Note : cet article est une traduction de l’article A Roadmap to Overcoming Insecurities de Léo Babauta. C’est donc lui qui s’exprime dans le “je” de cet article !

ApitoiementIl n’y a personne parmi nous qui ne connaît pas l’insécurité – certains sont simplement meilleurs pour les gérer, ou peut-être pour les cacher.

Nous sommes inquiets de ce que les autres gens vont penser de nous, nous sommes inquiets d’avoir une assez bonne image, nous sommes inquiets de ne pas faire tout ce que nous devons faire, nous sommes inquiets d’échouer, nous sommes inquiets que les gens pensent que nous sommes un imposteur. Nous sommes inquiets d’être trop gros, inquiets qu’elle va bien nous aimer, inquiets qu’il aime une autre fille, inquiets de ne pas être assez bon.

Et les réseaux sociaux, avec leur culture d’approbation par likes et retweets, avec leur étalage de corps incroyables et de voyages incroyables et de nourriture incroyables… Cela ne fait qu’exacerber le problème. Mais vous savez tout ça.

La question est : comment est-ce qu’on surmonte ces insécurités ?

Comment devenir content de qui nous sommes ? Comment apprendre à trouver le contentement et la paix ?

La réponse n’est pas simple, mais elle nécessite une chose pour commencer : la volonté d’affronter ce que nous n’affrontons généralement pas.

Cela demande un peu de courage. Juste en petites doses, pour commencer, mais cela demande d’avoir la volonté de laisser de côté toutes les distractions pendant un petit moment, et de simplement se concentrer sur ce contre quoi vous luttez.

Avez-vous ce courage ? Si oui, commençons.

Les obstacles

Qu’est-ce qui se met sur notre chemin pour gérer les insécurités ? Il y a des obstacles qui jonchent la voie. Ce sont d’anciennes blessures qui n’ont jamais guéri.

Certains des obstacles qui se dressent sur notre chemin :

  1. Les critiques passées. Si un parent ou un proche nous a critiqué pendant que nous grandissions, ou si on a été maltraité, nous avons probablement intériorisé cela. J’ai la chance que ma mère ait toujours semblé m’accepter comme je suis, mais ce n’était pas le cas de mon père. Il avait ses propres insécurités, mais elles se manifestaient par des critiques à mon égard. Ces critiques me sont restées en tête, mais elles se sont apaisées ces dernières années grâce au travail que j’ai fait (davantage à ce sujet ci-dessous). Reste qu’elles ne vont peut-être jamais totalement disparaître.
  2. Une image personnelle négative. Quand les gens vous critiquent au fil des ans, vous commencez à vous critiquer aussi. Et toutes ces critiques, cumulées à toutes les fois où vous vous êtes comparé négativement aux autres, font que vous n’avez pas une image et une estime de vous très bonnes. Peu importe que la réalité ne corresponde pas à l’image que vous en avez, nous pouvons être compétents, brillants, et beaux, mais si nous nous voyons comme quelqu’un de laid, d’idiot et de voué à l’échec, nous allons agir conformément à cette image.
  3. Le besoin d’approbation. Quand quelqu’un nous donne son approbation, c’est super ! Nous sentons que nous avons de la valeur, et que nous sommes beaux. Mais le problème devient alors que nous avons besoin de plus d’approbation pour garder cette image que nous avons de nous-mêmes, et nous avons peur de ne pas recevoir cette approbation parce qu’alors cette super image personnelle va disparaître. Nous sommes alors coincés dans un cycle de besoin constant d’approbation, et de peur de la désapprobation. Nous lisons tout ce qui les autres disent et font, dans les réseaux sociaux et la vie réelle, en termes d’approbation et de désapprobation. Cela devient un cycle craintif de besoin.
  4. Le manque de confiance. Nous apprenons à ne pas faire confiance aux autres, à ne pas compter sur eux pour rester proches de nous, pour nous accepter, pour comprendre notre façon de voir les choses. Nous nous sommes entraînés à cela au fil des ans, au fur et à mesure que les gens ont fait des choses que nous avons vus comme de l’abandon ou du rejet. Nous arrêtons d’avoir confiance dans le fait que ce moment se passera bien.
  5. Les images de réseaux sociaux et des médias. Nous nous comparons aux gens canons que nous voyons sur Instagram ou sur les autres réseaux sociaux. Nous nous comparons aux gens canons des films, de la télé, des magazines. Ces images sont créées pour nous vendre des trucs, mais elles nous les vendent en faisant naître en nous un sentiment d’insécurité, puis en faisant en sorte que nous ayons besoin de tout ce que les célébrités nous vendent pour que nous nous sentions aussi bons qu’elles.
  6. Ne pas accepter certaines choses chez nous. Au final, le résultat est que nous rejetons de larges parts de nous-mêmes. Nous n’aimons pas être en surpoids, ou avoir des boutons, ou autre chose dans notre corps. C’est incroyable, mais même les gens qui pour vous ont des corps incroyables rejettent des choses de leur propre corps ! Nous rejetons des aspects de notre personnalité, les aspects qui sont indisciplinés, inattentifs, peureux ou paresseux. Nous rejetons les aspects de nous-mêmes qui sont pleins d’insécurité.

