Note : cet article est une traduction de l’article Finding the Elusive Work-Life Balance de Léo Babauta. C’est donc lui qui s’exprime dans le “je” de cet article !

Travail et loisirs

Comment avoir un équilibre de vie quand vous êtes surchargé de travail ?

Comment se déconnecter du boulot quand vous quittez le travail ?

Les réponses à ces questions habituelles sont assez insaisissables. Ce n’est jamais chose facile. Mais une fois cet équilibre trouvé, vous en tirerez d’immenses bénéfices : plus de joie de vivre, de meilleures relations, moins de stress et une meilleure qualité de vie en général.

Un lecteur m’a récemment demandé :

« J’aimerais avoir des conseils sur la façon dont les gens qui travaillent à plein-temps arrivent quand même à se débrouiller pour atteindre un équilibre dans leur vie. En particulier à des postes qui vous fixent des objectifs de vente, qui contrôlent ce que vous faites, et qui peuvent être très stressants. Je sais qu’il est idéal de se déconnecter après ses heures de travail, mais parfois (nous sommes humains) c’est difficile.

Ici à Hong Kong, les postes à mi-temps ne payent pas bien et sont durs à trouver, et les emplois à plein-temps nécessitent souvent des heures sup et sont très stressants (c’est une norme à Hong Kong de pressurer les employés pour en tirer le maximum). Dans la jungle corporatiste, un mi-temps serait parfait pour moi (disons 9h-15h tous les jours) ; cependant, c’est très difficile de trouver des emplois comme ça ─ ce n’est simplement pas comme ça que le marché du travail fonctionne en Asie.

Alors comment peut-on garder son calme et les pieds sur terre et arriver quand même à trouver du temps et de l’énergie pour sa famille, ses amis, soi-même, ses loisirs, ses centres d’intérêts et, disons-le, sa santé mentale ? Comment apprend-on à ‘ne pas avoir d’objectifs’ quand c’est ce qu’on attend de nous de 8h30 à 18h30 cinq jours par semaine ? C’est difficile d’être deux personnes différentes au travail et en dehors. »

C’est un sujet compliqué. Je dois bien avouer que dans beaucoup de pays ─ y compris aux USA ─ c’est un problème habituel même si ce n’est pas aussi prononcé qu’à Hong Kong (par exemple). Nous devons tous faire face à ces problèmes que nous soyons employés, à notre compte, en freelance ou entrepreneurs.

J’ai créé une vie où l’équilibre est volontairement façonné mais cela n’a pas toujours été le cas. J’ai travaillé dans le privé (dans les médias) où ils essayent de pressurer les employés jusqu’à la dernière goutte et où on nous demandait souvent de travailler plus d’heures sans compensation. J’ai travaillé dans la fonction publique, dans des emplois très exigeants où le fait de travailler la nuit et le week-end (là encore sans être payé davantage) était la norme. Et ce n’était pas facile de trouver un équilibre.

Mais ne désespérez pas. Il est possible de changer. Ces derniers temps j’ai façonné une vie dans laquelle je travaille moins, mais sur des choses que j’aime. Je garde du temps pour rester actif et sortir. Je garde du temps pour jouer avec mes enfants et passer du temps seul avec ma femme. Je trouve du temps en solitaire pour lire, marcher et penser. Et pendant que je fais ces choses, je ne garde pas tout le temps le travail à l’esprit.

Voici quelques conseils-clés qui devraient vous aider quelle que soit votre situation professionnelle :

1. Définissez des moments pendant lesquels vous couper du travail. Travailler toute la journée et toute la nuit signifie que vous n’êtes rien d’autre que votre travail. Votre vie appartient à votre employeur (ou si vous êtes l’employeur alors votre vie appartient à vos employés ou à vos clients). Soyez propriétaire de votre vie ─ trouvez la variété et les façons d’évacuer votre stress et de trouver la joie dans votre vie ! Commencez par fixer un moment chaque jour pendant lequel vous vous couperez du travail. Qu’il soit 17h, 17h30, 18, 19 ou 21h. Certains d’entre vous peuvent même le fixer plus tôt si vous commencez plus tôt ─ disons 16h ou quelque chose comme ça. Fixez ce moment et tenez-vous-y. Une fois ce moment de décrochage commencé, ne travaillez pas, ne regardez pas vos mails, et ne pensez même pas au travail.

2. Trouvez une chose dans laquelle vous immerger après le travail. Qu’aimez-vous faire après le travail ? Aimez-vous lire, courir, faire du sport, sortir avec des amis, jouer avec vos enfants, construire des modèles réduits, jouer à des jeux ? Si vous n’avez pas encore de passion alors choisissez quelque chose qui semble amusant et faites le test. Pas besoin de choisir quelque chose de cher ─ cela peut être simplement vous balader dans votre quartier, faire du bénévolat ou aider des amis dans leur projet de rénovation. Planifiez-le aussi près que possible de la fin de votre travail. Et pendant que vous le faites essayez de vous y immerger complètement. Ne pensez pas au travail ─ ne pensez qu’à cette activité post-travail.

