Note : cet article est une traduction de l’article Procrastination is a Mindfulness Problem de Léo Babauta. C’est donc lui qui s’exprime dans le “je” de cet article !

ProcrastinationNous procrastinons tous, et dans l’ensemble, nous connaissons tous les solutions à notre procrastination.

J’ai repoussé l’écriture de cet article (c’est ironique, je sais, et oui je sais que vous allez repousser le fait de le lire) en faisant tout un tas de tâches plus petites, par exemple. Elles étaient moins importantes et je le savais, mais c’étaient des tâches rapides et tellement plus simples qu’écrire un article sur un sujet compliqué.

Honnêtement, je connais les solutions : clarifier l’importance de mes tâches, dégager tout ce qui ne concerne pas cette tâche plus importante, clarifier mes motivations concernant cette tâche, et la diviser en étapes plus petites et plus simples si je pressens une difficulté.

Ce ne sont pas des solutions difficiles.

Mais elles ne fonctionnent pas tant que vous n’êtes pas conscience de ce que vous faites.

Vous ne pouvez pas prendre du recul pour clarifier ce que sont vos Tâches les Plus Importantes tant que vous ne réalisez pas dans un premier temps que vous procrastinez. Vous ne pouvez pas diviser une tâche en étapes plus petites tant que vous ne réalisez pas que vous redoutez cette tâche. Vous ne pouvez pas supprimer les distractions tant que vous ne réalisez pas que vous suivez vos envies de céder à ces distractions.

La conscience fait tout en procrastination. Le problème n’est pas de trouver les solutions à la procrastination – c’est d’être conscient de ce qui se passe en premier lieu.

Une fois que nous savons ce qui arrive, les corrections sont (relativement) faciles.

Le problème n’est pas simplement d’être conscient de ce qui se passe – c’est de se souvenir d’en être conscient. Ce souvenir est la base de la pleine conscience. Trop souvent nous oublions d’être conscients.

Parlons donc de la conscience de ce qui arrive quand nous procrastinons, puis de la façon de s’en souvenir.

La conscience de ce qui arrive

Alors que se passe-t-il quand nous procrastinons ? Essayez ceci :

  • Suivre ses envies de distraction. Nous avons l’envie habituelle de vérifier nos mails ou les réseaux sociaux ou les nouvelles. Ou nous avons envie d’aller faire quelque chose de plus simple, de plus confortable. Les envies peuvent être vaincues si nous sommes conscients qu’elles surviennent.
  • Redouter les tâches difficiles. Notre esprit a tendance à se concentrer sur les aspects les plus difficiles des tâches sur lesquelles nous procrastinons. Sans trop y réfléchir, nous définissons ces tâches comme étant difficiles, effrayantes, écrasantes, chronovores. Si nous en sommes conscients, nous pouvons résoudre chacun de ces problèmes – les tâches difficiles peuvent être divisées en étapes plus simples.
  • La peur. La procrastination est souvent due à la peur – la peur de l’échec, la peur du succès, les doutes personnels. Mais souvent nous ne savons même pas que cette peur est là – nous agissons simplement par peur. Les peurs, une fois que nous en sommes conscients, peuvent être vaincues par la lumière du jour. Quand nous voyons les peurs à nu, en pleine lumière, nous pouvons voir qu’elles ont été exagérées par notre esprit. Le pire scénario d’échec possible n’est souvent pas si terrible quand nous y réfléchissons réellement.
  • Ne pas être motivé. Bien des fois nous oublions ce qui nous motive dans la réalisation d’une tâche difficile. Pourquoi nous infligeons-nous toute cette souffrance ? Il est bien plus facile de laisser cela de côté et de faire une autre chose « importante » à la place. Mais quand nous nous souvenons de ce qui nous motive, nous pouvons nous concentrer. Nous devons donc être conscients que notre motivation n’est pas claire, ou que nous avons oublié quelle était notre motivation une fois face aux désagréments.
  • Ne pas être clair quant à ses priorités. Quelles tâches sont les plus importantes ? C’est difficile à savoir quand vous êtes piégé dans le flux des choses, à simplement faire les choses à gauche et à droite, à passer rapidement d’une tâche à l’autre, etc. Tout semble important. Mais quand nous prenons du recul et pensons à ce qui compte le plus, à ce qui fera le plus de différence dans le monde et dans nos vies, nous pouvons voir ce sur quoi nous avons besoin de nous concentrer, ce pour quoi nous devons dégager du temps. Nous ne pouvons pas prendre de recul tant que nous ne sommes pas conscients que nous sommes coincés dans des tâches moins importantes.
  • Vérifier certaines choses de façon compulsive. Souvent nous allons compulsivement vérifier nos mails, les réseaux sociaux, les blogs, les nouveaux sites, etc. Nous avons ces onglets tout le temps ouverts et nous allons y jeter un œil toutes les quelques minutes. Pourquoi ? À quel besoin répondons-nous ? Souvent c’est un besoin d’être à jour sur tout, une peur de passer à côté de quelque chose. Et souvent c’est simplement le plaisir temporaire d’avoir quelque chose de nouveau dans nos boîtes de réceptions, ou de trouver quelque chose d’intéressant/de plaisant.

