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Note : cet article est une traduction de l’article The Girl Who Saw Through the Illusions de Léo Babauta. C’est donc lui qui s’exprime dans le “je” de cet article !

DécouverteLa fille travaillait quand un de ses collègues a dit quelque chose d’humiliant à propos de son travail, et elle s’est immédiatement mise en colère,a adopté une attitude défensive et a pensé toute la journée à quel point son collègue avait tort et comment elle pourrait le lui prouver.

De retour chez elle, son petit-ami avait laissé la vaisselle sale dans l’évier, la poubelle débordait et elle se sentit irritée par son manque de considération. Elle pensa à quel point il avait tort ; pourquoi ne pouvait-il simplement pas faire ces petites choses et lui montrer un peu plus de considération ?

Pendant qu’elle bouillonnait de colère vis-à-vis de ces deux personnes qui l’avaient offensée, elle se demanda ce qui se passait. Pourquoi devait-elle être si frustrée, en colère, irritée par ces petits commentaires et ces petites actions ?

Le lendemain, elle est allée au travail, et elle a remarqué que les autres gens étaient aussi frustrés, stressés et en colère à différents moment de la journée. Elle l’a vue sur le visage d’inconnus dans la rue, puis dans les plaintes de ses amis quand ils sont sortis manger un truc après le travail.

Qu’est-ce qui se passait ?

Puis elle a commencé à voir quelque chose d’étrange.

Voici ce qu’elle a vu : chaque personne avait un trésor à protéger. Un joyau magnifique que personne ne pouvait voir mais qu’ils trouvaient précieux et qu’ils avaient besoin de garder. Un joyau intérieur.

Quand une personne interagit avec une autre, même si les actions ou les interactions n’ont rien à voir avec ce joyau intérieur, chaque personne est inquiète que l’autre essaye de s’attaquer à son joyau intérieur. Leur unique but était de garder ce joyau, de le protéger des attaques, de s’assurer qu’il était en sécurité.

La fille réalisa que les joyaux n’existaient pas vraiment. Elle réalisa que nous les imaginions simplement comme étant réels, et que nous ne réalisions pas que nous le faisions.

Elle réalisa que tout cela n’était qu’une illusion.

Et que cela nous rendait malheureux.

Donc ce jour-là, elle a arrêté d’essayer de protéger un joyau imaginaire. Elle a arrêté d’essayer d’avoir raison, d’être vue comme quelqu’un de doué, de compétent, d’intelligent et de parfait, pour se voir comme une bonne personne tout le temps. Elle a arrêté de penser que les mots et les actions des autres avaient quoi que ce soit à voir ce qu’elle s’imaginait être. Elle a arrêté d’essayer de protéger sa position et l’image qu’elle avait d’elle.

Et, en se débarrassant doucement de ces illusions, elle est devenue plus heureuse. Elle pouvait sourire quand les autres commençaient à protéger leur joyau imaginaire, et elle réalisait que leur frustration ou leur méchanceté n’avaient rien à voir avec elle, mais concernaient le joyau qu’ils protégeaient. Elle traversait sa journée, appréciait qui elle était, et essayait de faire de ce monde un meilleur endroit.

Crédits photo : © Mopic – Fotolia

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5 commentaires on La fille qui vit au travers des illusions

  1. Mick dit :

    Bonjour Olivier.

    Merci pour cet article inspirateur.

    Bon week-end.

    Salutations

  2. Gina dit :

    Merci pour cet article inspirant qui nous ouvre les yeux…

  3. NORA dit :

    bonsoir OLIVIER,c’est amusant mais j’ai juste compris pourquoi je suis tout le temps insatisfaite et mécontente pensant que les autres me froissaient, c’est un article très explicite.MERCI

  4. ça me fait penser au conte africain, “L’arbre aux trésors”, qui part de la même idée, mais avec un traitement complètement inverse.
    C’est un conte relaté par Henri Gougeaud dans “Conte africain”, l’arbre aux trésors.

