Note : cet article est une traduction de l’article A Guide to Changing Self-Destructive Behaviors de Léo Babauta. C’est donc lui qui s’exprime dans le “je” de cet article !

AutosabotageJ’ai une lectrice qui veut faire des changements positifs dans sa vie, mais qui ne semble pas parvenir à mettre fin à certains comportements.

Elle écrit :

« Je suis consciemment mise au défi d’être plus consciente quand j’achète à manger. Qu’est-ce qu’il faut faire quand vous faites des choses qui sont autodestructrices et pas bonnes, et que vous continuez à les faire ? Y a-t-il une chance de changer cela ? »

C’est vraiment une question excellente, parce que je pense que nous pouvons tous nous y identifier, non ? Qui parmi nous n’a pas un comportement autodestructeur de temps à autre, sinon régulièrement ? Je sais que j’ai vécu la plupart de ma vie en faisant des choses que je souhaite ne pas avoir faites, et ce n’est que ces 8 ou 9 dernières années que j’ai (lentement) pu changer ces comportements.

Alors pouvez-vous changer des comportements autodestructeurs ? Pouvez-vous arrêter de faire des choses que vous ne semblez pas pouvoir arrêter ?

Je peux dire oui sans équivoque, ces comportements peuvent être changés. J’en suis la preuve vivante.

J’ai arrêté de fumer, j’ai complètement changé mes habitudes alimentaires pour passer de la malbouffe à une alimentation beaucoup plus saine, je suis passé de sédentaire à actif, je me suis désendetté, je me suis débarrassé du désordre, et ce ne sont que quelques-uns des changements que j’ai faits. Ces comportements sont tous passés de destructeurs à positifs.

Et croyez-moi, je ne suis pas un surhomme. Je pourrais avoir l’air discipliné et maître de l’autodiscipline vu de l’extérieur, mais à l’intérieur je me suis toujours senti indiscipliné, procrastinateur, avec un clair manque de self-control. Je n’ai jamais pensé pouvoir faire de changements, mais cela a été le cas.

Qu’est-ce qui a fonctionné ? Voici le tuyau : un court guide pour changer ces comportements quand vous avez des problèmes.