Ce sont les exemples les plus communs de ce qui arrive quand nous procrastinons. Mais comment en devenir conscient ? Comment se souvenir d’être conscient ?

Comment se souvenir

Le problème avec le fait de se rappeler d’être conscient est que nous sommes coincés dans des actions successives. Une fois que nous allumons l’ordinateur, par exemple, un ensemble de réponses habituelles déboule et nous sommes surchargés d’un coup. Il pourrait se passer des heures avant que nous relevions le nez et réalisions que nous avons procrastiné.

Ce dont nous avons besoin est donc un ensemble d’outils de rappel.

Voici ceux qui ont tendance à fonctionner pour moi :

  1. Reconnaître le mal qui est fait. La première chose que vous avez besoin d’admettre est que la procrastination vous fait en réalité du mal – si nous pensons que ce n’est pas un gros problème, nous ne ferons pas les étapes listées ci-dessous. Alors quel mal nous fait la procrastination ? Eh bien, cela pourrait vous empêcher d’atteindre vos rêves ou vos grands objectifs, de repousser vos limites et d’apprendre de nouvelles choses. Cela pourrait vous provoquer de l’anxiété, et votre travail pourrait en souffrir.
  2. S’engager. Prendre l’engagement d’être conscient est un super outil pour se souvenir. Quel genre d’engagement ? Vous pouvez l’écrire sur un morceau de papier et le regarder chaque matin. Ou parlez-en à quelqu’un. Postez-le sur votre blog ou sur Twitter. Faites en sorte que quelqu’un vérifie quotidiennement ce que vous faites. Quoi que vous fassiez, engagez-vous aussi sérieusement que possible.
  3. Définir des intentions. Quand vous commencez une activité, comme ouvrir vos mails ou commencer à écrire quelque chose, ou même allumer votre ordinateur ou commencer votre journée, faites une pause pour penser à l’intention que vous avez vis-à-vis de cette activité. Ayez l’intention d’être pleinement conscient et de noter votre procrastination. Définir des intentions ne signifie pas nécessairement que vous allez réellement terminer ce que vous avez prévu de faire, mais cela aide. Et cela vous aide à vous améliorer avec la pratique.
  4. Mettre des rappels. Toutes les heures ou les deux heures, ayez un rappel qui vous aide à vérifier si vos actions correspondent à votre intention, pour vous souvenir d’être conscient de ce qui arrive avec votre procrastination.
  5. Reconnaître les signaux. Il y a des signes de votre procrastination – anxiété vis-à-vis de vos tâches, vérifications compulsives, envie pressante d’aller faire autre chose que la tâche en cours. Ces signes pourraient être physiques (un resserrement dans votre poitrine, par exemple) ou ils pourraient passer par certaines actions (vérifier ses mails) – mais vous pouvez apprendre à les reconnaître avec le temps. Ce sont des alarmes, qui sonnent et vous disent que quelque chose arrive. Remarquez ces alarmes, et vérifier ce qui arrive.

