Note : cet article est une traduction de l’article Get to the Root of Work Stress de Léo Babauta. C’est donc lui qui s’exprime dans le “je” de cet article !

Conscience et stressIl n’y a pas parmi nous une seule personne qui travaille sans connaître de stress – que vous soyez entrepreneur, freelance, que vous travailliez pour une startup qui lutte, ou que vous pointiez dans une entreprise, le stress au travail est inévitable.

Mais d’où vient ce stress, et comment le gérer ?

La plupart des guides de gestion du stress vous donnent des étapes à suivre, faire de l’exercice, bien dormir, bien manger, méditer, et faire du yoga dès que possible, sur votre lieu de travail même si vous le pouvez. Tout cela est génial, et vous devriez les faire. Mais ce qui m’intéresse davantage est de prendre ce problème à la racine. De creuser, d’en dénicher la cause, et de travailler directement avec, au lieu de traiter simplement les symptômes. Ce n’est qu’une fois que vous gérez la cause du stress que vous pouvez réellement le maîtriser.

La cause du stress

Jetons un œil à certaines choses qui pourraient vous stresser au travail :

  • Des délais compliqués
  • Un patron ou des collègues difficiles
  • Une incertitude vis-à-vis de votre travail
  • Une incertitude vis-à-vis de vos possibilités de réussite dans ce projet
  • La concurrence, les intrigues de bureau, les conflits entre personnes
  • Ne pas avoir assez de temps pour sa famille et sa vie personnelle
  • La quantité de choses à faire qui nous écrase

Il y a beaucoup plus de possibilités, mais c’en est un bon échantillon. Dans tous ces exemples, la cause est en réalité identique :

Nous sommes attachés à la façon dont les choses devraient être. Nous avons un idéal de ce à quoi chacune de ces situations devrait ressembler, et notre attachement à cet idéal nous provoque ce stress.

Prenons l’incertitude vis-à-vis de son travail. Évidemment ce n’est pas idéal, nous préfèrerions avoir un emploi stable qui ne serait pas une préoccupation. La réalité ne correspond donc pas à notre idéal (un emploi stable), et cela nous cause du stress. Nous n’aimons pas la situation présente, et ce refus de l’incertitude nous fait stresser.

C’est également vrai pour tous les exemples ci-dessus – quand un collègue ne correspond pas à notre idéal, quand nous avons comme idéal de ne pas avoir trop de choses à faire, quand notre idéal de délais faciles à tenir est contrarié, etc., cela nous stresse.

Malheureusement, cela arrive tout au long de la journée, chaque jour. Nos idéaux vis-à-vis de la réalité sont constamment contrariés, et donc nous stressons. Cela s’accumule. Cela devient un problème de santé.

Alors comment s’y prendre pour gérer ça ? Voyons cela.

Gérer la cause du stress

Si notre attachement à un idéal est la cause de notre stress, alors est-ce que nous pouvons simplement ne pas avoir d’idéaux ? Eh bien, cela serait peut-être idéal, mais non. J’ai trouvé qu’il était impossible de ne pas avoir d’idéaux. Les idéaux apparaissent, spontanément, dans notre esprit actif et plein d’espoirs.

La façon de gérer la cause du stress est 1) de remarquer que vous vous sentez stressés ou frustrés, 2) de remarquer consciemment votre attachement à un idéal, et 3) de relâcher cet attachement, en trouvant de l’amour pour la réalité du moment présent.

Analysons cela point par point.

D’abord, vous devez remarquer le stress. Apprenez à voir votre frustration ou votre inquiétude comme un signal, une alarme qui vous indique que quelque chose se passe. De cette façon, le stress devient un signal positif, parce qu’il vous fait savoir que quelque chose est en cours. C’est comme le système de notification de votre téléphone, sauf qu’au lieu d’ignorer les notifications, comme nous le faisons habituellement (nous n’aimons pas penser au stress), nous pouvons nous plonger consciemment en nous et gérer cela.

Ensuite, vous devez consciemment remarquer votre attachement à cet idéal. Cela implique de passer voir et de dire « Hé, les choses ne répondent pas à mon idéal et cela me stresse. Quel est cet idéal ? » C’est probablement quelque chose de plus sûr, stable, confortable, contrôlé que ce que vous vivez actuellement.

Par exemple, si vous êtes surchargé de travail, votre idéal est probablement d’avoir une quantité de travail très contrôlée et confortable, et d’être à jour. Comme cela la situation vous semblerait plus sûre, stable et confortable.

Malheureusement, le confort, le contrôle et la sécurité ne sont pas ce que nous amène la vie. Elle nous amène tout le contraire ; quelque chose de chaotique, d’imprévisible, d’inconfortable, d’instable. Et cela peut nous énerver, ou nous pouvons l’accepter. Nous pouvons détester tout cela dans la vie, ou nous pouvons l’aimer. C’est un choix.

