90% de la réussite dans la vie vient du simple fait de se pointer. – Woody Allen

Note : cet article est une traduction de l’article The Three-Day Monk Syndrome de Léo Babauta. C’est donc lui qui s’exprime dans le “je” de cet article !

Points de suspensionJ’ai souvent été par le passé, et je suis encore parfois, ce que les japonais appellent un « moine de trois jours ».

C’est un syndrome très commun ; vous êtes obsédé par quelque chose pendant un court laps de temps, et vous vous investissez dedans, tout cela pour vous arrêter au bout de quelques jours (ou une semaine ou deux).

Combien de fois avez-vous fait ça ? Soyez honnête. Nous l’avons tous fait de nombreuses fois – avec le sport, avec un blog ou un journal, avec l’apprentissage de quelque chose de nouveau (une langue par exemple), avec un nouveau hobby.

Un moine de trois jours n’arrive pas à grand-chose, parce qu’une poussée courte et intense n’est pas suffisante pour engendrer un changement significatif. Comment pouvez-vous vous mettre en forme si vous faites du sport pendant une semaine puis que vous vous arrêtez ? Comment pouvez-vous apprendre une langue, apprendre la programmation, apprendre à écrire un roman, etc., si vous ne passez que quelques jours à travailler dessus tous les six mois ?

La clé alors n’est pas d’être moine pendant trois jours, mais de dire une prière de 20 minutes tous les jours. Pas littéralement une prière, évidemment (sauf au sens où tout chose faite avec dévotion est une prière), et pas littéralement 20 minutes ; vous pouvez le faire le temps que vous voulez tant que cela fonctionne pour vous.

Mais faites-le.

Si vous arrivez à le faire chaque jour, et à ne pas vous arrêter au bout de quelques jours, vous génèrerez un changement significatif – dans votre vie, dans la vie des autres, dans le monde.

Jetons un œil à la façon dont on peut y arriver.

Comment vaincre le syndrome du moine de trois jours

Il n’y a pas de formule magique pour faire disparaître ce syndrome, sinon de faire tout ce qu’il faut pour s’y mettre. Vous pourriez ne pas en faire beaucoup, vous pourriez faire des erreurs, vous pourriez tout simplement échouer. Mais mettez-vous-y.

Voici quelques trucs qui fonctionnent pour moi :

  1. Ne vous forcez pas. Ce n’est pas une question de discipline ou de torture visant à vous forcer via de la force brute à faire quelque chose que vous détestez. C’est juste une question de faire quelque chose que vous voulez faire. Alors au lieu de vous forcer, présentez les choses de façon à en faire quelque chose que vous aimez faire. Courir peut être une corvée qui fait souffrir, ou un super moment pour vous vider la tête et profiter du dehors. Apprendre l’espagnol peut être une corvée redoutée, ou une façon d’apprécier de supers musiques, d’apprendre des choses sur une culture étrangère, de découvrir de nouveaux films. Croyez-moi : vous n’irez pas très loin dans quoi que ce soit si vous devez vous forcer tous les jours.
  2. Augmentez graduellement. Vous lancer à fond dans quelque chose peut fonctionner pendant un temps, mais cela rend aussi plus dur le fait de vous y tenir tous les jours. Commencez petit, et chaque jour, mettez-vous-y. Augmentez graduellement ce que vous faites, de sorte que chaque étape sur cette voie soit toujours ressentie comme facile et amusante.
  3. Servez-vous de l’élan. Une fois que vous êtes lancé, servez-vous de la force d’inertie pour continuer. Cela dépend là aussi de la façon dont vous avez mis les choses en place. S’y mettre tous les jours peut être ressenti comme le fait de grimper une colline avec un gros sac sur le dos, ou comme le fait de descendre cette colline. Quand je descends une pente en courant, j’ai presque l’impression de tomber, sauf que je garde mes pieds sous moi et donc je tombe droit.
  4. Souvenez-vous de ce que vous voulez. Vous allez faire cette activité (sport, apprentissage d’une langue, méditation) sûrement parce que vous voulez le faire. Quand nous arrêtons de faire quelque chose, c’est parce que nous avons oublié que nous le voulions. À la place, pensez-y, mais souvenez-vous de la raison pour laquelle vous vous êtes lancé là-dedans à la base. Cela pourrait consister à lire quelques articles motivationnels, à regarder des vidéos qui vous motivent, à regarder des images qui vous motivent, à faire référence à cette vision dans votre tête. Ou simplement à mettre cet article en favori et à y revenir tous les jours.
  5. Mettez de la musique. Quand je n’ai pas très envie de faire du sport, je mets une chanson. Hier c’était Lose It d’Eminem. Cela m’a tant remonté immédiatement que je suis allé sur mon rameur, que j’ai tout déchiré pendant 3 minutes et que je me suis vidé. Alors peut-être que c’était un peu trop. Mais il n’y a aucun doute que cela m’a aidé à m’y mettre.
  6. Mettez fin à vos doutes. Tout le monde doute de temps en temps, mais soit ces doutes sont surpassés, soit ils nous stoppent. Vous doutez de pouvoir réussir à faire quelque chose pendant longtemps ? Oubliez vos doutes, et faites-le, simplement. Puis faites en sorte de le faire au moins une fois de plus. Quand vous vous rendez compte que ça marche, prenez-en note, puis faites en sorte de le faire encore une fois de plus. Ne vous permettez même pas d’imaginer que vous n’y arriverez pas.