  1. Ressentez la douleur. Nous n’avons pas tendance à faire de changements tant que nous ne sommes pas motivés à le faire. Parfois, voir les autres faire des changements nous inspire. Mais parfois nous avons simplement besoin d’être dans un endroit pénible que nous préfèrerions éviter. Alors, quand vous êtes dans cet endroit pénible, laissez-vous ressentir la douleur, et demandez-vous s’il est temps de changer. Vous mangez plus que vous ne le voudriez ? Eh bien, quel type de douleur cela vous cause-t-il ? Que voulez-vous y faire ? Sortez de ce lieu de douleur.
  2. Tournez-vous vers le problème. Un des plus grands problèmes quand on fait des changements dans sa vie est que nous avons tendance à éviter de penser au problème. Cela devient de pire en pire, et pourtant nous nous distrayons, parce que regarder le problème peut être effrayant et pénible. Mais cela ne fait qu’aggraver le problème. Si vous voulez sortir du cycle, vous devez vous laisser y penser. Regardez le problème. Reconnaissez-le. Acceptez que c’est la façon dont sont les choses, en comprenant que cela peut changer, si vous le reconnaissez.
  3. Choisissez un petit changement clair. Une fois que vous êtes prêt à commencer à faire des changements, choisissez-en simplement un. Si vous voulez changer votre alimentation, vous ne pouvez pas tout changer d’un coup. Ce n’est pas réaliste. Donc choisissez un changement, et soyez précis : mangez un fruit au déjeuner chaque jour. Buvez du thé vert sans sucre au lieu de cette grande gorgée de soda que vous prenez l’après-midi. Buvez du café sans sucre avec une cuillère de crème au lieu du grand latte de chez Starbucks avec supplément de chantilly. Et ainsi de suite. Un changement à la fois, lentement.
  4. Engagez-vous fortement. Même si vous voulez que votre changement soit petit, vous voulez que votre engagement soit énorme. C’est ce qui vous fait avancer quand vous n’avez pas envie de vous y tenir. Comment pouvez-vous prendre un engagement fort ? Annoncez à une centaine de personnes, ou à un millier, que vous allez le faire, et demandez-leur de vous tenir responsable. Rejoignez un groupe de parole. Engagez-vous publiquement à avoir un gage si vous échouez. Faites-le publiquement pour quelqu’un d’autre, ou un groupe de charité, comme cela vous avez des gens que vous ne voudrez pas laisser tomber. Faites une promesse à quelqu’un que vous aimez. Pariez une grosse somme d’argent avec vos amis. Faites tapis.
  5. Apprenez à croire que vous le pouvez. Au début, vous douterez probablement du fait que vous pourrez tenir ce changement. Ce n’est pas grave ; commencez quand même. Tenez-vous-y pour une petite étape (buvez un verre d’eau, mangez un fruit), et voyez que vous pouvez le faire. Puis tenez-vous-y pour une autre petite étape. Chaque fois que vous le faites, servez-vous-en comme preuve que vous en êtes capable.
  6. Servez-vous de l’échec pour apprendre. Même si faire l’habitude est une preuve que vous pouvez le faire, l’échec ne devrait pas être une preuve que vous ne le pouvez pas. Servez-vous-en comme d’une opportunité d’apprendre : apprenez à propos de la façon dont vous travaillez le mieux, de la façon dont vos habitudes fonctionnent, à propos de votre dialogue intérieur négatif (voir point suivant) et de vos envies. Apprenez à propos des obstacles, qui sont inévitables, et de la façon de les contourner. Chaque fois que vous vous plantez, c’est une incroyable opportunité de devenir meilleur, d’améliorer votre méthode. L’échec n’est pas une mauvaise chose ; c’est un ensemble de nouvelles informations pour améliorer votre méthode de développement d’habitudes.
  7. Ne croyez pas votre dialogue intérieur négatif. Votre esprit sera traversé par la pensée que vous n’êtes pas capable de le faire, ou que vous avez envie d’arrêter. N’écoutez pas ce dialogue intérieur. Voyez-le, reconnaissez-le, mais ne suivez pas ses commandements, ne croyez pas ce qu’il dit. Cela apparaît simplement parce que votre esprit essaye de s’échapper d’un dur travail. Esprit paresseux, esprit menteur. À la place, trouvez de meilleurs contre-arguments : « Esprit : Tu ne peux pas faire ça. » « Vous : En fait, je le peux, et je fais le faire. D’autres personnes ont fait cela, et je le peux aussi. Et je ne le saurai réellement qu’en essayant. »
  8. Trouvez du soutien. Demandez à votre chéri(e) ou à un bon ami, ou à de la famille ou sur internet, de vous soutenir. Demandez-leur de vous surveiller et de ne pas vous laisser échouer. Si vous n’avez personne autour de vous qui vous soutient, trouvez un groupe en ligne.
  9. Créez le bon feedback positif et négatif. Quand vous cédez à la malbouffe, cela a un retour positif (c’est bon), et il y a un feedback négatif à ne pas la manger (le manque, la faim, et l’espoir de pouvoir en manger). C’est le mauvais cycle de feedback pour le changement que vous voulez faire. À la place, créez un nouveau cycle de feedback qui soutient votre changement. Plus d’infos sur ce point ci-dessous.

Créer le bon environnement

Quand vous rassemblez toutes les étapes ci-dessus, le truc est d’avoir le bon environnement. Voyez cela comme une pente savonneuse ; en ce moment, la pente est savonnée vers votre comportement autodestructeur, donc même si vous luttez contre, vous aurez des chances de perpétrer ce comportement.

Vous pouvez consciemment changer cette pente. Créez votre propre pente savonneuse, pour qu’elle soit conçue pour vous emmener dans la direction que vous voulez.

Par exemple, si vous essayez de changer la façon dont vous mangez, débarrassez-vous de toute la malbouffe qu’il y a chez vous, pour qu’il soit difficile de trouver des aliments malsains. Dites aux gens chez vous de ne pas vous laisser aller à l’épicerie ou au fast-food pour mal y manger. À la place, gardez des trucs sains autour de vous pour les moments où vous avez faim. Ayez des responsabilités et des gages, comme cela vous ne voudrez pas vous mettre dans l’embarras en vous plantant (feedback négatif) et vous voudrez avoir l’air bon en vous débrouillant bien (retour positif). N’allez pas retrouver des gens dans des endroits où la nourriture est mauvaise pour la santé ; c’est comme aller au bar quand vous êtes alcoolique. Accordez-vous des récompenses, un massage par exemple, si vous tenez votre habitude pendant une semaine ou deux.