Cela fait beaucoup d’obstacles à gérer ! Et cela montre pourquoi cela demande du courage, et pourquoi y pallier n’est pas simple.

Mais il y a une façon d’aller de l’avant.

Le chemin pour gérer l’insécurité

Voici le secret : en réalité les obstacles nous montrent la voie. Les obstacles sont le chemin.

Nous pouvons accepter ces obstacles et travailler dessus. Pour le faire, nous avons besoin de commencer à prendre conscience des moments où nos insécurités apparaissent. Nous pouvons nous en servir comme une alarme de conscience, et les faire sonner quand nous sommes perturbés par la peur et la perte de confiance, faire en sorte « Hé ! C’est un sacré bon matériel de travail. »

Et c’est ça la clé : toutes nos insécurités sont en fait une opportunité de faire un bon travail, d’apprendre comment travailler dessus, de développer des compétences qui nous seront utiles toute notre vie.

Donc commencez à y faire attention, et remarquez les moments où vous êtes motivé par l’insécurité. Puis faites le travail suivant :

  1. Pardonnez le passé. Si vos insécurités ont été façonnées par un proche ou une figure d’autorité qui vous a critiqué, reconnaissez-le. Puis commencez à lui pardonner. Comprenez qu’ils étaient motivés par leurs propres insécurités, dans leur lutte contre leurs propres démons. Ils se sont comportés de façon imparfaite, mais c’est notre cas à tous. Ils n’ont pas eu raison de faire ça, mais vous pouvez le comprendre quand même. Et pardonnez-leur leur mauvais comportement, parce que vous accrocher à ce ressentiment ne vous aide pas. Laissez aller le passé, une étape à la fois.
  2. Acceptez tout de vous. Faites une pause et procédez à une auto-évaluation. Notez les aspects de vous-même, à la fois dans votre corps et dans votre personnalité, que vous n’aimez pas. Regardez ces aspects de vous-même, et voyez si vous pouvez leur envoyer de l’amour. Voyez-les comme les parts imparfaites de vous qu’elles sont, qui méritent de l’amour tout comme un ami imparfait mérite aussi de l’amour. Pensez à la façon dont vous traiteriez cet ami imparfait, et traitez-vous de la même façon. Envoyez-vous de l’assurance, envoyez-vous de la compassion. Acceptez toutes les parts de vous, les nobles et les autres, et voyez la beauté en elles. Ce sont elles qui font de vous qui vous êtes, et elles sont merveilleuses.
  3. Pratiquez l’approbation personnelle. Si vous remarquez que vous cherchez l’approbation de quelqu’un d’autre, ses éloges et son attention, ses likes et ses retweets, faites une pause et remplacez plutôt cela par de l’approbation personnelle. Vous pouvez ôter le pouvoir qu’ont les autres de vous approuver si vous vous appropriez personnellement ce pouvoir. Vous n’avez pas besoin de l’approbation de quiconque, sinon de la vôtre. Cela ne signifie pas que vous ne voulez pas de connexion avec les autres, ou de leur amour, mais que vous pouvez aimer les autres et être aimé par eux tout en vous approuvant tout seul. Acceptez-vous, totalement, aimez-vous. C’est tout ce dont vous avez besoin.