3. Apprenez à être attentif et présent. Ce n’est pas facile de simplement mettre son esprit sur ‘off’ mais c’est une capacité que l’on peut apprendre avec le temps. Le moyen de l’apprendre n’est pas de bloquer l’accès au travail dans votre esprit, c’est d’apprendre à faire revenir votre esprit à tout ce que vous pouvez faire après le travail. Peu importe ce que vous faites : cela peut être les courses pour la maison, ou de l’exercice, ou parler avec quelqu’un, ou prendre un bain, ou manger. Quoi que ce soit… c’est tout ce sur quoi vous devrez vous concentrer. Votre esprit glissera inévitablement vers autre chose. Ce n’est pas grave. Refocalisez-le gentiment et sans réprimande. Lentement, avec de la pratique, vous vivrez mieux le moment présent. Ce qui signifie que vous n’aurez pas toujours votre travail à l’esprit.

4. Faites des pauses au travail. Tout le monde n’a pas cette possibilité mais cela vaut le coup de le faire si vous y arrivez. En fait si vous travaillez 8 à 10 heures vous n’aurez pas envie de les faire non-stop. Vous devez trouver un équilibre même au travail. Donc au moins une fois par heure, levez-vous et marchez un peu. Sortez si vous pouvez et faites une balade. Étirez-vous, massez-vous les épaules et refaites circuler votre sang. Faites quelques flexions ou quelques pompes si vous voulez commencer à vous remettre en forme. Parlez à quelqu’un. Buvez un peu d’eau. Mangez des fruits et des légumes. Votre pause n’a pas besoin de dépasser 5 ou 10 minutes, mais elle est importante.

5. Augmentez vos compétences pendant que vous êtes au travail pour vous préparer à quitter ce travail. Si vous êtes vraiment doué dans ce que vous faites, alors devenez encore meilleur. En fait il est souvent possible de quitter son travail et de lancer son propre business si on est assez bon. Et cela ne demande pas tant d’argent que ça de travailler à son compte ─ vous pouvez lancer une affaire avec quasiment rien. J’ai commencé la mienne alors que je travaillais encore à plein temps : mon travail a financé mon entreprise naissante. Même si vous ne lancez pas une affaire à votre compte, vous aurez beaucoup plus de valeur avec un haut niveau de compétences. Donc vouez vos heures de travail à apprendre et à perfectionner vos compétences de travail.

6. Trouvez des moyens d’augmenter vos revenus tout en diminuant vos heures. En augmentant vos compétences vous augmentez votre valeur. Choisissez progressivement des emplois ou des projets qui ont un meilleur salaire horaire. Cela implique souvent de changer d’emplois mais cela peut être une promotion ou un changement de rôle. Cela peut impliquer de lancer votre propre affaire ou de devenir consultant. Si vous travaillez déjà à votre compte ou dans votre propre affaire, alors vous devriez lentement choisir des emplois ou des missions qui payent davantage pour chaque heure que vous y passez. En augmentant vos revenus vous pouvez diminuer vos heures et libérer plus de temps pour vous-même.

7. Apprenez que vous n’êtes pas défini par votre travail. Vous pouvez être heureux sans votre travail. Votre valeur n’est pas uniquement liée à votre travail. Par exemple : je suis écrivain mais ce n’est pas la seule chose que je suis. Je suis aussi père et mari et je sais que ce sont mes rôles les plus importants ─ contrairement à mon rôle d’écrivain. Je suis également plus que ça : je cours et je lis et j’apprends et j’aide les autres et je fais continuellement de nouvelles expériences dans ma vie. Je peux faire d’autres choses que mon travail et être complet. Et vous aussi. Et une fois que vous aurez découvert ça, vous vous libèrerez et trouverez une vie hors du travail. Ensuite l’équilibre est une simple affaire de logistique ─ vous avez simplement besoin de faire en sorte que cela se réalise en procédant par petites étapes.

De petites étapes sont toujours la meilleure réponse. Vous n’avez pas besoin d’être parfait dans le fait de vous déconnecter du travail ou d’être présent ou de vous immerger dans quelque chose au sortir du travail. Vous avez simplement besoin de vous lancer, et ce faisant, vous aurez déjà commencé à trouver l’équilibre.

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11 commentaires on L’équilibre insaisissable entre vie professionnelle et personnelle

  1. Pierre Marley dit :

    J’ai aimé cet article. Il permet de relativiser la vie au travail et de voir le monde sous un autre angle. Merci

  2. CHAKIB dit :

    Mais cmnt on fait si on a un travaille de nuit et que la journée on dorme ? ca bouleverse notre régime de vie .

    merci BCPS.

  3. pontien dit :

    Merci de nous faire cet article qui parait etre trop important pour nous les jeunes car, compte tenu de son contenu, quelqu’un ou une a une multitude de chances a ameliorer sa vie professionnelle.
    merci.

