Note : cet article est une traduction de l’article What to Think About During Exercise de Léo Babauta. C’est donc lui qui s’exprime dans le “je” de cet article !

Motivation pour courirUn lecteur m’a écrit et a dit qu’il s’ennuyait pendant qu’il courait, ce qui lui donnait simplement envie d’arrêter de courir.

Et donc il m’a demandé de lui suggérer des choses auxquelles penser pendant la course ou pendant le sport en général.

Excellente question : si vous vous ennuyez, pourquoi voudriez-vous le faire ? Pourquoi ne pas lire des trucs amusants sur internet à la place ?

Eh bien, mis à part les fantastiques bienfaits sur la santé, l’exercice est un merveilleux moment  pour réfléchir, s’entraîner à la pleine conscience, socialiser, échapper aux distractions.

Un petit récapitulatif de mes qualifications : quand j’ai commencé à courir en 2005, je pouvais à peine courir 5 minutes et on pouvait globalement me qualifier de sédentaire à l’époque. J’ai lentement progressé pour arriver à terminer une course de 5 km, puis j’ai décidé (pas très sagement) de viser le marathon. Au bout d’un an, j’ai couru mon premier marathon (après quelques semi-marathons et pas mal d’autres courses). J’ai couru deux-trois marathons après ça et quelques autres courses, dont quelques courts triathlons. L’an dernier, j’ai couru un ultra-marathon de 50 miles (80 km). Pendant tout ce temps, j’ai passé d’innombrables heures à courir.

J’ai également passé beaucoup d’heures à faire de la musculation, à faire des exercices de type Crossfit, et d’autres trucs amusants.

J’ai passé beaucoup de temps à faire de l’exercice. Et j’adore ça.

Je ne mets pas de musique quand je m’entraîne. Pour moi, c’est une distraction et une perte de temps précieux pour la réflexion.

J’ai écouté des livres audio lors de courses longues (plus de 3 heures), mais généralement je fais de l’exercice en silence.

Sauf quand je m’entraîne avec un ami. L’an dernier j’ai fait beaucoup de courses plus longues avec mon ami Scott, et pendant près d’un an je me suis entraîné en salle avec mon ami Tynan (quand il est en ville ; il voyage comme un bohémien). J’ai également fait beaucoup d’exercice avec ma femme, et avec ma sœur quand j’étais à Guam.

J’aime faire du sport avec un ami. C’est vraiment un excellent moyen d’apprécier l’exercice : avoir de grandes conversations avec quelqu’un avec qui vous aimez passer du temps. Développer votre amitié tout en développant votre forme physique. Donc si je peux arriver à trouver un partenaire d’exercice, c’est le choix que je ferais en premier.

J’aime également beaucoup faire du sport et courir seul.

Voici à quoi je pense :

