Argent de poche Note : Cet article invité a été rédigé par Delphine du blog Budget en main.

 

 

Si vous prenez l’habitude de parler quatre différentes langues à un enfant dès le plus jeune âge, il maîtrisera correctement ces quatre langues en grandissant. C’est pareil lorsque vous prenez l’habitude de lui confier de petites sommes d’argent à gérer, ce qu’on appelle « argent de poche ».

La gestion de l’argent chez un adulte

Nous vivons dans une société où tout s’accélère. Le coût de la vie augmente et nous arrivons difficilement à couvrir nos charges mensuelles. La conséquence est, sans nul doute, des prêts et des découverts bancaires, ainsi que tout le stress qui va avec.

Toutefois, tout ceci peut parfaitement être évité, rien qu’en gérant rationnellement ses dépenses. À moins d’être particulièrement fortunée, pour une personne ordinaire, il est simplement impossible de dépenser de manière démesurée jour après jour et d’espérer finir le mois sans un découvert.

La question que l’on pourrait se poser dans ce cas est : qu’est-ce qui empêche cette personne d’utiliser son argent de manière rationnelle ?

Il est question d’apprentissage. Des études en psychologie de l’apprentissage montrent que la capacité d’un enfant à apprendre est supérieure à celle d’un adulte. On peut supposer qu’une personne qui n’a eu à gérer de l’argent que lorsqu’elle a touché son premier salaire, ne saura pas gérer correctement son revenu. Dans ce genre de cas, elle va retirer de l’argent pour chaque besoin, sans se soucier de l’utilité réelle de cet achat ou du solde restant sur son compte en banque. Quand le compte passe en dépassement (solde en négatif), alors c’est le début des crises d’angoisse, d’anxiété et de doute sous la pression de sa banque.

L’argent entre les mains d’un enfant

Ce n’est pas seulement de la théorie. J’ai appris très jeune que l’argent a une valeur importante dans notre société. J’étais encore enfant quand j’ai reçu mes 10 fr français chaque semaine. À cette occasion, j’ai reçu également une liste de conseils que j’ai essayé de respecter du mieux que je pouvais.

  • Il ne fallait pas que je suive toutes mes envies.
  • Il fallait s’organiser de manière à ne pas consommer tout l’argent donné d’un seul coup.
  • Il fallait faire la liste des choses importantes à payer en priorité.
  • Il fallait penser à épargner au moins 2 fr à chaque fois.

Je trouve ces conseils très judicieux, et je pense que tous les parents devraient faire de même avec leurs enfants.

J’ai également été avertie qu’en dehors de la somme reçue, je ne pouvais pas réclamer une somme supplémentaire, sous prétexte que celle que j’avais reçue était épuisée. Mes parents m’avaient bien précisé que l’argent que j’avais reçu était logiquement suffisant pour la période convenue et que j’allais recevoir la même somme de manière périodique. On avait convenu le dimanche soir de chaque semaine au début, puis après mes douze ans, c’est devenu le premier jour de chaque mois.

Si les parents apprennent à leurs enfants à gérer leurs petites dépenses très jeunes, ceci leur permettra de bien gérer leurs grandes dépenses une fois qu’ils seront adultes. Ainsi, ils auront moins à gérer un compte à découvert et, par conséquent, ils auront une meilleure santé, car ils n’auront pas à stresser pour le « comment vivre jusqu’à la fin du mois sans risque d’atteindre le plafond de découvert bancaire autorisé ».

Un enfant mûrira plus jeune lorsqu’il se verra confier une petite somme d’argent à gérer sans l’intervention des parents. Cette somme couvrira uniquement ses petits achats « des stylos, une casquette ou un jouet ». Lorsque l’achat aura une valeur plus importante, il conviendra de proposer à l’enfant de le payer conjointement, vu que son budget ne le permettra pas.

Ainsi, dans le premier cas, il apprendra à être plus autonome en effectuant ses achats lui-même sans demander nécessairement l’avis de ses parents. Dans le deuxième cas, il apprendra certaines valeurs comme l’entraide et le partage des charges dans une famille.

Avant de penser à confier de l’argent à un enfant, il faudra par ailleurs s’assurer qu’il en est capable : connaît-il la différence entre la valeur de chaque pièce ou billet ? Peut-il additionner le total de l’argent qu’il a entre les mains ?

Il n’est pas question d’intervenir dans les achats de l’enfant, sauf si ces achats sont considérés comme nuisibles à sa santé (une quantité importante de bonbons pour l’enfant ou une cigarette dans le cas d’un adolescent par exemple !). Il faudra justement expliquer à l’enfant que certains achats ne seront pas tolérés et que, faute de quoi, il risquerait de perdre son argent de poche. Aussi les parents eux-mêmes devraient être capables de respecter leurs engagements, en terme de délai convenu et de montant, car si les parents ne lui démontrent pas qu’ils respectent leurs engagements, ce n’est pas l’enfant qui le fera.

