Note : cet article est une traduction de l’article The Pain & Beauty of Life Changes de Léo Babauta. C’est donc lui qui s’exprime dans le “je” de cet article !

RenaissanceLa raison de notre souffrance est notre résistance envers les changements de la vie.

Et la vie n’est que changements.

Même si je résiste au changement (et à la souffrance) comme n’importe qui d’autre, j’ai appris à m’adapter. J’ai appris la flexibilité. J’ai réalisé ceci :

Tout change, et c’est beau.

La douleur des changements dans la vie

Qu’est-ce que j’entends par le fait que notre souffrance vient de la résistance aux changements de la vie ?

Jetons un œil aux choses qui nous posent problème :

  • Quelqu’un vous crie dessus au travail. Le changement est ancré dans le fait que nous nous attendons à ce que les gens nous traitent gentiment, justement et avec respect, mais qu’en réalité cela ne se déroule pas toujours de cette façon. Quand ils ne le font pas, nous résistons à cette réalité, et espérons que les choses soient ce que nous voulons qu’elles soient. Et donc nous sommes énervés, ou blessés, ou offensés.
  • Votre enfant de 3 ans (ou 13 ans) ne vous écoute pas. Là encore, vous vous attendez à ce que votre enfant se comporte d’une certaine façon, mais la réalité est évidemment différente. Et quand la réalité n’est pas conforme à nos attentes, nous sommes stressés.
  • Vous perdez votre emploi. C’est un changement immense, qui affecte non seulement votre stabilité financière, mais votre identité. Si vous êtes enseignant, et que vous perdez votre poste, vous devez maintenant gérer les changements dans la façon dont vous vous voyez. Cela peut être très difficile. Résister à ces changements (et aux contraintes financières qui suivent la perte d’emploi) peut être très pénible.
  • Vous avez trop de tâches et vous sentez écrasé. Quel est le changement ici ? Nous voulons que les choses soient sous notre contrôle, mais bien sûr elles ne le sont pas. De nouvelles tâches et informations entrent, ainsi que de nouvelles requêtes, de nouvelles demandes. Et ce sont des changements difficiles, parce que nous pensions avoir le contrôle sur notre journée, et maintenant ce n’est plus le cas. Et donc nous nous sentons écrasés et stressés.
  • La mort d’un proche. Un des changements ultimes est la mort, évidemment, mais qu’est-ce qui a changé ? Eh bien la personne n’est évidemment plus dans notre vie (du moins, pas de la même manière), mais de façon tout aussi douloureuse, nous ne sommes plus la même personne quand un proche meurt. Nous devons changer qui nous sommes – nous sommes maintenant un veuf au lieu d’un mari, un père sans fille, ou un ami qui est laissé seul (par exemple). Nous voulons que la vie continue comme avant, mais ce n’est pas le cas, donc nous avons du chagrin, de la rage.

Ce n’est qu’un début. Les choses changent tout le temps, et nous y résistons. Notre journée change, nos relations changent, les autres n’agissent pas comme ils le devraient, nous-même changeons, constamment, et c’est difficile à gérer.

C’est donc la douleur du changement, ou du fait de ne pas être au contrôle, des choses qui ne répondent pas à nos attentes.

Comment s’en sortir ?

La beauté des changements dans la vie

Nous pouvons nous sortir de la douleur de nombreuses façons : s’énerver et hurler, boire et se droguer, mal manger, regarder la télé ou trouver d’autres distractions. Nous pouvons trouver des façons positives de sortir du stress, de la douleur, et de la colère : faire de l’exercice, parler de nos problèmes à un ami, ou essayer de prendre le contrôle de la situation d’une façon ou d’une autre (planifier, passer à l’action, avoir une conversation difficile pour trouver des différences, etc.).

Ou, nous pouvons accepter les changements.

Si les changements sont un fait basique de la vie (en fait la vie n’est faite que de changements) alors pourquoi résister ? Pourquoi ne pas accepter et profiter ?

Voyez la beauté du changement.

C’est difficile, parce que nous avons tellement l’habitude de résister.