  4. Acceptez de ne pas vous comparer. Vous comparer aux autres, à leur apparence, à ce qu’ils font, à leurs voyages, au plaisir qu’ils prennent, n’est jamais utile, et cela vous blesse activement. Quand vous voyez quelqu’un d’autre et que vous vous comparez à lui ou elle, vous comparez des pommes et des oranges. Les deux sont des fruits, les deux sont sucrés et bons, mais on ne peut pas les comparer ou les départager, c’est simplement différent. Soyez heureux que cette personne s’amuse, soyez content de ses succès. Son chemin est totalement différent du vôtre. Cette personne peut être heureuse et s’éclater et vous aussi, en même temps, sur votre propre chemin. Souhaitez bonne chance à tout le monde, mais voyez leur magnificence comme étant différente de la vôtre.
  5. Ayez davantage confiance dans le moment présent. Grâce à toutes ces pratiques, commencez à avoir davantage confiance dans le fait que vous allez bien vous en sortir. Ayez confiance dans ce moment, dans le fait qu’il va se dérouler et que tout se passera bien. Cela se développe avec le temps, en faisant de petites prédictions vis-à-vis de ce moment (« Cela va bien se passer ») puis en voyant si votre prédiction s’avère.

C’est cela le chemin. Vous trouvez les choses pour lesquelles vous luttez, et vous apprenez à travailler dessus. Apprenez à changer de perspective. Apprenez à voir ce qui vous fait trébucher, et changez-le en opportunité de pratiquer de nouvelles compétences.

C’est un bon chemin. Cela m’a aidé à m’accepter davantage, et à avoir plus confiance en moi. Et cela à son tour m’a aidé à m’aimer davantage, et à plus aimer les autres, un moment après l’autre.

Crédits photo : © envfx – Fotolia

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7 commentaires on Une feuille de route pour surmonter les insécurités

  1. nath dit :

    Un grand merci pour cette article …cela fait un moment que j’y travaille seul dans mon coin,mais là vos mots exprimés ainsi défini ce travail!
    Ce n’est pas un petit pas que vous nous offrez là ..mais des bottes de sept lieux encore merci pour ce partage
    Je vous suis depuis longtemps mais je me suis jamais exprimé je ne suis pas sur les réseaux sociaux pour liker vos articles seulement les vidéos
    Merci a vous deux

  2. flo dit :

    Bonjour,

    Oui, c’est un très bon article qui tombe à pic avec ce que je vis en ce moment.

    Je vais tâcher de faire un peu plus d’approbation personnelle parce-que là c’est l’inverse qui se passe, le passé et mon environnement professionnel reprennent le dessus sur mon mal être.

    J’aimerais tant pouvoir me dire que ça va aller et que je vais m’en sortir, mais j’ai beaucoup de mal à y croire dans la situation dans laquelle, je me trouve actuellement.

    Je suis entrain de m’apercevoir de ce qui fait qu’on peut me rejeter et
    reprend justement conscience de certaines attitudes que j’ai et dont je ne suis pas fière. Je me laisse écraser par beaucoup de choses et ça devient dur. Ma vision de l’avenir et de ma vie est surement impactée par toutes ces choses du passé. Je me rends compte que je suis toujours enfermée dans ce cercle vicieux. Et que je me mens à moi même en espérant que ça ira mieux et c’est peut-être aussi parce-que j’essaye de tenir le coup dans une situation qui n’est pas faite pour moi. Je ne sais plus au juste.