Quand on devient adulte en connaissant la différence entre une envie passagère et un achat prioritaire dès l’enfance, on est certain d’être à l’abri du découvert bancaire qui ne fait que nous mettre sous la pression du stress et nous prélève des frais qui aggravent encore plus notre situation.

Je vous conseille dès lors d’apprendre à votre enfant à gérer son argent de poche, il vous en remerciera demain.

Et vous ?

Que pensez-vous de cette éducation financière ? Êtes-vous pour ou contre ? Merci de laisser vos avis en commentaire.

Delphine Raquidel du blog Budget en main.

Crédit photo : 123RF Nagy-Bagoly Ilona.

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dire à son fils quil dépense trop dargent, immaturité et argent, mon fils dépense sans compter

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6 commentaires on La gestion des dépenses est une question d’éducation

  1. Toulas dit :

    Ben , il faut bien avouer que ces conseils sont bien judicieux. Je ne donne pas d’argent de poche à mon fils car je lui dit qu’il n’a qu’a demander et on lui donne si c’est bien utile. Mais ce serai mieux qu’il le gère tout seul, j’avoue…Nous sommes tout le temps à lui reprocher qu’il manque d’autonomie. Bon, je vais en discuter avec mon chéri, mais qui a un rapport à l’argent un peu …. harpagonesque ; )
    Un autre changement à envisager sûrement.

  2. Christian dit :

    Bonjour Olivier et Leo,

    Merci de nous les yeux à propose des finances personnelles !

    Malheureusement nous ne recevons pas d’éducation financière ni au collège, ni au lycée, ni à l’université. Les finances personnelles ne sont que rarement étudiées. Pourtant notre vie entière se passe mieux si les soucis financiers n’apparaissent pas dans nos vies. Mais pour cela effectivement il faut apprendre à nos enfants à gérer au plus tôt.
    Comme, en France, l’éducation financière est absente, et comme je suis Conseil en Gestion de Patrimoine, j’ai souhaité partager mes connaissances, avec les adultes qui n’ont pas eu la chance de recevoir cette éducation, à travers quelques livres écrits dans un langage simple et sans jargon financier. Ils sont disponibles sous le format Kindle d’Amazon.

  3. ERIC dit :

    J’ai toujours eu un problème avec le fric ! J’en ai gagné et … dépensé. Quand il n’y en avait plus, je me serrai la ceinture en essayant d’en gagner par des articles…
    Alors pour mes enfants et petits enfants, j’essaye de leur préconiser mes acros: PIF, PAF, MAC …
    PIF comme Préserver son Indépendance Financière ; pas toujours évident!
    PAF : Pense (un peu) Au Fric, même si t’es plutôt artiste …
    MAC : Mets de l’Argent de Coté ! A chaque rentrée.
    Plus facile à écrire qu’à mettre en pratique. Mais faut essayer…

  4. HERVOIS dit :

    Tous les jeunes ne sont pas des gamins immatures, irresponsables… comme nous pouvons le penser.
    Je suis agréablement surprise de la capacité qu’a mon fils de 20 ans à savoir gérer son argent de poche et de n’être pas dupe de tout cette société de consommation…ect…(ce n’est pas nouveau mais s’affirme davantage chaque jour)…> « Minimaliste » sans le savoir.
    « Petit » exemple, il souhaite contacter la banque afin de ne pas payer pour une autorisation de découvert. Son envie d’autonomie a commencé au collège où il a souhaité apprendre, seul, à gérer ses leçons, devoirs…ect (nous « jetions simplement un cil » et lui faisions confiance). A présent il est à l’université, en 2ème année de licence économie-gestion-finances (il a choisi, seul, cette orientation, a effectué toutes les démarches d’inscription..ect) tout en se laissant la possibilité de « changer » s’il le souhaite. Il a terminé sa 1er année de licence avec un Trophée d’excellence mais ne s’en ai pas « gargarisé ».
    C’est un jeune homme qui, quand je lis vos articles, applique de façon naturelle, simple et régulière une « vie au Présent.. » Il souhaite toujours et de plus en plus se confronter à la réalité et résoudre les problèmes qui se posent. Grand indépendant, humaniste avec un caractère bien trempé sous un dehors paisible.
    Bien que ce soit mon fils, je suis bluffée par tant de maturité et de simplicité.

  5. Gaelle dit :

    bonjour,

    Pour n’avoir jamais eu d’argent de poche à gérer, je pense qu’effectivement, cela m’aurait apporté beaucoup.
    Au lieu d’apprendre à chiper dans le porte monnaie des parents, nous aurions eu (mon frère et moi même) une meilleure éducation…

    Nous ne pouvons pas revenir là dessus, mais nous pouvons éviter de le reproduire avec les générations futures.
    Merci pour cet article.

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