  4. JC dit :

    Bravo pour cet article
    Le travail est évidemment chronophage, c’est incontournable.Chacune des activités qui ponctuent nos journées ne doivent surtout pas se chevaucher au risque d’abaisser notre productivité et donc de nous faire perdre beaucoup de temps.
    Notre équilibre provient aussi de notre hygiene de vie, sport alimentation , temps de repos sont autant de facteurs prépondérants à notre bien être.

    Echanger le temps contre de l’argent c’est aussi le seul moyen d’être accro (par force) au travail. Augmenter ses revenus c’est automatiquement augmenter le temps de travail. plus d’argent mais plus de temps pour en profiter

    Il y a aussi tellement à dire sur l’identification de la personne à son travail.. ne dit on pas qu’il est électricien?? ne devrions nous pas dire qu’il fait le métier d’électricien??

    jc

    • brigeton dit :

      je suis tout à fait d’accord avec votre remarque. nous nous limitons nous-même dans ce que nous sommes.

  5. Francesca dit :

    Articles très intéressant et complet qui nous donne quelques pistes pour trouver un équilibre (avuons-le !) assez précaire. Le plan d’action est très optimiste mais le point 5 (Augmentez vos compétences pendant que vous êtes au travail ─ pour vous préparer à quitter ce travail) me semble fort fantaisiste. Je m’explique : toutes les personnes qui se mettent à leur compte vous le dissent. « Quand vous avez de la passion pour ce que vous faites, quand il s’agit de votre business, quand c’est vous le patron, c’est du 24/7 ». Il y a des métiers où surement vous pouvez travailler en voyageant, face à la mer et avec un ordinateur pour seul outil de travail, mais toutefois, si vous ne faites pas ce qu’il faut faire (et que vous seul pouvez faire), vous perdez de la clientèle, ou vos lecteurs passent à autre chose. Je rêve d’avoir cette vie mais pour l’instant ce n’est pas gagné ! Merci pour l’article.

  6. brigeton dit :

    bien sûr nous sommes pratiquement tous entravés dans cette acrobatie vie professionnelle et vie personnelle. Lorsque les frustrations et la souffrance deviennent trop grandes et sont ressenties trop douloureusement, eh bien pour moi, il est temps de changer et « urgemment », de changer en soi et de se positionner : « qu’est ce que je veux faire du reste de ma vie ». C’est là une question de survie. Changer, il n’y a pas d’autre solutions, ou alors on reste dans la cage et on continue à pleurer. Changer, çà commence par ouvrir les yeux.

  7. Edwige dit :

    Je suis bien d’accord avec le fait que l’on ne se définit pas à son travail. Trop de personnes donnent trop d’importance à leur travail qui est pourtant plus une obligation pour elles qu’une vraie vocation. Elles en attendent de la reconnaissance et de la considération et pour l’obtenir se mettent les tripes à l’envers pendant la journée de boulot mais aussi après ! Ce n’est pas à votre travail de vous apporter reconnaissance et considération, c’est à vous-même de le faire et de savoir ce que vous valez. Lui donner ce type de rôle ne vous amènera qu’à de la frustration.
    En effet soyez propriétaire de votre vie et aussi de votre mental.

    Avoir une vie en dehors du travail est primordial pour l’équilibre mental. Je travaille à temps plein et pourtant j’arrive à travailler pour moi une fois chez moi, à faire du sport, m’occuper de la maison, méditer, passer des moments avec ma famille et cela chaque soir.
    Si vous n’avez que le travail et qu’une fois chez vous, vous ne faites rien parce que vous êtes trop fatigué de votre journée de travail alors vous n’êtes qu’un esclave de votre travail et vous y sacrifier votre vie.

    Petit conseil à garder en tête pour ne pas trop se fatiguer au travail, avoir le temps de faire des pauses et partir à l’heure : n’en faites pas trop au travail ! Je veux dire ne pas accepter tout, et ne pas être « à fond », car plus on en fait, plus on nous en donne. Si les chefs vont être impressionnés au début, bien vite ils vont s’habituer et en demander encore plus. C’est sans fin et au final ça ne vous rapportera rien à part du stress et de la fatigue.
    C’est souvent là une histoire d’égo : on veut nourrir son égo en montrant qu’on sait faire, on cherchant les compliments. Mais votre intérêt est de faire taire cet égo et d’être plus stratégique.

  8. stéphane dit :

    Je suis d’accord avec Francesca : la plan ordi à la plage frôle l’utopie 🙂 Il est possible d’avoir ce genre de vie mais il faut être sacrément flexible, savoir rebondir et aussi apprendre à vivre avec moins..ce qui n’est pas gagné 🙂

  9. brigeton dit :

    Ne nous leurrons pas, pour trouver cet équilibre, il y a nécessairement des renoncements indispensables.

  10. Harcourt Béatrice dit :

    Bon article, car cela demande du courage , mais c’est vrai qu’il est trop triste d’accepter de faire toute sa vie quelque chose que l’on n’aime pas, s’pas ? 😉

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