Ce ne sont pas des choses que vous pouvez maîtriser en un jour. Elles demandent de la pratique, et elles nécessitent un engagement. Mais si vous pouvez résoudre le problème de la pleine conscience, la procrastination devient un monstre bien plus gérable.

Crédits photo : © infadel – Fotolia.com

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7 commentaires on La procrastination est un problème de pleine conscience

  1. Hélène dit :

    Merci, super article. Très concret et très utile.

  2. carole dit :

    Bonjour Olivier,

    Article très utile. Merci ! Chez moi la procrastination est le nerf de la guerre. Je m’occupe de mon petit bout de 2 ans l’après-midi et je travail le matin. Alors j’ai du mal a me rendre compte de ma procrastination sur un projet qui me tient a coeur.

    Ton article me boost Olivier !

    Alors voici mon plan d’action, je commence des d’aujourd’hui :

    1. Je prend un engagement et renforce ma détermination chaque jour en émettant mon intention pour chaque journee. Il faut tenir la barre chaque jour pour que le bateau arrive a bon port!

    2. Je suis consciente de ce que je fais, comme faire une multitudes de petites tâches sans grande importance.

    3. Je repère les alarmes! Dans mon dialogue interieur (quelle histoire je me raconte, quelles excuses je trouve pour ne pas passee a l’action), et dans mon corps. Et je les notes pour mieux reconnaître ma procrastination lorsqu’elle se présente.

    4 . J’entretiens ma motivation. Je note mon “pourquoi”, je veux réaliser ce projet. Je le relis tous les jours. Je visualise et ressens tous les jours mon projet déjà réalisé.

    5. Je reviens régulièrement sur ton blog pour renouveler mon engagement et ma determination après avoir agit pour mon projet bien sûre ! 🙂

    Merci Olivier, bonne journée !

  3. KENNEL dit :

    Oui, comme dit Hélène, un article très intéressant, qui va loin dans sa réflexion et surtout utile. MERCI beaucoup Olivier 🙂 et belle journée !

  4. pauline dit :

    Dans ma procrastination matinale (verification de mails), j’ai lue votre article. Cela va m’être benefique .
    je vous en remercie et bonne journée 😉

  5. zulie dit :

    Ah cela m’a fait du bien de lire ton article justement ce matin, je ne cesse de me fixer des objectifs qui ne se mettent pas en place, je trouve toujours une raison quelconque pour y échapper, pas plus tard qu’hier j’y pensais je me trouve prise de remords je suis de mauvaise humeur je doute de ma capacité à me mettre en action et je reculpabilise, quel scénario!
    ton article m’a boosté ce matin, pas de remords pas de regrets passons à l’action.
    Bonne journée

  6. marie1219 dit :

    Article particulièrement intéressant que je sauvegarde pour le relire… car je pense avoir besoin de piqûres de rappel!

  7. Silvia dit :

    Bonjour,
    Depuis que j’ai découvert que mon problème d’efficacité au travail ne venait pas seulement de mon organisation mais aussi de ma tendance à remettre à plus tard, j’étudie la procrastination.
    J’ai commencé cette étude il y a près de 6 mois et c’est tout récemment que je me suis surprise en train de me dire : “STOOOP, tu es en train de procrastiner, retourne à ton objectif du jour !”
    Au bout de 6 mois, je commence à reconnaître les signaux. Il a fallu tout ce temps pour que seule je développe une sorte de 6ème sens, celui de la “détection de procrastination”. Gràce à cette capacité à détecter, je procrastine de moins en moins. Et je suis fière de moi !
    D’autre part, mes lectures assidues, j’ai découvert que la procrastination faisait partie de moi et que j’aimais procrastiner. Alors pour limiter les dégâts, je ne m’autorise qu’une tranche horaire par jour. Je me réveille très tôt et ainsi, je peux passer du temps sur ces activités chronophages qui me poussent à procrastiner. A 7h30, j’ai fini et je commence une journée “normale”.

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