  • Idées : Ma meilleure source d’idées d’articles de blog vient des moments où je cours ou fais du sport. Le mouvement semble stimuler l’afflux de sang dans le cerveau, et m’éloigner des distractions de la technologie me permet de réfléchir et de penser seul. J’ai souvent tout un tas de supers idées d’articles pendant que je cours. (Astuce de pro : Emportez quelque chose pour enregistrer vos idées, que ce soit un notebook ou un smartphone. J’ai perdu de bonnes idées parce que je n’avais rien sur quoi les écrire. Mais j’ai trouvé une méthode pour me souvenir ; je relie chaque idée à une image, ainsi quand je rentre à la maison, j’ai une série d’images dans la tête, comme un canard en caoutchouc, un pinceau, une cloche, une pomme. Puis je décrypte ces images pour retrouver les idées dont je veux me souvenir.)
  • Certains problèmes qui m’ennuient : Si quelque chose me tourne dans la tête, c’est un bon signe que je devrais sérieusement prendre le temps d’y réfléchir. Pourquoi est-ce que cela m’ennuie tant ? Généralement c’est parce que je m’accroche à une attente/un idéal sur lequel je n’ai aucun contrôle, par exemple la façon dont je veux que les gens me voient. Alors je m’entraîne à laisser aller ces pensées.
  • Conscience du corps : L’exercice est un super moment pour s’entraîner à la pleine conscience. J’aime rester présent (quand je m’en souviens) dans mon corps, ressentir chaque partie de mon corps l’une après l’autre (pieds, mollets, cuisses, fesses, bas du dos, abdomen, etc.). Puis j’essaye d’étendre ma conscience à toutes ces parties en même temps.
  • Conscience des pensées : D’autres fois je m’entraîne à devenir un observateur de mon esprit. C’est un phénomène fascinant, nos pensées. M’entraîner à regarder mes pensées crée un espace entre pensée et réaction.
  • Un projet sur lequel je travaille : Si je travaille dur sur un projet, je vais lui faire de la place dans mon esprit pendant que je fais de l’exercice, pour me permettre d’avoir du recul par rapport à ce projet, voir ce qui est important, travailler sur un aspect difficile que j’avais laissé de côté.
  • Les problèmes des gens que j’aime : Si mes enfants, ma femme ou un ami proche ont un problème, je vais y réfléchir, et voir si j’ai un moyen de l’aider. Je vais essayer de ressentir de l’empathie, de comprendre ce qui pourrait bien se passer, et voir ce qui pourrait être utile en fonction de leur état d’esprit.
  • Réfléchir aux choses que j’ai apprises : Souvent je fais des sortes d’expériences dans ma vie, et l’exercice est un super moment pour penser à ce qui se passe, aux problèmes qui sont apparus, et à ce que j’ai appris jusqu’ici. Ces réflexions finissent souvent en articles de blog.
  • La nature autour de moi, et la route devant moi : J’aime sortir et m’immerger dans la beauté de la nature. Il est facile de manquer cela si vous êtes coincé dans votre tête, ou que vous écoutez de la musique ou des livres audio. J’aime courir sur des chemins, courir dans une ville pleine de platebandes en fleurs, explorer un nouvel endroit en courant, faire de l’exercice dans un parc. J’aime courir sous la pluie, ou quand le soleil tombe sur moi comme un liquide chaud, ou sentir le frisson du petit matin et penser que je suis un dur.
  • Les haltères : Soulever des poids est difficile, en particulier si vous faites des soulevés et des squats. Il est facile de vous perdre dans vos pensées quand vous faites de l’exercice, mais c’est une bonne façon de vous blesser avec les poids. Donc j’essaye d’être présent avec les haltères, de surveiller ma forme et de m’investir totalement dans le soulevé de cette lourde chose en allant à l’encontre de l’implacable gravité terrestre.
  • La nature de la réalité : Cela semble hautain et abstrait, mais parfois je réfléchis à l’ego et je me demande si c’est ou non une illusion, si nous sommes séparés ou si nous faisons tous partie d’un unique océan d’existence, pourquoi nous souffrons et si la mort est même une chose à craindre. C’est généralement à ce moment-là que je trébuche et que je me foule la cheville.
  • La chance que j’ai : Mieux que tout encore, je pense aux bonnes choses que j’ai dans ma vie, de ma famille et mes amis aux chers lecteurs comme vous tous, de la nourriture et du toit au-dessus de ma tête au travail que j’aime profondément, de Tolstoï, Fitzgerald et Cervantès à un corps qui me permet de me déplacer dans un monde si incroyablement stupéfiant que je ne peux pas croire la chance que j’ai d’être en vie.

Crédits photo : © diez-artwork – Fotolia

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a quoi penser quand on court ?

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5 commentaires on À quoi penser pendant que vous faites de l’exercice

  1. Amélie Delphine AKPLOGAN MASSESSI dit :

    Bonjour Olivier j’ai beaucoup apprécié le caractère simple et clair de la page C’est facile à retenir et à mettre en pratique Je la fais mienne dès l’instant Merci

    Amélie

  2. Philippe dit :

    Merci Olivier pour cet article. Toujours de très bonne qualité (article + traduction). Nous avons tendance à séparer le corps de l’esprit, et pourtant les deux sont reliés. Il en va de même pour nos résolutions de problèmes, notre créativité. Plutôt que d’insister à trouver une idée, une réponse à nos problèmes dans notre étroit bureau, une petite marche, un footing peut-être une bien meilleure solution. Cela nous aide à prendre du recul, à faire un apport de sang, d’oxygène au cerveau, à faire de l’exercice. Dans la série on sait ce qu’il faut faire et on ne le fait pas automatiquement, en voilà un de plus : l’exercice en pleine nature. Bonne journée. Philippe.