Laissons de côté notre résistance et nos jugements pendant quelques minutes, et regardez la beauté des changements dans la vie :

  • Quelqu’un vous crie dessus au travail. Cette personne est blessante, frustrée, en colère, et ressort cela sur vous. Elles tendent la vie, essayent de contrôler le chaos de leur vie (inutilement évidemment), et n’y arrivent pas. Pouvez-vous avoir de l’empathie avec ça ? Avez-vous déjà ressenti ça ? Il y a de la beauté dans nos similitudes, dans nos douleurs communes, dans nos connexions en tant qu’humains. Acceptez mentalement cet être humain beau et blessé, ressentez sa douleur, offrez-lui votre compassion.
  • Votre enfant de 3 ans (ou 13 ans) ne vous écoute pas. Étonnamment, votre enfant est en recherche d’indépendance. Il montre qu’il est un être humain à part entière, pas simplement un robot qui suit les ordres. Avez-vous déjà été dans cette situation ? Avez-vous déjà été frustré par une personne qui essaye de vous contrôler ? Il y a de la beauté dans cette indépendance, dans ce fighting spirit, dans cette rébellion. C’est ça la vie (ok, la vie c’est le changement, mais aussi la rébellion contre le contrôle). Souriez à cette beauté, aimez-la, donnez à votre enfant la place nécessaire pour qu’il grandisse.
  • Vous perdez votre emploi. Aussi difficile que cela soit, c’est une fin, mais aussi un début. C’est le début d’un nouveau voyage, l’opportunité de rafraîchir votre vie, de réinventer qui vous êtes. Voyez la beauté dans cette opportunité, la libération de la « voie habituelle ».
  • Vous avez trop de tâches et vous vous sentez écrasé. C’est difficile, sans aucun doute, mais il est possible de renoncer à ce chaos de tâches et d’informations et de demandes. Vous ne pouvez pas toutes les faire en même temps, mais vous pouvez vous débarrasser de l’envie que les choses soient totalement sous votre contrôle. Il y a de la beauté dans le chaos. C’est aléatoire, c’est fou, c’est la vie. Voyez la douleur de votre résistance, et la beauté de cette lutte. Puis réalisez que vous pouvez ne faire qu’une chose à la fois, et faites-la. Laissez passer cela, et faites la chose suivante. En acceptant le chaos et en y voyant la beauté, nous pouvons être moins surchargés et stressés.
  • La mort d’un proche. Peut-être le plus dur de tous – c’est indubitablement triste. Mais la mort est une fin, qui est une nécessité. Les fins sont nécessaires pour la beauté : autrement nous n’apprécions pas les choses, parce que c’est illimité. Les limites sont la beauté. Et la mort est la limite ultime, un rappel que nous avons besoin d’apprécier la belle chose appelée la vie tant que nous l’avons. La mort est aussi un début – pas au sens d’une vie après la mort, mais un début pour les survivants. Même si nous avons perdu une personne importante, cette fin, comme la perte d’un emploi, est un moment de réinvention. Cela pourrait sembler triste, mais nous sommes forcés de réinventer notre vie quand un proche meurt, et dans cette réinvention il y a une opportunité. Ce qui est beau, je trouve. Finalement, bien sûr, la mort est une opportunité de se souvenir de la vie de la personne, et d’être reconnaissant de ce qu’elle nous a donné.

Les possibilités de trouver la beauté dans nos luttes pour changer sont infinies. Et c’est, je crois, beau en soi.

Crédits photo : © beeboys – Fotolia.com

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13 commentaires on La douleur et la beauté des changements de vie

  1. Enzo Duval dit :

    Bonjour Olivier,

    Plus la douleur d’un événement est grande, plus le changement est grand, et plus je m’implique pour que ce changement me soit grandement bénéfique.

    Je crois que chaque changement est une opportunité pour construire quelque chose de meilleur. J’ai décidé d’accepter de le changement, et d’en faire quelque chose de beau.

    Je crois que la différence entre la douleur et la beauté des changements, c’est juste une décision.

    Amicalement,

    Enzo

  2. Enzo Duval dit :

    Ah oui, et il y a un petit exercice sympa à faire :
    Se poser la question par écrit : Qu’est-ce que cette situation m’apprend ?
    Et de lister sur une feuille (ou un document texte pour les geek 😉 ) chaque point qui vous passe par la tête.

  3. Nathanael dit :

    Bonjour Olivier
    Hé oui, la douleur est bien fonction du changement d’une situation. Plus le changement est grand plus la blessure est profonde. La chose la plus difficile à faire est de se remettre en question de tout abandonné et de reprendre la vie du bon côté.
    Bonnejournée

  4. Anne dit :

    Par nature, l’homme a horreur du changement qui l’oblige à fonctionner autrement que sur ses acquis. C’est vrai qu’il est plus facile de se laisser aller que d’affronter les événements. J’aime bien cette phrase de Charles Franklin Kettering « Le monde déteste le changement, et c’est pourtant la seule chose qui lui a permis de progresser ».

