Note : cet article est une traduction de l’article Flavorless: My Month of Food Boringness de Léo Babauta. C’est donc lui qui s’exprime dans le “je” de cet article !

Lassitude alimentairePour le mois à venir, j’ai décidé de faire passer mon défi de cette Année à Vivre Sans à un nouveau niveau : je vais faire sans récompense alimentaire.

Fondamentalement, je vais manger les mêmes aliments insipides encore et encore, sans aucune variété.

Cela signifie que je vais manger les trois mêmes plats non-assaisonnés tous les jours, et que cela sera incroyablement sans goût et répétitif. Pas de sel, de graisses ajoutées, de friture, d’épices, ou de mélanges d’aliments.

Pas d’amusement alimentaire ce mois-ci. Je sais, la plupart des gens vont penser que je suis fou après avoir lu cela.

Les règles :

  1. Globalement je ne peux manger que trois choses : du seitan bouilli sans épices (pensez à du poulet ou à du bœuf cuit dans l’eau, sans huile ou sel ou épices), ou des légumes vapeur ou crus. Je vais manger chacun de ces aliments séparément, pas ensemble (donc un plat avec juste des pommes de terre, puis plus tard juste les brocolis dans un autre plat, et finalement juste le seitan). Tous les jours, toute la journée.
  2. Je vais également boire de l’huile d’olive séparément (cul-sec, toute seule) pour avoir des matières grasses dans mon alimentation.
  3. Je vais prendre du café noir et du thé sans sucre. Ma seule exception sera du vin rouge le soir.
  4. Je vais prendre de la poudre de protéines de plantes sans goût. Ce n’est pas nécessairement pour le défi ou pour la vie, mais j’essaye d’atteindre certaines cibles générales (protéines, glucides, graisses) dans le plan d’alimentation que je suis, et j’ai besoin de protéines dans ce plan.
  5. Je vais m’autoriser une exception par semaine, ainsi je peux socialiser avec ma famille (nous avons des fêtes d’anniversaire de prévues), mais je dois choisir cette exception au moins 2 jours à l’avance. Pas de tricheries sur un coup de tête.

Pourquoi je fais cette folle expérience 

Si vous vous souvenez, l’Année à Vivre Sans n’a pas pour sujet le sacrifice ou le fait de voir jusqu’où je peux m’engager… mais plutôt d’explorer le laisser aller, et la résistance que je ressens quand je laisse aller.

Ces dernières années, j’ai lu et réfléchi sur le sujet des récompenses alimentaires. L’idée de base est qu’un système dans notre cerveau/corps répond à des aliments perçus comme de grandes récompenses et surpasse nos inclinations naturelles à arrêter de manger quand nous n’avons plus faim ou quand nous avons atteint le nombre suffisant de calories pour maintenir le bon niveau de graisse corporelle.

Qu’est-ce qu’une récompense alimentaire ? Les choses qui rendent la nourriture plus appréciable (ou lui donnent meilleur goût), comme le fait de sucrer, de saler, de frire, comme les bonnes odeurs, la jolie présentation ou les couleurs, les textures plaisantes, la variété, etc. Fondamentalement tout ce qui vous fait aimer la nourriture.

Le truc incroyable est que quand vous commencez à analyser votre alimentation, vous finissez par trouver qu’elle est pleine de récompenses alimentaires. Ce qui n’est pas une mauvaise chose en soi, mais si vous essayez de perdre du poids, il est bon d’être conscient de la façon dont ce système de récompenses alimentaires vous compliquera cette perte de poids.

Vouloir manger des aliments-récompenses est une chose tellement enracinée dans notre culture que la supprimer paraît dingue. Imaginez ne rien manger d’autre que des patates bouillies, sans sel, sans assaisonnement, sans graisse… pendant tout un mois. Ou tout un an. Cela paraîtrait complètement dingue pour la plupart des gens que je connais. Et pourtant, des gens l’ont fait (lien en anglais) et ont perdu du poids (pas recommandé sur le long terme).

De toute façon, je ne fais pas ça pour perdre du poids. Je ne fais pas ça parce que je pense que c’est incroyablement sain (sur le long terme, la variété est une bonne chose). Je ne fais pas ça parce que je suis fou. Je fais ce défi de « zéro aliment-récompense » pour voir à quoi cela ressemble de se débarrasser d’une chose si importante pour nous. Pour tester ma résistance à m’en débarrasser.

Je viens de commencer, mais je peux déjà dire que c’est une chose tellement ancrée dans mon esprit que m’en débarrasser sera un vrai défi.

J’adore les défis.

Mars et avril : Sans alcool, puis Sans achats

En mars, j’ai fais sans alcool, ce que je m’imaginais se passer sans encombres étant donné que je l’avais fait pendant plus d’un mois à l’automne dernier. Mais cela a été bien plus difficile que je ne m’y attendais, pendant la première semaine. J’avais très envie d’un verre de vin le soir, à l’heure à laquelle Eva et moi prenons généralement un verre ou deux. Cela ne m’a pas aidé de voir Eva boire son verre de vin et de sentir ma bouche saliver.