Ce ne sont que des exemples, évidemment. Vous voudrez créer votre propre environnement d’après ce qui fonctionne pour vous. C’est une chose que vous pouvez ajuster avec le temps, c’est pourquoi l’échec est un si bon outil d’apprentissage : vous pouvez voir où votre environnement a besoin d’être changé. Si vous restez sur votre ordinateur au lieu de faire du sport, débranchez l’ordinateur et donnez le câble à un ami pour qu’il le garde pendant que vous faites du sport. Et ainsi de suite, en faisant des ajustements chaque fois que vous échouez jusqu’à ce que votre environnement soit façonné de telle sorte que vous finissiez par réussir.

S’il y a le moindre message à garder de ce guide, c’est que le changement est possible. Même si vous pensez que vous ne pouvez pas le faire, vous avez tort. Vous le pouvez. Vous avez simplement besoin de faire une action, d’initier un mouvement, de changer votre environnement, et de savonner la pente.

Crédits photo : © aleutie – Fotolia

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7 commentaires on Un guide pour changer les comportements autodestructeurs

  1. Chantal P dit :

    Bel article et oui, je confirme aussi d’après mes expériences personnelles et l’accompagnement fait auprès d’une clientèle depuis plus de trente ans que le changement est possible ! Etre accompagné(e) pour le faire permet de garder le cap sur son objectif final. Laissez passer ces dialogues intérieurs mais en répondant à celui que je nomme « notre majordome » ou monsieur mental, que c’est nous désormais qui tenons les rênes est une très bonne technique.

  2. yasmina dit :

    Bonjour Olivier,
    En effet, tout est possible à celui qui croit,

  3. Bonne technique à employer !

    Ce qui est intéressant c’est aussi de prendre conscience du ton de la voix dans notre esprit quand nous pensons, comme Olivier l’a déjà partagé en vidéo. Faire en sorte qu’elle soit convaincue, expressive, et pleine d’énergie, ça peut changer notre vision des choses !

  4. Ludovic dit :

    Bonsoir,

    Chaque petit changement est une victoire et peut amener à de plus grands changements. Par exemple, dans mon cas, je me suis lancé un défi il y a deux semaines : réaliser un changement par jour pendant 6 mois. J’ai créé un blog pour relater l’expérience de ce défi. Et aujourd’hui, j’ai arrêté de fumer depuis 3 jours alors que je ne croyais plus cela possible. Un acte auto destructeur de moins.
    Bien sûr c’est en cours et cela demande à être consolidé !!

    • Super défi, Ludovic ! Le principe d’un changement par jour c’est ambitieux, inspirant, et ça donne très envie de voir comment tu t’en sors. 🙂

  5. Roger dit :

    Bonjour Olivier,
    bel article que je valide dans son entièreté.
    Ce que moi j’aimerais juste ajouter c’est tout simplement que dans la vie, on ne peut pas se passer des mauvais comportements.Cela fait partir de notre vie et c’est ce qui nous pousse à prendre conscience de l’impact que ce comportement a sur la nature et sur notre entourage immédiat. Le plus important c’est d’être conscient que, ce que nous sommes en train de faire n’est pas bon pour nous encore moins pour notre entourage.Alors envisager une solution de sortie, c’est très bien et c’est en cela que je valide les solutions que l’auteur a apporté.Pour ma part je crois que ce qui importe si vous voulez couper court avec les habitudes destructrices, c’est de s’engager et ceci avec une volonté déterminée sur ce qui est bon. Et non sur ce que vous ne voulez plus faire.Parce que, si vous vous concentrez sur le mauvais comportement et vous vous dites que vous voulez lutter contre cela, croyez-moi, vous n’allez pas y arriver.La nature s’arrangera toujours pour vous prouver le contraire en vous mettant à chaque fois à l’épreuve.Donc concentrez-vous sur le bon comportement. Par exemple si vous savez que mentir n’est pas bon et que vous voulez cessez de mentir, alors commencez par vous fixer deux à trois vérités dans vos propos à chaque fois que vous échangez avec une personne.Et surtout dites-vous que si je lui mens, il n’est pas au courant de ce que je dis vrai ou pas.Mais moi seul est en conflit avec mon MOI, donc pour ne plus être en conflit avec ce MOI, je me mettrai à la place de ce dernier comme si c’est moi-même qui parlais à mon second moi ainsi je dirai la vérité.
    voilà ce que moi je pensais pouvoir apporter à cet article de qualité.
    Merci et bien à vous
    Amicalement
    Roger BOCO le phœnix des temps

  6. Pierre dit :

    Bonjour olivier!
    tres bel article,parce que en le lisant a peine j’ai tisse beaucoup de
    chose qui pourraient changer mes comportements anterieur.

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