Cédric dit :

    Je suis tout à fait d’accord avec ta vision, Olivier !

    Je me réjouis de constater cette façon de penser de plus en plus couramment !

  4. Edwige dit :

    Très bon article ! Je pense également que ces anciens modèles vont disparaitre mais ce n’est pas pour tout de suite.
    Quand je parle de mes projets d’indépendance dans le travail, on me dit souvent : « mais tu as pensé à la retraite ! ». La première fois qu’on m’a sorti ça, ça m’a fait drôle car non effectivement je ne pense pas à ma retraite. Et une chose est sur je ne compte pas sur les revenus de mes cotisations de salarié…
    Si on aime ce que l’on fait, déjà on est en meilleur santé et en plus on peut le faire plus longtemps dans l’âge. Après à nous de mettre de côté pour les années où l’on ne pourra vraiment plus travailler.
    C’est tout un système à repenser, pour le moment il faut aller contre la majorité des gens et rester zen face à de telles réactions.

  5. François dit :

    Je suis complètement d’accord avec les propos de cet article.
    Par contre il y a méprise dans vos commentaires : Olivier n’est que le traducteur, cela ne signifie en rien qu’il adhère à la chose…en tout cas il ne l’écrit pas.

    bonne journée,

    FK

  6. Patrick dit :

    C’est un peu la vie d’un certain nombre de photographes.
    Il est toujours étonnant de voir des gens fatigués, fourbus en rentrant du travail, capables de retrouver toute leur énergie en quelques secondes à la suite d’un coup de fil, pour aller faire un truc incroyable que les 3/4 des gens refuseraient même pour un bon salaire !
    On appelle ça un hobby, une passion ou quelque chose comme ça.
    Alors pour n’être jamais fatigué, toujours partant et en pleine forme, il suffit de mettre son travail en adéquation avec ses passions et pas travailler pour se payer ses passions.
    Pour le temps de travail, il y a déjà… 40 ans, on nous avait dotés de badges nous permettant une liberté quasi totale pour nos horaires du moment que le temps de travail par semaine était effectué.
    Réunions info, génial, super.
    Sauf que le directeur du personnel ne pouvait pas s’empêcher d’enlever tous les badges qu’il trouvait encore connectés, quand il partait, persuadé que c’était un oubli de notre part !
    Puis on est revenu à des horaires « normaux » !
    Moralité, il faut être son propre directeur du personnel !

  7. Cathy Jenn dit :

    J'adhère à 100 % à la notion d'allier passion et travail, plaisir et productivité! J'ai pour ma part quitté un emploi salarié pour me lancer à mon compte dans le coaching et même si ce n'est pas gagné d'avance, quel challenge et quelle griserie que de se lancer, d'oser et de se donner la chance de vivre une vie "choisie" et non "subie"!
    Côté organisation et rythme de travail naturel, c'est l'occasion rêvée pour se caler sur son horloge interne et donc donner le meilleur de soi-même au bon moment de la journée :-)).

  8. En résumé, fais quelque chose que tu aimes et tu n'auras jamais à travailler 😉 le plus dur est de la faire. Et pour ça je recommande d'élaborer un plan AVANT de se lancer.

  9. Bonjour,

    Au début de ma carrière d’Entrepreneur, j’ai eu du mal à trouver mon rythme de travail car en fonction de mon projet, mon horaire et les tâches que je devais réaliser changeaient.

    Si vous décidez de vous mettre à votre compte, je vous suggère de laisser venir les choses et de le organiser semaine après semaine. Au début, il est nécessaire de bien définir ce qu’on veut faire et de se laisser du temps pour les imprévus et de les organiser au cours du temps. Dès que vous aurez atteint un rythme de croisière, vous serez en mesure de vous focaliser sur ce qui est réellement important et qui vous fait REELLEMENT progresser dans votre travail.

    Jérémy Goldyn

  10. Sebastien dit :

    Bonjour et merci pour vos articles, dans la même thématique vous avez un site sympa qui permet à tout le monde de regarder pendant 2 minutes une plage de rêve en écoutant le bruit des vagues qui viennent lécher le sable
    Voici le lien de ce site de détente
    http://2minutesrelax.com/

  11. Zet Chiron dit :

    J'adhère aussi à cette vision mais qu'en est-il de ceux qui travaillent en usine, dans des magasins ou autres? Beaucoup d'auteurs parlent du travail en bureau mais autour de moi, la majorité des personnes travaillent dans des usines ou dans le commerce, là où ce genre de vie choisie ne peut pas se mettre en place.
    Auriez-vous quelques pistes pour eux? 😉

  12. Didine Gay dit :

    la notion de productivité répétée plusieurs fois me dérange un peu car dans ce cas on est considéré comme un outil de production( machine) et non comme une personne qui a des besoins comme vous les évoquez justement.Il faudrait remettre en cause tous les secteurs d'activité car sans vous vexer, je ne pense pas que se soit les personnes de bureaux les plus à plaindre dans le domaine de la pénibilité. Je pense aux ouvriers du bâtiment, les usines en trois fois 8, les heures supplémentaires…Il faudrait surtout une REVOLTE du peuple car il y a encore trop de "moutons" qui courbent l'échine en partant au boulot et qui se font traiter comme moins que rien. COURAGE, BATTEZ VOUS!

  13. Je suis parfaitement en accord avec cet article et je remercie Léo Babauta. Ce que je retiens de cet article est que : "choisir un travail qui vous passionne est incontestablement la meilleure façon de devenir plus productif et plus heureux." Yes!

  14. BONKANO Bakari dit :

    Je suis heureux que pareils articles sont de plus en plus nombreux.Car les esclaves ne sont pas seulement ceux qui sont désignés traditionnellement comme tels, mais aussi tous ceux qui choisissent un travail parce qu’il faut en trouver un. Sans objectif précis en rapport avec leur idéal, leur passion. Et quand on travail sans passion ni plaisir mais par devoir, c’est l’une des pires formes d’esclavage.
    Nous devons apprendre à choisir nos occupations en fonction de nos passions et de nos objectifs de vie.

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