    L’arbre aux trésors
    Un jour de grande chaleur, un lièvre fit halte dans l’ombre d’un baobab, s’assit sur son train et contemplant au loin la brousse bruissante sous le vent brûlant, il se sentit infiniment bien. ” Baobab, pensa-t-il, comme ton ombre est fraîche et légère dans le brasier de midi ! ” Il leva le museau vers les branches puissantes. Les feuilles se mirent à frissonner d’aise, heureuses des pensées amicales qui montaient vers elles. Le lièvre rit, les voyant contentes. Il resta un moment béat, puis clignant de l’oeil et claquant de la langue, pris de malice joyeuse : ” Certes ton ombre est bonne, dit-il. Assurément meilleure que ton fruit. Je ne veux pas médire, mais celui qui me pend au-dessus de la tête m’a tout l’air d’une outre d’eau tiède. Le baobab, dépité d’entendre ainsi douter de ses saveurs, après le compliment qui lui avait ouvert l’âme, se piqua au jeu. Il laissa tomber son fruit dans une touffe d’herbe. Le lièvre le flaira, le goûta, le trouva délicieux. Alors il le dévora, s’en pourlécha le museau, hocha la tête. Le grand arbre, impatient d’entendre son verdict, se retint de respirer. ” Ton fruit est bon, admit le lièvre. ” Puis il sourit, repris par son allégresse taquine, et dit encore : ” Assurément, il est meilleur que ton coeur. Pardonne ma franchise : ce coeur qui bat en toi me paraît plus dur qu’une pierre “. Le baobab, entendant ces paroles, se sentit envahi par une émotion qu’il n’avait jamais connue. Offrir à ce petit être ses beautés les plus secrètes, Dieu du ciel, il le désirait, mais, tout à coup, quelle peur il avait de les dévoiler au grand jour ! Lentement, il entrouvrit son écorce. Alors apparurent des perles en colliers, des pagnes brodés, des sandales fines, des bijoux d’or. Toutes ces merveilles qui emplissaient le coeur du baobab se déversèrent à profusion devant le lièvre dont le museau frémit et les yeux s’éblouirent. ” Merci, merci, tu es le meilleur et le plus bel arbre du monde, ” dit-il, riant comme un enfant comblé et ramassant fiévreusement le magnifique trésor.

    Il s’en revint chez lui, l’échine lourde de tous ces biens. Sa femme l’accueillit avec une joie bondissante. Elle déchargea à la hâte de son beau fardeau, revêtit pagnes et sandales, orna son cou de bijoux et sortit dans la brousse, impatiente de s’y faire admirer de ses compagnes.

    Elle rencontra une hyène. Cette charognarde, éblouie par les enviables richesses qui lui venaient devant, s’en fut aussitôt à la tanière du lièvre et lui demanda où il avait trouvé ces ornements superbes dont son épouse était vêtue. L’autre lui conta ce qu’il avait dit et fait, à l’ombre du baobab. La hyène y courut, les yeux allumés, avides des mêmes biens. Elle y joua le même jeu. Le baobab que la joie du lièvre avait grandement réjouie, à nouveau se plut à donner sa fraîcheur, puis la musique de son feuillage, puis la saveur de son fruit, enfin la beauté de son coeur.

    Mais, quand l’écorce se fendit, la hyène se jeta sur les merveilles comme sur une proie, et fouillant des griffes et des crocs les profondeurs du grand arbre pour en arracher plus encore, elle se mit à gronder : ” Et, dans tes entrailles, qu’y a-t-il ? Je veux aussi dévorer tes entrailles ! Je veux tout de toi, jusqu’à tes racines ! Je veux tout, entends-tu ? ” Le baobab, blessé, déchiré, pris d’effroi, aussitôt se referma sur ses trésors et la hyène insatisfaite et rageuse s’en retourna bredouille vers la forêt. Depuis ce jour, elle cherche désespérément d’illusoires jouissances dans les bêtes mortes qu’elle rencontre, sans jamais entendre la brise simple qui apaise l’esprit. Quant au baobab, il n’ouvre plus son coeur à personne. Il a peur. Il faut le comprendre : le mal qui lui fut fait est invisible, mais inguérissable.

    En vérité, le coeur des hommes est semblable à celui de cet arbre prodigieux : empli de richesses et de bienfaits. Pourquoi s’ouvre-t-il si petitement quand il s’ouvre ? De quelle hyène se souvient-il ?
    (Conte africain, Henri Gougaud, L’arbre aux trésors, Ed. du Seuil)

    • louisseiffer dit :

      Bonjour,
      le conte africain est simplement magnifique!
      Beaucoup plus proche de la “réalité” pensé-je que l’illusion de croire que la naïveté améliore le quotidien.
      S’il est indéniable que trop se focaliser sur soi est prétentieux,
      lâcher prise de la manière la plus totale est complètement inconscient, à moins de vivre en ermite… Le baobab le confirmera certainement…

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