Mais au bout d’une semaine, les envies ont diminué. Je suis allé à une fête de famille où tout le monde buvait, et je n’ai pris que de l’eau. Et des fruits. Cela ne m’a pas posé de problème.

Le moment le plus difficile, en-dehors de la première semaine, fut quand je suis resté seul pendant une semaine, et qu’Eva et les enfants étaient chez ses parents. Tous les soirs, j’avais envie de vin. J’ai craqué un soir et j’ai pris un verre, mais il n’était pas aussi bon que je l’imaginais.

Début avril, j’ai repris du vin, mais il n’avait plus aussi bon goût. Je le faisais plutôt comme rituel du soir avec Eva que par goût. J’en bois encore aujourd’hui et j’y ai repris goût.

En avril, j’ai abandonné le fait d’acheter de nouvelles choses (en-dehors des courses). C’était très facile, étant donné que je me soucie peu d’acheter des choses la plupart du temps… Cependant, il y a eu quelques fois où j’ai failli déraper :

  • Je voulais un couteau de poche, et je suis allé en ligne pour en acheter un. Je l’ai quasiment commandé avant de réaliser que je ne devais rien acheter ce mois-ci.
  • Quelques autres fois, je suis allé sur le site d’Amazon pour acheter un petit truc, et là encore je l’ai quasiment commandé sans y penser.
  • Je voulais vraiment acheter des cadeaux pour des amis et de la famille pour mon anniversaire, pour continuer la tradition que j’avais commencée l’année dernière, d’acheter des cadeaux aux gens pour mon anniversaire. Mais je ne le pouvais pas. J’ai pensé à leur fabriquer des cadeaux, mais j’ai été tellement pris dans l’écriture de mon dernier e-book que je n’ai pas eu le temps ni l’énergie de fabriquer quoi que ce soit.

Rétrospectivement, je pense que le défi sans achat du mois d’avril a été bon pour moi. Même si je n’achète pas beaucoup de choses, j’ai mis en lumière mon habitude de commander de petites choses sans y penser. Il est bon d’être conscient de ce genre d’envies, et peut-être y mettre un frein pour que l’achat devienne moins inconscient.

Crédits photo : © iko – Fotolia

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5 commentaires on Sans goût : Mon mois de lassitude alimentaire

  1. Merci pour cette traduction !

    Maintenant que le soylenth est disponible, plus d’une personne on fait ce type d’expérience. Cela me tente aussi beaucoup. On doit en apprendre beaucoup sur soi.

    Merci encore !

  2. florence dit :

    Bonjour,

    C’est un sacré défi!

    Moi je peine pour l’instant à avoir une alimentation
    saine. Car j’ai souvent besoin de manger des choses
    que j’aime. Si je m’en passe une semaine, j’ai encore
    plus envie de faire ce repas que j’aime rapidement.

    Je suis déjà habitué à ne pas trop épicé mes plats.
    Mais ne pas mettre de graisse ou séparer les aliments
    c’est encore entre chose. Mais c’est un défi réalisable
    tant qu’il tient en bonne santé :).

    Comment ne pas succomber à certaines tentations ?

    Parce-que justement le principe de récompense alimentaire
    est tellement bien ancré.

    En tout cas merci pour cette article, ça va m’encourager
    à continuer cette lutte vers mes objectifs pour une
    alimentation plus saine qui ne m’est pas facile à
    atteindre manquant d’idées à ce sujet.
    Cela me permet aussi de mieux comprendre certaines résistances
    et surement pouvoir mieux agir.

  3. Chantal P dit :

    Défi intéressant mais qui doit être pris effectivement, quelque que soit le défi, en conscience qu’il s’agit là de se rendre compte de notre dépendance à quelque chose et pour le lâcher prise. Dans ce cas, c’est très formateur.
    Mais attention, à prendre avec beaucoup de prudence, pour tous ceux qui n’auraient pas cette clarté d’esprit car selon l’attitude de chacun à relever un défi, le résultat peut être à l’opposé du but recherché.

  4. Laure dit :

    Bonjour. Je trouve l’idée très bonne mais à mon avis elle pourrait être plus saine et donc vécue aussi comme une bonne détox si :
    – on remplaçait le seitan (produit transformé à base de gluten qui encrasse l’organisme) par un aliment plus sain (tempeh, riz, légumes assez consistants pour tenir, banane…)
    – pas de café, seulement de l’eau et du thé vert/blanc/tisanne
    – les protéines en poudre, je ne suis pas fan mais ok si il n’y a strictement aucune cochonnerie dedans…
    Bonne expérimentation 🙂

  5. Gil. dit :

    C’est passionnant de lire quelqu’un accro aux défis ! Celui-ci est vraiment cool, même s’il à l’air assez difficile (psychologiquement parlant !) à mettre en place.

    A mon avis le corps est une machine d’adaptation, et au bout d’une ou 2 semaines, il semble possible que le corps s’accoutume plutôt bien de se nouveau régime alimentaire.

    J’ai adoré le passage : “Je voulais un couteau de poche, et je suis allé en ligne pour en acheter un. Je l’ai quasiment commandé avant de réaliser que je ne devais rien acheter ce mois-ci” => vive les automatismes !!!! :p

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