Note : cet article est une traduction de l’article How to Master the Art of Living de Léo Babauta. C’est donc lui qui s’exprime dans le “je” de cet article !

Art de vivreImaginez que vous ayez une délicieuse myrtille posée seule dans une assiette en face de vous. Vous la saisissez doucement, la placez sur votre langue, et commencez à en sentir le goût.

Vous connaissez déjà le goût d’une myrtille, et donc si celle-ci est un peu plus mûre que vous le voudriez, vous faites une grimace, vous êtes déçu, et vous l’avalez avec déplaisir.

Ou peut-être qu’elle a exactement le goût que vous espériez : rien de notable. Vous l’avalez, et passez au reste de votre journée.

Dans le premier cas, la myrtille était décevante parce qu’elle ne répondait pas à vos attentes. Dans le second, c’était ennuyeux parce cela répondait à vos attentes.

Maintenant, testez ceci : n’ayez aucune attente quant au goût qu’aura cette myrtille. Vous ne le savez pas parce vous n’avez pas encore essayé. Vous êtes curieux, ouvert à toute une variété de goûts.

Vous en sentez le goût, et vous y faites vraiment attention. Vous faites attention au goût acidulé, à la fermeté de la peau, à la douce mollesse du cœur, aux goûts complexes qui émergent pendant que vous la mangez. Vous ne saviez pas le goût que cela aurait, mais c’est génial ! C’est nouveau, parce que vous n’avez jamais goûté quoi que ce soit de similaire.

C’est ce qu’on appelle parfois l’Esprit du Débutant, mais je vois cela comme un esprit débarrassé de toute attente.

Ma myrtille, évidemment, peut être n’importe quoi dans la vie : n’importe quelle expérience, n’importe quelle personne que vous rencontrez, n’importe quelle tasse de thé, n’importe quelle tâche en face de vous, n’importe quelle interaction avec un proche, n’importe quelle pensée qui vous passe par la tête, n’importe quel moment de la journée.

Si vous abordez n’importe laquelle de ces choses avec des attentes, elles vont souvent vous décevoir ou vous frustrer, ou être fades, insipides, habituelles. Et vous passez à l’expérience décevante ou frustrante ou habituelle suivante, et ainsi de suite, de sorte que la vie n’est rien d’autre qu’une suite de choses que vous aimez à peine et remarquez à peine.

Si vous abordez chaque moment, chaque tâche, chaque personne sans attentes, et que vous voyez simplement ce moment ou cette personne comme ils sont, alors vous verrez réellement ce moment. Vous l’apprécierez vraiment. Faites en l’expérience comme si vous n’aviez rien expérimenté avant, parce que c’est le cas.

C’est cela l’Art de Vivre.

Les mondes qui s’ouvrent

Quand vous apprenez à aborder chaque personne, moment et tâche sans attentes, cela transforme tout. De nouveaux mondes s’ouvrent à vous.

Quelques exemples :

