Note : cet article est une traduction de l’article My Month Without a Smartphone de Léo Babauta. C’est donc lui qui s’exprime dans le “je” de cet article !

Sans smartphoneEn février, je me suis (presque) totalement passé de mon iPhone. Je pensais que ce serait difficile, et cela l’a été au début, mais cela s’est avéré être un des meilleurs changements que j’aie fait lors de mon Année à vivre sans.

Je recommande fortement des périodes sans téléphone portable : pour la déconnexion, le calme, et la totale attention accordée aux gens avec qui vous passez du temps, à vos pensées, et à votre entourage.

Cela n’a pas été facile au début. Avoir un smartphone partout où vous allez (ce que je n’avais délibérément pas jusqu’à l’été dernier) crée des habitudes mentales – vérifier constamment certaines choses, envoyer des messages, chercher les choses au moment même où une pensée vous traverse l’esprit, faire quelque chose. J’ai souffert du manque pendant quelques jours, pendant lesquels je cherchais à attraper constamment mon téléphone chaque fois que j’étais hors de chez moi, et parfois même chez moi.

Je passais à côté de mails de mes collègues et de Snapchats de mes enfants. Je ne pouvais pas commander quelque chose immédiatement, faire une réservation, chercher une chose à savoir tout de suite. Je ne pouvais pas lire dans le train. Je ne pouvais pas dire l’heure qu’il était – et c’était un sacré truc, parce que je n’ai pas de montre et que j’utilise mon téléphone pour avoir l’heure, et j’ai réalisé que j’étais toujours inquiet d’être en retard !

J’ai regardé ces envies, et je les ai trouvées intéressantes. La meilleure chose à faire avec ces envies est d’être curieux. Donc dans le train, pendant mes promenades, dans mon magasin de thé, j’observais simplement mes envies avec curiosité. Comment est-ce que j’étais devenu comme ça ?

Mais alors j’ai accepté ma nouvelle réalité, après 4 ou 5 jours environ. Je savais simplement que je n’allais pas vérifier des choses, lire, chercher des trucs, faire de petites tâches, etc., quand j’étais hors de la maison. Je savais que cela allait être du temps déconnecté, calme, et conscient. C’était ma réalité, et ce n’était pas mal du tout. En fait, j’ai fini par aimer ça.

Mon monde ne s’est pas écroulé parce que je n’étais pas productif chaque seconde de la journée, et je n’étais pas instantanément au courant de tous les messages. J’ai en fait survécu au fait de ne pas savoir tout de suite exactement où était la Crimée ou à qui avaient été attribués les Oscars l’an dernier. C’est choquant, je sais.

Je méditais quand j’allais me promener, ou assis dans le train, ou dans une file d’attente. J’étais en fait conscient du moment présent, bien plus souvent que d’habitude.

Quand nos vies sont tout le temps connectées, être déconnecté peut être un soulagement. C’était mon expérience en février. Lors des premiers jours de mars, j’ai continué cette habitude. Hier, pour ce qui semblait être une bonne raison, j’ai emmené mon téléphone en courses… et tout d’un coup mes anciennes habitudes sont revenues.

Je pense que je vais laisser mon téléphone chez moi la plupart du temps maintenant.

Et la suite ? Ce mois-ci je fais sans alcool. Ce qui implique zéro verre de vin rouge avec Eva tous les soirs. Je pensais que cela ne serait pas trop dur, parce que j’ai passé plus d’un mois sans alcool l’an dernier. Mais les premiers jours m’ont montré de surprenantes envies assez fortes de boire quelques gorgées de vin. Je n’ai pas de problèmes avec les envies ; je les vois comme une partie de moi sur laquelle j’apprends, avec curiosité.

 Crédits photo : © Christos Georghiou – Fotolia

Tags: , , , , , , , ,

6 commentaires on Mon mois sans smartphone

  1. Nicolas dit :

    Bonjour,

    Un mois sans alcool me semble beaucoup plus facilement réalisable qu’un mois sans smartphone ! Peut-être suis-je accro ? Mais entre ne plus avoir l’heure, plus de mails, plus d’agenda, plus de musique, etc… En fait, je me rends compte que mon smartphone tient une place de plus en plus importante dans ma vie !