Vous pourriez avoir été un moine de trois jours par le passé, mais c’était le passé. Aujourd’hui, vous êtes quelqu’un de nouveau, et à partir d’aujourd’hui tout ce que vous faites est de vous y mettre. Vous êtes d’accord ?

 

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8 commentaires on Le syndrome du moine de trois jours

  1. Corinne dit :

    ce processus de changement est très judicieux …. la brutalité n’apporte pas grand chose en effet. petit à petit, je change tous les jours, je modifie mes habitudes, et cela fonctionne, tenir un genre de journal de bord aide grandement à ce processus …

  2. hado dit :

    excellent article surtout quand on prend le temps de le lire en anglais… christine

  3. Antoine dit :

    Très bon article. En effet, se respecter et aller à un rythme régulier et progressif est une excellent approche.

  4. Marie dit :

    Léo Babauta a redit cela de multiples fois, mais allez savoir pourquoi aujourd’hui cela me donne le déclic. Merci

  5. Claire dit :

    Merci. Exactement ce dont j’avais besoin.
    Excellent voyage au Philippines et merci pour tous tes précieux conseils.

  6. ogbi roukaya dit :

    excellent article surtout quand on prend le temps de le lire en anglais… ogbi

  7. kouame dit :

    tres inspirant et bonne continuité

  8. Leonie dit :

    Ben oui mais si c’est votre façon de faire habituelle, enthousiaste mais pas perseverant, il faut aussi en tenir compte, car c’est votre personnalité qui s’exprime.

    Plutot que dire “Faut pas faire comme ca”, il serait plus intelligent de se demander “Comment faire pour que ces trois jours puissent porter leurs fruits au-delà ?”.
    Après tout si pendant ces trois jours vous faites du jardinage et semez/plantez plein de trucs, et installez un arrosage automatique, votre activité sera pérenne et portera ses fruits dans l’avenir.

    Il faut donc essayer de porter son attention, non à produire un truc tout de suite, mais à mettre en place les outils pour que l’élan se poursuive durablement, même quand l’enthousiasme des premiers jours sera passé :
    * plutôt que faire du sport intensément pendant 3 jours et arrêter, chercher un partenaire pour en faire 2 fois par semaine, et lui dire de ne pas nous lâcher (le mieux étant de faire un sport où on est OBLIGE de tenir ses engagements : les sports à deux (tennis, escalade, etc), les sports collectifs (ils réclament une équipe complète))
    * plutôt que faire un régime pendant trois jours, mettre en place les outils pour tenir au moins deux semaines : virer tous les snacks, acheter des légumes et un livre de recettes, etc
    * plutot que commencer à apprendre une langue tout seul, s’inscrire à un cours ou trouver qqn avec qui le faire à deux, planifier des jalons (aller voir un film dans cette langue dans un mois, partir en vacances dans le pays dans 6 mois etc), trouver des natifs pour pratiquer etc

    Prévoir un moment précis dans son emploi du temps pour cette activité.

    Se connaitre et rendre (la poursuite de) cette activité agréable : Leo parle de mettre de la musique, cela peut aussi être un environnement sympa, une manière rigolote de la pratiquer, une tenue que vous aimez, des “récompenses” que vous vous octroyez motivantes…

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