  • La procrastination : Disons que vous avez repoussé une tâche professionnelle imposante parce que vous craigniez de la faire. Peut-être que c’est un gros projet, et que vous avez cette sensation de surcharge. Cela fait beaucoup de travail ! Vous vous attendez à devoir travailler dur en n’étant peut-être pas bon pour ça, en vous attendant à échouer ou à avoir du mal. Mais vous débarrasser des attentes signifie que vous ne savez pas comment cette tâche va se passer ; vous y allez avec l’esprit ouvert. Vous testez et voyez comment cela se passe. Vous apprenez de cette expérience quelle que soit la façon dont cela se passe.
  • Les habitudes : Vous commencez une nouvelle habitude avec l’attente que cela sera incroyable, que cela changera votre vie, et que vous allez super bien vous débrouiller. Et quand c’est inévitablement plus difficile que vous le pensiez, et que vous y arrivez moins bien que prévu, vous êtes déçu, découragé, frustré. Donc vous perdez votre motivation, et vous abandonnez. Si à la place, vous vous débarrassez de votre fantasme quant à la façon dont cette habitude se déroulera, et que vous restez simplement ouvert à ce qui arrive, vous pouvez simplement faire cette habitude. Soyez simplement dans l’instant, avec cette habitude. Puis, quelle que soit la façon dont cela se passe, vous apprendrez quelque chose.
  • Une personne frustrée : Ce type au bureau vous frustre parce qu’il ne travaille pas comme il le devrait, ou peut-être parce qu’il est sans gêne d’une façon ou d’une autre. Votre frustration vient d’une attente quant à la façon dont cette personne devrait agir. Elle n’agit pas en adéquation avec cet idéal, et donc vous souffrez. À la place, vous pouvez mettre de côté cette attente que les gens agissent selon vos idéaux, et simplement être ouvert à eux. Ils vont se comporter de façon imparfaite, tout comme vous. Accepter la personne comme elle est ne signifie pas que vous ne faites rien ; vous pouvez laisser aller cette frustration, et voir les difficultés de cette personne, et voir cela comme une opportunité d’enseigner et une opportunité de les aider, sans attente qu’ils aimeront votre leçon ou la suivront, mais simplement avec l’intention d’aider quelqu’un.
  • Les enfants qui se comportent mal : Quand vos enfants se comportent mal, c’est le même problème ; ils n’agissent pas en adéquation avec votre idéal. Mais évidemment qu’ils ne le font pas ! Aucun enfant ne se comporte parfaitement, tout comme aucun adulte ne se comporte idéalement. Vous comportez-vous idéalement ? Ce n’est certainement pas mon cas. Je suis rude quand je suis de mauvaise humeur ou fatigué. Je ne suis pas fier de ça, mais je lutte pour faire parfois preuve de considération ou être plaisant. Tout le monde le fait. Vos enfants luttent, et vous pouvez faire preuve de compassion et les aider. Gentiment. Cela dit, si vous pouvez vous débarrasser de vos attentes au sujet du comportement parfait de vos enfants, et accepter qu’ils soient de belles personnes qui luttent et qui veulent juste être heureux, tout comme vous.
  • Votre corps : Vous n’êtes pas heureux avec votre corps, parce qu’il n’est pas parfait. Cela ne répond pas à votre idéal, à votre attente, et donc vous n’aimez pas ça. Ce n’est pas bon, parce que ce mécontentement personnel signifie que vous avez moins de chances de faire les choses sainement. Souvent nous pensons que l’insatisfaction personnelle nous motive à changer, mais d’après mon expérience, ce mécontentement signifie que vous n’avez pas vraiment confiance en votre capacité à vous tenir à vos changements, et donc vous trouvez des excuses quand les choses se corsent, et vous abandonnez. J’ai beaucoup fait cela, Quand je suis content de moi, j’ai confiance en moi, et je peux davantage me tenir à mes engagements. Donc débarrassez-vous des attentes d’un corps parfait, et voyez simplement votre corps comme il est, comme la belle chose qu’il est, indépendamment des idéaux de perfection de cette société. Vous êtes super !
  • Chaque instant : En entrant dans chaque nouvel instant, nous attendons des choses. Nous voulons que ce soit amusant, productif, selon notre plan. Et bien sûr, chaque instant a son propre plan, et se déroulera à sa façon. Donc nous ne sommes pas heureux. À la place, nous pouvons balancer les attentes et simplement voir le moment comme il est. Faites-en simplement l’expérience, remarquez, appréciez, soyez reconnaissant. C’est cela, de maîtriser.

Ce n’est que le début. Nous pouvons apprendre que les plans, les objectifs, les idéaux, tout cela n’est que fantasmes de ce que nous aimerions que soit la vie, et ils ne sont pas réels. Nous pouvons apprendre à nous débarrasser de ces fantasmes qui arriveront inévitablement, et simplement faire l’expérience de la vie comme elle est, comme elle arrive.

C’est cela, l’Art de Vivre.

Comment maîtriser cet Art

Maîtriser l’Art de Vivre n’est pas aussi facile que vous vous y attendez, que vous le fantasmez. Cela demande de la pratique. Cela implique d’apprendre à être conscient des moments où vous avez ces idéaux, ces attentes, ces fantasmes. Cela implique d’apprendre à voir les frustrations, la colère, la tristesse, la solitude, les irritations, comme des signes des attentes que vous avez et que vous ne remarquiez pas.

Cela implique de s’entraîner à cela, puis de s’entraîner à les laisser aller.

Cela implique de pratiquer beaucoup, et de beaucoup se souvenir de pratiquer.

Mais c’est la partie amusante. Vous balancez l’attente selon laquelle vous serez parfait dans cette pratique, et vous essayez, simplement. Vous apprenez en le faisant. Vous vous améliorez. Vous apprenez encore. Et chaque instant, en cours de route, est un miracle à apprécier et à aimer, ce qui fait du processus de maîtrise une succession de moments miraculeux.

C’est une chose magnifique.

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Comment maitriser un art?

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Un commentaire on Comment maîtriser l’art de vivre

  1. Betty dit :

    Bonjour,
    Olivier, j’aime bien cet article. Et merci.
    J’ai pratiqué le yoga, il y a quelques temps, où le professeur nous apprend à profiter du moment présent. Mais en fait, c’est vrai, l’on peut profiter de ce moment que si l’on ne sait pas comment il va être. Et du coups, cela peut nous amener peut-être à faire plus de chose dans la vie, pour ne pas avoir peur par exemple de vivre ce moment. Moi, qui suit une grande angoissée, je mets un frein à tout parce que justement, j’ai peur de faire les choses. Mais les faire sans y penser d’avance, il faudrait que j’essaye. Mais ce n’est pas si facile que cela puisse je pense tout le temps. Je sais qu’il faut que j’arrête de penser, ce n’est pas facile. J’espère que vous aurez compris ce que j’essaye de dire. Cela fait depuis l’enfance que je suis comme cela, je voudrais bien vivre ma vie normalement, sans peur.Bonne soirée. Betty

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