Chacun son histoireNote : cet article est une traduction de l’article Mental Badassery: Becoming Aware of the Stories We Tell Ourselves de Léo Babauta. C’est donc lui qui s’exprime dans le « je » de cet article !

Il y a un mécanisme caché qui crée le chagrin, la difficulté à changer les habitudes, les problèmes relationnels, la frustration, la colère et la déception.

Pratiquement quiconque est conscient de ce mécanisme caché, même s’il se produit tout le temps, en chacun de nous.

Ce sont les histoires que nous nous racontons.

Nous le faisons tout au long de la journée : nous nous racontons des histoires sur ce qui se passe dans nos vies, sur les autres, sur nous-mêmes. Lorsque je les appelle « histoires » … cela ne signifie pas qu’elles soient fausses, ou qu’elles ne soient pas fondées sur la vérité. Cela signifie simplement que nous avons construit un récit basé sur nos expériences, sur une perspective du monde qui nous entoure, sur une interprétation des faits tels que nous les voyons. Ce n’est pas faux, mais ce n’est pas nécessairement toute la vérité – c’est juste une perspective.

Une autre personne pourrait regarder la même situation et raconter une histoire totalement différente.

Voici quelques exemples :

  1. Vous pouvez avoir une histoire sur la façon dont votre patron se montre très encourageant et vous loue beaucoup, ce qui signifie que vous faites du bon boulot et que vous aimez votre environnement de travail, et cette histoire vous rend heureux. Une autre personne pourrait regarder la même situation et raconter l’histoire suivante : le lieu de travail est désordonné, les gens l’interrompent toujours, il est fatigué et les clients sont impolis et sentent mauvais.
  2. Vous pourriez être fâché contre votre épouse parce qu’elle a été grossière avec vous ou qu’elle n’a pas fait le ménage ces derniers jours. Une autre personne pourrait vivre la même expérience, mais raconter une histoire différente : sa conjointe a travaillé dur au travail, a fait tout son possible pour préparer un bon repas pour lui, est fatiguée et a besoin d’un certain réconfort.
  3. Vous pourriez avoir une histoire sur la façon dont vous restez en procrastination, dont n’arrivez pas à être discipliné, et dont vous ne vous tenez jamais à une routine d’entraînement. Une autre perspective pourrait être la suivante : vous avez accompli certaines grandes tâches en dépit de votre distraction, vous avez été passionné par l’apprentissage de quelque chose et ceci devient plus important que d’accomplir les tâches que vous redoutez, vous êtes fatigué et vous avez besoin de repos avant de vous attaquer à l’exercice avec vigueur.

Chacun de ces exemples possède des histoires très différentes sur la même situation – Il s’agit des détails auxquels vous prêtez attention, et de la façon dont vous créez le récit de ces détails.

Bon, raconter des histoires est naturel – nous le faisons tous, tout le temps. Il n’y a rien de mal à cela. Mais si nous ne sommes pas conscients des histoires que nous nous racontons, nous ne pouvons pas comprendre comment celles-ci façonnent notre bonheur, nos relations, nos humeurs, et plus encore.

Devenir conscient de vos histoires

Tout au long de la journée, vous vous racontez des histoires sur ce qui se passe, à quel point les gens sont dans l’erreur pour qu’ils fassent ce qu’ils font, et si vous faites bien les choses ou non.

Mon défi pour vous est de commencer à remarquer ce que vous vous racontez à propos de tout.

Il est important d’être conscient de ces histoires, et comment elles affectent votre bonheur. Si une histoire vous rend heureux, et que vous en êtes conscient, alors c’est super ! Si vous n’êtes pas conscient de cela, ce n’est pas un gros problème tant qu’elle vous rend heureux, mais que se passe-t-il si l’histoire commence à vous rendre malheureux dans votre vie ? Alors si vous n’en êtes pas conscient, vous aurez des difficultés.

Commencez donc à prendre conscience de vos histoires, qu’elles soient bonnes ou mauvaises. Remarquez-les tout au long de la journée.

Remarquez quand vous êtes enlisé dans l’histoire, la faisant tourner encore et encore dans votre tête. Tel ou tel n’aurait pas dû faire cela, et ainsi de suite, ce qui vous rend frustré et malheureux avec la personne.

Lorsque nous sommes accrochés à une histoire, il est difficile de s’en détacher. Mais déjà prendre conscience qu’on y est accroché est l’étape la plus importante.

Que pouvons-nous faire ?

Alors que pouvons-nous faire si nous sommes accrochés à une histoire ? Sortir de ce piège pourrait être très difficile. Je le sais, parce que ça m’arrive tout le temps – je vois l’histoire que je me raconte, mais elle semble si solide et si réelle que je n’arrive pas à m’en détacher.

La première chose que vous pouvez faire est de la considérer comme un rêve. Cela ne signifie pas que ça soit faux, mais simplement que ce n’est pas très solide. C’est quelque chose que vous jouez dans votre tête, tout comme un rêve, avec des résultats émotionnels très réels. Regardez-la comme un rêve, non solide, et voyez si vous pouvez quitter le rêve pour la réalité physique du monde qui vous entoure en ce moment. Quelles sont les sensations qui se produisent actuellement, par opposition à ce rêve ?

La deuxième chose que vous pouvez faire est de ne pas agir selon l’histoire. Même si vous y êtes impliqué, cela ne signifie pas que vous devriez vous en prendre à quelqu’un, ou fuir vers la distraction ou le confort. Il suffit de s’asseoir avec l’histoire, de remarquer quels sentiments elle vous procure, de remarquer les sensations physiques dans votre corps. Remarquez que vous y êtes pris. Mais n’agissez pas, restez simplement avec votre conscience.

Il y a une autre façon de procéder : lorsque vous ne vous accrochez pas aux histoires, et qu’au lieu de cela, vous passez au-dessous d’elles, et que vous êtes juste conscient du moment tel qu’il est, sans interprétations, sans jugements, ni préconceptions. Les histoires vont toujours survenir, mais vous pouvez les remarquer et ne pas vous laisser prendre. Et si vous y êtes pris, notez-le et ne vous y accrochez pas si fort, revenez toujours au moment présent.

Cependant, il s’agit d’une compétence assez avancée, et la plupart d’entre nous ne peuvent pas rester dans ce mode d’être pour très longtemps. Pour l’instant, il suffit de se concentrer sur le fait d’être conscient de votre histoire, de la considérer comme un rêve, et ne pas agir selon l’histoire autant que nous le faisons normalement.

De cette façon, vous serez moins pris dans ce qui cause le malheur et la frustration, et plus présent dans le moment actuel.

Crédit Photo : stanciuc

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2 commentaires on Force Mentale : Devenir conscient des histoires que nous nous racontons

  1. Nicole dit :

    Merci beaucoup, comme c’est bon de ne pas être prisonnier de nos pensées ! Cet article me parle beaucoup

    Merci encore

  2. Loulà dit :

    Rien n’arrive jamais au hasard… Alors que je sui enlisée dans une de mes “histoires”, cet article tombe à point nommé. Je me sens déjà plus légère, moins stressée et plus confiante.
    Gratitude pour ce partage <3

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