    Mais c’est bien là où je me sens perdue. Est-ce que je vais vraiment m’en sortir envers et contre tout avec ces énormes obstacles qui se dressent devant moi ? Car malgré tout cela, j’avance sur des routes incertaines.
    Ou ne vaut-il mieux pas que je reprenne un peu plus de contrôle et retrouver une situation qui m’aide à remonter la pente plutôt que de rester sans cesse en bas c’est à dire avec peu de rémunération, peu de confiance en moi, en étant seule sans soutien dans ce que je fais et toujours avec peu de temps pour moi en tâchant de réussir ce travail dans lequel je ne me sens pas à l’aise.

    Pour conclure, les incertitudes restent ce qu’elles sont. Et je suis tout à fait d’accord, dans le fait de se raccrocher à ce qu’on peut apprendre pour faire mieux face progressivement aux obstacles que l’on rencontre. Et de commencer par une chose.

  3. Sanna dit :

    Bonjour, oui hélas, nous démarrons dans la vie avec des étiquettes que l’on nous a collé ‘bonne ou mauvaise. Mais c’est à nous à se débarrasser de ces vieux schémas et de se reconstruire notre personnalité, notre vrai personnalité. A bientôt, cordialement, Dominique

  4. Bailo dit :

    Bonjour, je suis vraiment touché par cet article, moi aussi j’ai connu un passe très mauvais, mais j’essaye petit a petit de reconstruire ma vrai personnalité.
    Merci.

  5. koum valery dit :

    BONJOUR,je suis vraiment marqué par presence qui comme les precédentes nous permet au quotidien d’affronté les obstacles qui se dresses sur notre passage. Au fur et a mesure grace a votre aide je recontruirai ma personnalité.

    Merci.

  6. Jasmine dit :

    Bonjour,
    Excellent article qui me rappelle une vidéo d ‘Anthony Robins..Pour ma part mon père me dévalorisait pas mal durant mon enfance car je me démarquais un peu de ma fratrie par mon coté rêveuse et détachée;En fait j ‘ai eu un grave accident d ‘escalade a 10ans , j ‘ai approchée la mort de très près et cet évènement a façonné ma personnalité et complètement conditionné ma vie d ‘autant que je n ‘ai guère pu en parler avec mes parents pas très ouverts aux dialogue…Je vis donc au jour le jour dans une espèce d ‘insouciance sans me préocupper du regard des autres , ne me projettes jamais sur du long terme,et ne m ‘encombre jamais de futilités….Par contre je suis complètement insensibles aux compliments ou flatteries diverses… Bref je vis donc toujours avec cette conscience de la mort sans que cela ne me perturbe et je me demandais si ce n ‘est pas ce qu’il manque a l ‘homme qui a tendance a croire qu ‘il est éternel et donc a se conduire comme tel?

  7. Michelle dit :

    Bonjour, MERCI !!! J’adore lire vos articles : eh oui, ce sont autant de mots et d’images qui viennent se poser sur mes ressentis, mes peurs, mes interrogations.
    Car je crois que c’est surtout ca qui nous fait avoir peur : ressentir quelque chose sans réussir, sans s’autoriser à le NOMMER… voir sans voir !
    Si une ombre se projette, c’est quand on voit l’objet qui projette cette ombre que la peur de l’ombre cesse, bien souvent. Ainsi le connu peut nous aider à nous libérer.
    un exemple : pourquoi peut-on avoir peur du regard des autres ?
    une raison : si on fait différemment des autres, on sera sorti du groupe. Quand on voit cette ombre ainsi nommée “groupe”, là, on peut se positionner et se demander ce que l’on veut vraiment (faire ou non parti du groupe)

    Alors encore merci pour tous les mots nouveaux que j’apprends et ce partage de vision des choses. J’ai l’impression d’ouvrir enfin les yeux et de voir tout ce qui m’entoure….

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