    Bonne journée à tous

    Anne

  5. Nathalie dit :

    La vie est mouvement et nous contraint donc à changer parfois malgré nous, et à contre-coeur ; ceci peut être beau, ça n’est pas une garantie.
    Ce qui est souvent difficile, ce sont les douleurs, souffrances, tristesses, déceptions, et autres, qui sont là, même si on ne résiste pas. Certains y voient une illusion, elles sont pourtant bien là, ressenties, très présentes, jusqu’à nous engoncer dans un long marasme avant de pouvoir passer à autre chose (si on ne s’est par perdu entre-temps).
    Personnellement, je n’ai jamais saisi ces passages obligés par souffrance et douleur énoncés comme conditions de vie, ni vu de beauté, car ils occultent la joie, qui elle permet une stabilité et de voir une beauté.

  6. Pascale dit :

    je viens de lire cet article après un stage de “bien être” et remise en forme .Je rejoins les points de vue en plus je change de job à la rentrée avec une mobilité géographique. je précise que tout cela a été voulu et non subi, mais quel changement !!! pas d’appréhension à priori, je l’aborde avec sérénité.

  7. Edwige dit :

    Dans la vie il faut savoir saisir les opportunités de changements. Le changement, c’est ce qui fait avancer.
    Il est tellement facile d’être pris dans le train train du quotidien et de ne plus être acteur de sa vie mais un automate.

  8. Gisèle-Claire dit :

    Quand on a compris cette notion de dualité qui existe depuis les origines mal-bien,vie-mort,bonheur-malheur,homme femme…qui sont deux faces qui se côtoient joyeusement dans l’univers,nos souffrances ou changements sont alors relativisées, prises en compte avec bonheur comme essentielles,nécessaires.

  9. Mamy dit :

    Bonjour,
    Pour mon cas, mes enfants sont maintenant en vacances dans une ville où la connexion internet illimité n’est pas disponible et aussi l’accès aux différentes chaînes de télévision n’existe pas encore. Et il est naturel que étant habitué aux écrans, ils s’ennuient.
    Mais je leur explique que çà aussi c’est vie et il faut s’adapter, j’attends l’évolution de la situation en ce moment.
    Pour vous dire que les changements apportent bien des malheurs mais l’essentiel c’est l’adaptation.
    Un article très intéressant et qui coïncide bien avec ce que je passe. Je le partagerai avec mes enfants.
    Merci infiniment !

  10. jacline dit :

    il y a dans notre cerveau comme des chemins sans cesse utilisés, des ornières se sont creusées à force de passage …. quand un obstacle empêche ce chemin il faut trouver une autre voie . La plasticité du cerveau le permet mais certainement pas d’un claquement de doigt … il faudra du temps et du temps pour trouver d’autres chemins que ceux qui menaient à l’autre qui n’est plus …

  11. Plessier dit :

    Je pense que le changement dans la vie qui peut être cause de stress, est une experience interesante, riche d’enseignement, sur notre capacite à se réaliser parfois autrement, à créer….Ce qui est dur à vivre pour ma part, c’est le depart soudain et violent de mon frère, il y a deux moix. suicide par pendaison … Comment vivre sereinement, comment accepter ce changement ? Comment vivre sans cette rage envers soi meme, de ne pas avoir ssez aidé, de ne pas avoir vu …??

    • Nicole dit :

      Bonjour
      Face à cette violence qui vous atteint il y a peut-être une aide.
      Connaissez-vous l’EMDR ?
      Très proche de vous.

  12. Lea dit :

    Le 1ère phrase du commentaire de Plessier définit parfaitement ma situation, je pense.
    Actuellement salariée, je ne suis motivée que par mon projet d’entreprise. Pourtant, mon salaire est indispensable pour ma famille… Hélas, même mes enfants subissent aussi ma démotivation générale. J’aimerais tant pouvoir m’enfermer ou m’isoler 3 mois pour finaliser mon démarrage d’entreprise !!! Enfin,
    ==> ne pas dépendre de mon salaire et profiter du temps où les enfants sont à l’école pour finaliser un projet sur lequel je buche sans relâche depuis le mois de juin. Je veux être à mon compte à compter de janvier 2015 ! (une prière que je hurle sans cesse dans mon cœur voilà déjà 2 semaines)
    C’est un immense déchirement intérieur que je subis actuellement, moi qui aimais être sur tous les fronts etc., je vis assez mal ce changement qui se produit en moi.
    Je n’arrive pas à extérioriser ma détresse et je crains que mon entourage ne me soit pas d’une grande aide alors que j’aimerais tant y voir clair !
    C’est comme si je manquais de patience et de clairvoyance, moi qui suis d’habitude si réaliste et cartésienne…
    Besoin de conseils. À l’aide !

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