    Nicolas

  2. kossivi samuel dit :

    MOI JE NE PEUX PAS CAR JE SUIS UN OUVRIER .TOUTE LA CHARGE DE MA FAMILLE REPOSE SUR MOI DOT IL FAUT PRÉPARE CETTE SÉANCE DES TRUCS PENDANT DES MOIS AVANT CAR SI LES AFFAIRES PASSENT BIEN TOUT SERA POSSIBLE.
    MERCI POUR VOTRE EXPÉRIENCES

  3. Aline dit :

    Pour moi cet article est un ovni ! Je n’ai ni smartphone, ni i-pad, juste un simple tél portable pas connecté à rien du tout et c’est déjà une charge pour moi de le trimbaler partout avec moi : pour moi l’informatique est une punition, une astreinte, une contrainte, sauf quand j’ai quelque chose d’important à chercher, c’est vrai que ça rend service, internet rend service aussi pour faire un blog par exemple, mais l’obligation de vérifier ses mails pour ne pas être envahi par les indésirables est une telle perte de temps !
    Bref invention pratique et diabolique qui visiblement crée des addictions : en fait, ça m’arrive parfois aussi de sauter compulsivement sur mes mails : une façon d’éviter l’angoisse d’avoir à parler à une personne dans la vraie vie ? Oui, comme une recherche de communication qui ne se dit pas. Peut-être. A creuser.

  4. Nathalie dit :

    Bonjour Aline,

    Je suis dans la même situation ; un simple portable, connecté seulement quand j’ai besoin d’appeler, que je n’emmène pas en balade.
    Mon entourage réduit me fait d’ailleurs des reproches à ce sujet.
    J’utilise l’informatique comme un outil pratique, ludique, de faire des recherches, commander des articles ou services que je ne trouve pas dans le commerce de proximité, organiser.
    Son utilisation première sensée donner un résultat rapide et une pratique facile étant très loin de me satisfaire (mauvais conseils, freins, espionnage,…), je l’utilise peu malgré mon envie et mes quelques centres d’intérêt.
    C’est vraiment très dommage, car si cela fonctionnait librement sans être ralentie, bloquée ou “fliquée” par des irrespectueux dont le passe-temps est de violer l’intimité des autres et de gâcher leur vie et leur temps, ce serait une fantastique mine d’or pour apprendre et découvrir une multitude de choses et communiquer “all over the world”.
    En outre, je trouve que cela a complètement changé le mode des relations humaines, les a souvent faussé pour celles et ceux qui baignent dedans, et égaré souvent aussi les “laisser-pour-compte” du numérique ou “arriérés”, comme les personnes telles que nous peuvent quelquefois être qualifiées.
    Je suis d’ailleurs surprise que ce changement évident ne soit pas débattu.
    Les relations humaines n’étaient guère simples pour moi, mais avec ça, c’est une complexité supplémentaire.

  5. Personnellement, j’apprécie beaucoup mon smartphone et je ne ressens aucune stress de par son utilisation.

    N’est-ce pas un peu manichéen de le mettre dans un tiroir car on est incapable de gérer ses habitudes. Ce serait comme dire qu’on utilise plus internet parce qu’on va sur facebook tout le temps ! Il suffit d’aiguiser sa volonté et d’utiliser internet de manière productive. Couper internet serait la solution de facilité.

    J’utilise mon smartphone pour 3 fonctions essentiellement :

    1) Ecouter de la musique ou un livre audio. Je lis ainsi l’équivalent d’un livre tous les deux jours.
    2) Apprendre une nouvelle langue : podcast et mosalingua (je vous conseille cette appli !)
    3) Faire des appels quand je suis en déplacement.

    Bien sûr que je pourrais faire ces choses chez moi mais je perdrais un temps colossal ! J’ai environ 2h de déplacement chaque jour et je suis content de pouvoir en faire quelque chose d’utile. Alors ce n’est pas parce que je peux m’égarer dans les pages wikipédia et que par peur, je vais arrêter de l’utiliser.

    Bien sûr, ce n’est que mon point de vue 🙂

  6. ilham dit :

    Bonjour,

    Je viens de passer un mois déconnectée, sans téléphone, sans whatapp, sans candycrash, sans tout ce qui me définissait comme personne! c’était une expérience revelatrice, une expérience qui m’a “transformée”… J’ai appris à me sentir libre, à revenir vers l’essentiel, à me connecter à tous ces inconnus que je croisais durant mes journées… durant ce mois, je suis allée jusqu’au bout de toutes mes envies, toutes mes peurs, ma curiosité… j’ai pris le temps de comprendre que si j’étais pas heureuse c’est tout simplement parce que je ne regardais pas dans le bon sens… Aujourd’hui, mon utilisation du smarphone a changé, c’est un téléphone (que je laisse très souvent à la maison) qui me permet éventuellement de prendre des photos, de suivre mes séances de courses à pied, écouter de la musique… Sans plus! La vie se passe en dehors du monde virtuel 🙂

Laisser un commentaire