  3. Valérie dit :

    Super article.

    Je le vis comme ça aussi,l’activité physique est très porteuse au niveau créativité,réflexion et communication avec ses proches.
    Quel que soit l’état dans lequel nous sommes en partant dans la nature,nous nous sentons toujours mieux en revenant!

  4. Paul dit :

    Cet article comporte d’excellentes suggestions (qui sont de belles alternatives à l’utilisation ultra-classique de son lecteur MP3).

    J’ai bien aimé notamment le fait de donner en tout cas la préférence à une activité sportive accompagnée. Donc faire du sport avec un ami ou une autre personne proche, afin de renforcer les liens avec cette dernière.

    D’autres conseils que j’ai aimés (si on fait du sport en solo) : (1) laisser venir les idées (et trouver un moyen de les noter ou de s’en souvenir mentalement) ; (2) prendre conscience de ses pensées, de son corps et/ou de son environnement (notamment la belle nature environnante si on fait du sport dans un cadre naturel) ; (3) penser aux choses pour lesquelles on ressent de la gratitude.

    Je rajouterai qu’il est possible de visualiser ses objectifs pendant une activité physique.

    Malgré ces conseils tout à fait utiles, il est intéressant de souligner que l’on cherche toujours (moi y compris… ;)) à optimiser son temps : courir serait ainsi une utilisation « sous-optimale » de notre temps. Autant faire d’autres choses simultanément pour avoir la sensation d’avoir été super-productif.

    Je ne dis pas que c’est forcément une mauvaise chose d’avoir une activité mentale en même temps que de faire des exercices. Cela peut nous permettre de faire des choses importantes, qui nous tiennent à cœur, et que sinon on n’aurait peut-être pas le temps de réaliser.

    Mais si tel était le cas, plutôt que d’optimiser chaque seconde de notre vie, ne serait-ce alors pas mieux de déterminer ce qui est vraiment fondamental, et de supprimer de notre vie ce qui ne l’est pas ?

    Cela pourrait nous permettre d’avoir plus de temps pour les choses réellement importantes, sans avoir à « caser » ces dernières en parallèle d’autres activités (en l’occurrence sportives).

    Apprendre à ralentir et à prioriser peut donc être une bonne idée.

    Paul

  5. ghislain dit :

    Le sujet de cet article est très intéressant et révélateur.

    En fait il ne concerne pas que la pratique du sport, mais concerne beaucoup d’activités que nous faisons : nous marchons, nous attendons, nous conduisons, nous faisons la cuisine, …

    Pour ma part les pensées que j’ai durant ces moments sont un révélateur de mon état générale :
    – Si j’ai plein d’idées nouvelles, c’est que je suis en phase passionnées et que j’explore ! c’est bon signe
    – Si je pense : ne pas oublier ceci et cela, c’est que je suis débordé. Attention donc !
    etc …

    Dans tous les cas, j’essaie – et je progresse avec l’habitude – d’être dans ce que je fais.

    Donc pas de musique pour courir : j’écoute mon corps, je fais des expériences par exemple :
    je déroule un peu plus ma cheville, je pousse plus avec le bassin, je court en faisant le moins de bruit possible, j’écoute mon rythme, je décontracte mes épaules, ….
    Enfin plein de choses relatives à mon corps et à son mouvement.

    C’est fou tout ce qu’on peut écouter volontairement et qui se fait d’habitude sur le mode “commande automatique”.

    J’en ressort avec l’impression décuplée de bien être.
    La musique, c’est après lorsque je chante sous la douche !

    Ghislain

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