Enfin, nous pouvons relâcher notre attachement à cette attente ou à cet idéal. Nous pouvons dire « Cet idéal ne m’aide pas. S’accrocher à un déroulement précis me fait plutôt du mal. Je décide d’ouvrir mon cœur à beaucoup d’autres possibilités. »

Cela signifie que nous pouvons être ouverts à un collègue loin d’être idéal, imparfait et qui lutte avec ses propres problèmes. Nous pouvons être ouverts au fait d’aimer avoir trop de travail, plus que nous ne pouvons en faire, et de devoir prioriser et simplement se concentrer sur ce qui est important pour l’instant. Nous pouvons être ouverts à la possibilité que nous allons mal nous en sortir, ou perdre notre travail, parce que même alors nous trouverons quelque chose et notre vie se passera bien.

Relâcher nos attachements implique de réaliser que la vie n’est pas obligée de se dérouler d’une seule façon, de notre façon, que nous pouvons être ouverts à la façon dont la vie se déroule d’elle-même. Cela implique d’apprendre à tout aimer, les problèmes et tout le reste. Cela implique d’être curieux à propos de la vie, des autres, au lieu de juger la vie et les autres comme étant mauvais.

Ensuite il faut travailler sur cette base de paix et d’amour. Vous avez trop de choses à faire ? Choisissez une seule chose et faites-la du mieux possible. Vous avez un collègue ennuyeux ? Trouvez de la compassion pour ses luttes, soyez curieux de ce qu’il traverse, et parlez-lui avec compassion et empathie du conflit que vous avez avec lui. Vous êtes inquiet de perdre votre travail ? Concentrez-vous sur le fait de faire du mieux possible, tout en vous préparant à la possibilité que vous pourriez avoir besoin d’un autre travail.

Beaucoup de gens n’aimeront pas cette solution, parce que cela signifie qu’ils n’atteindront pas les idéaux qu’ils veulent. La plupart d’entre nous voulons contrôler notre vie pour qu’elle ressemble à ce que nous voulons. Et ce n’est pas grave, si cela fonctionne pour vous.

Ce que je suggère est d’être ouvert à beaucoup d’autres possibilités, d’ouvrir votre cœur à ce qu’offre la vie et non à ce que vous voulez qu’elle vous offre, d’être curieux de ce qu’il y a réellement en face de vous au lieu de le juger, et d’apprendre à tout aimer comme c’est.

Crédits photo : © pedrolieb – Fotolia

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6 commentaires on Prendre le problème du stress professionnel à la racine

  1. Sandra dit :

    Merci Olivier pour cet article ô combien utile !
    Il y a encore trop de “comment” qui oublient le “pourquoi”, et la première étape face à un stress et de l’identifier, le mesurer, et adapter sa réponse à la menace… de la vraie stratégie de jeux vidéos !
    J’ai adoré ta vidéo sur Habitica, je la recommande activement, et bien sûr la teste avec applicAction !

  2. mona dit :

    Bonjour,
    j’adore cet article, mais je pense que personne sur terre ne peux vivre sans stress, l’essentiel, est jusqu’a quel point on peut le subir, il y a des personne qui peuvent suporter sans probleme un certain niveau de stress, mais d’autre non,
    il vaut mieux se connaitre, accepter ses capacités, ses limites, pour pouvoir vivre en paix avec soi meme.
    merci à tous
    mona

    • blaes dit :

      Je suis totalement d’accord avec vous ! Cela n’est pas facile et demande de l’entraînement mais une fois que l’on a réussi à accepter ses limites, accepter TOUS les moments (certains sont bons alors que pour d’autres ils ne le seront pas), lâcher prise et arrêter de se poser des questions sur le pourquoi du comment en prenant la vie comme elle vient, en vivant dans le présent…. peu à peu la paix s’installe en vous. Il faut du temps mais si tous les jours on essaie quelques minutes de se faire à cet état d’esprit… ces minutes deviendront des heures puis sans que l’on s’en aperçoive des jours. Au début… il faut même s’y forcer alors que tant d’autres disent que la lutte n’est jamais bonne alors que pour moi dans ce cheminement, elle est nécessaire. Même un tout petit pas doit être pris comme une victoire !

  3. Laurence dit :

    Merci pour cet article. Il arrive à pic dans ma vie.
    J’espère lâcher prise …

  4. Romain dit :

    Aimer ce qu’on fait, vivre sa passion permet de transformer la plupart du temps son stress en excitation. En tout cas, c’est comme ça que je ressens les choses.
    Il y a quelques temps, ce n’était plus le cas, j’ai alors décidé de trouver un autre emploi. Aujourd’hui, objectif accompli et ce n’est que du bonheur.
    Pour entretenir la flamme, je fais ce bilan une fois par an : http://www.lemanagerefficace.f.....u-travail/

    Ainsi il m’est plus facile de coller au 3ème point de l’article : trouver de l’amour pour la réalité du moment présent.

    Romain

  5. mary dit :

    bel article elle est venu à un moment approprié
    tout les jours nous vivons le stress
    J’espère que tout le monde à le surmonter parce que franchement toujours senti mal à l’aise

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