Cet article invité a été écrit par Aude du blog ecologie-citadine.com

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Béa Johnson : à l’origine du mouvement zéro déchet.

Penser à la planète, c’est avant tout prendre soin de soi. Il s’agit de se reconnecter à nos besoins profonds, à nos valeurs, à ce qui compte vraiment, pour se délester du superflu et rendre nos vies plus simples. En général, cette démarche va de pair avec une meilleure alimentation, un meilleur environnement, une meilleure santé. Il s’agit de préserver la vie, tout simplement.

Mais par où commencer ? Car il y a tant de choses à faire que la tâche paraît insurmontable, presque inutile. Pourtant, nos actions, aussi petites soient-elles, sont significatives. C’est la somme de nos efforts combinés qui nous permettra d’avancer, ensemble.

Le mouvement du zéro déchet a été largement popularisé par Béa Johnson, une Française expatriée aux États-Unis. En réduisant sa poubelle annuelle à une quantité insignifiante, elle a non seulement resserré les liens familiaux au sein de son foyer, mais également inspiré des milliers de personnes à travers le monde. Selon elle, le passage au zéro déchet se fait en 5 étapes.

1. Refuser

Il s’agit par exemple de dire non à tous ces « cadeaux », qui sous gouverne de nous faire plaisir, viennent finalement nous polluer. Est-ce que chez vous, il n’y aurait pas un tiroir rempli de stylos gratuits ou autres objets promotionnels dont vous n’avez jamais l’utilité ?

Cela signifie également refuser ces sacs en plastique que l’on nous propose systématiquement dans les magasins, quand un sac à dos ou un sac en tissu réutilisable font parfaitement l’affaire.

Je mets également dans cette catégorie le fait de ne plus céder aux tentations des « bonnes affaires » : soldes, promotions spéciales, black Friday, etc. Sous couvert de notre promettre des économies, les enseignes démultiplient les moyens de nous faire passer à la caisse. La plupart de nos penderies sont remplies d’habits délaissés, dont la quantité peut finir par devenir oppressante plutôt que source de plaisir. Et si, au lieu de perdre notre énergie dans des magasins bondés, on prenait le temps de passer un moment zen avec des gens qui comptent ?

2. Réduire

Pour reprendre le cas des vêtements, il s’agit ici de faire le tri et de se débarrasser de tout ce qui nous est inutile. Symboliquement, désencombrer notre foyer revient à désencombrer notre esprit. Après un gros ménage par le vide on se sent plus léger, on respire mieux, ne serait-ce que grâce au gain de place. C’est aussi une occasion de prendre conscience de tout ce dont nous n’avons pas besoin. Fini les « au cas où », on fait place nette à de nouvelles idées.

Un exemple qui m’a marquée : peut-être gardez-vous des cartons, « au cas où » les articles qu’ils contenaient auraient besoin d’être ramenés chez le vendeur (dans les faits la garantie a souvent déjà expiré le jour où un produit tombe en panne) ou revendus (ce qu’on ne fait jamais). Personnellement j’habite en Île-de-France, où le prix du mètre carré oscille entre 4.000 et 10.000 € : est-ce que ces emballages qui me coûtent des mètres carrés d’espace valent ces 4.000 € ? Non. Il n’est donc pas rentable de les conserver.

3. Réutiliser

L’idée est de sortir du cycle du jetable, du consommable. Nos poubelles regorgent de déchets qui nous ont servi moins de cinq minutes. Pourtant, n’est-il pas plus agréable de boire dans un gobelet en verre plutôt que dans un pot en plastique, d’utiliser des couverts en inox au lieu de s’échiner avec un couteau en plastique très fragile ?

Cette démarche vise également à redonner de la valeur aux objets, de sélectionner ceux dont nous avons vraiment l’utilité et d’entre prendre soin. Dans cette logique, il voudra mieux essayer de réparer et faire durer ceux que l’on possède déjà plutôt que d’en racheter systématiquement. Cela aussi peut constituer une source de satisfaction : quelle fierté que d’avoir réussi à réparer quelque chose de ses propres mains !

4. Recycler

Quand on parle de recyclage, on pense avant tout à bien répartir le contenu de sa poubelle pour que le maximum de déchets soit valorisé. Et pas toujours facile de savoir comment bien trier : pour ma part je suis allée à la source et en visitant le centre de tri de mon agglomération.

Mais il y a d’autres moyens de donner une seconde vie aux choses : de nombreuses associations telles que la Croix Rouge ou Emmaüs seront ravies de les récupérer. Elles feront le bonheur de quelqu’un d’autre, tout en soutenant une bonne cause et en désencombrant votre foyer. Et cela fonctionne aussi dans l’autre sens, car vous pourrez y dénicher des merveilles à bas prix. J’aime beaucoup l’idée d’acquérir des objets qui ont déjà une histoire, tout en ayant le sentiment de contribuer à la communauté. En ligne, des sites comme donnons.org permettent de mettre en contact des particuliers : cette solution a l’avantage de vous éviter le déplacement, car les personnes viendront retirer leurs dons chez vous.

5. Composter

Le compostage est l’étape ultime qui renoue avec le cycle de la vie : ce qui provient de la terre revient à la terre (et non, le plastique ne se composte pas). Pour toutes les personnes possédant un bout de terrain, il est très facile d’installer un espace dédié au compost, ce qui fabriquera au passage un super engrais à peu de frais. Pour les citadins, cette étape est plus complexe, mais pas impossible, alors que de plus en plus de solutions d’appartement se développent. Renseignez-vous auprès de vos mairies, car elles peuvent avoir des solutions à vous proposer en ce sens.

4 conseils en bonus

Pour terminer, je rajouterai 4 conseils pour vous mettre au zéro déchet en toute sérénité, issus de mon expérience :

  • Fixez-vous des objectifs réalistes : pas la peine de vouloir entièrement changer votre mode de vie du jour au lendemain, ce qui risquerait de vite vous décourager. Chaque petit pas compte, utilisez une méthodologie qui vous fera avancer dans la bonne direction, celle que vous avez choisie.
  • Évitez les excuses pour justifier de ne rien faire : bien sûr, vous ne pouvez pas tout accomplir. Peut-être qu’aujourd’hui vous n’avez pas de composteur chez vous ou que votre supermarché ne propose pas d’aliments en vrac. Tant pis. Car il y a des milliers d’autres choses que vous pouvez surement faire à la place.
  • Restez bienveillant envers les autres et envers vous-même : quand on veut sauver la planète, on peut vite être agacé que tout le monde ne fasse pas de même. Il est important de se rappeler que chacun avance à son rythme, en fonction de ses propres valeurs.
  • Célébrez chaque étape : il me semble que l’intention sincère est au moins aussi importante que le résultat. Soyez fiers des progrès accomplis, les petits comme les grands. Vos actions comptent.

Aude du blog ecologie-citadine.com

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2 commentaires on Comment passer au zéro déchet en toute sérénité ?

  1. dupuy marie dit :

    effectivement l’association où je suis bénévole ( pharmacie humanitaire international Berry ) trie et recycle les fauteuils pour paralyses , les cannes anglaises les lits médicalisés etc …). nous vendons après les avoir triés les radiographies qui ne sont plus valables pour acheter des médicaments pour les sans logis ou forer des puits au mali etc……
    tous ces matériaux sont donc utiles !!!!!!

    • Aude dit :

      Super initiative que celle de cette association et bravo pour ce bénévolat !
      Effectivement en cherchant un peu on s’aperçoit que beaucoup de “déchets” sont en fait tout à fait réutilisables par ailleurs.

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