Little WriterNote : cet article est une traduction de l’article Training to Be a Good Writer de Léo Babauta. C’est donc lui qui s’exprime dans le « je » de cet article ! Je ne vais pas prétendre être le meilleur écrivain du monde, mais je pense que je suis raisonnablement compétent. J’ai été formé pendant 25 ans, et je gagne ma vie en tant qu’écrivain.

Pour ceux qui viennent de commencer à pratiquer l’écriture, je voudrais partager ma formation. Je ne me suis pas réveillé en apprenant soudain à écrire- je me suis entraîné pour la plus grande partie de ma vie.

Voici un bref aperçu de ma carrière d’écrivain : j’ai commencé comme journaliste sportif, lorsque j’étais en terminale pour devenir par la suite journaliste à plein temps, ensuite rédacteur en chef de mon journal local de Guam. J’ai continué à écrire en freelance pour des magazines et d’autres publications, j’ai travaillé pendant un certain temps comme rédacteur pigiste pour des législateurs et rédacteur de discours pour le gouverneur de Guam. Finalement, j’ai lancé mon propre blog tout en écrivant des articles de blogs indépendants pour environ 5 blogs différents. Enfin, j’ai créé mon blog depuis presque 10 ans maintenant, et j’ai écrit de nombreux livres et cours.

Voici les aspects les plus importants de ma formation, sans ordre particulier :

  • Écrire tous les jours. J’écris presque tous les jours. Pas seulement une ou deux fois par semaine, mais tous les jours. Sous différentes formes : pour mon blog, pour mon Sea Change Program, ou pour un nouveau livre ou cours que je pourrais créer. C’est peut-être la chose la plus importante que j’ai faite durant ces 25 années, parce que la pratique constante a corrigé les quelques petites erreurs, et a rendu les obstacles difficiles beaucoup moins effrayants. Je recommande d’écrire quotidiennement dans un blog quotidien ou un jour sur deux.
  • Apprendre à vaincre la résistance. Chaque écrivain fait face à la résistance qui l’empêche d’écrire, à l’envie de procrastiner qui le pousse vers la distraction et les tâches inutiles. Je ne suis pas immunisé, mais j’ai appris à faire face à la résistance au lieu de la fuir. J’ai appris à ne pas avoir si peur. J’ai appris à m’y mettre sans trop y penser. Si la résistance vous empêche d’écrire chaque jour, affrontez-la et ne reculez pas.
  • Voir l’écriture comme une pratique de pleine conscience. Je vois l’écriture comme une forme de méditation, où je peux laisser tomber tout le reste pendant quelques instants et rester avec cette seule activité. Cela signifie que j’ai besoin de garder mon esprit dans l’espace d’écriture, de remarquer le moment où l’envie d’aller à la distraction surgit, et de ne pas la suivre automatiquement. Je peux me remettre en question et laisser les sentiments se déverser à travers le mot écrit, ou voir les vérités en moi et essayer de les canaliser sur la page.
  • Faire des sessions d’écriture chronométrées. Tout comme vous pouvez régler un chronomètre pour la méditation, il est très utile de définir un chronomètre pour les sessions d’écriture. Par exemple, vous pourriez faire une session de 10 minutes, laissant juste les mots se déverser et essayer de rester conscient pendant ces 10 minutes. Savoir que le temps est limité vous permet de lâcher certaines de vos peurs et d’être juste présent avec l’écriture.
  • Apprendre à faire face aux craintes. Tous les écrivains sont aux prises avec les peurs – peur de l’échec et de ne pas être assez bon, la peur de l’inconfort et de l’incertitude ou d’aller dans des endroits qui les effrayent. Certains laissent les craintes les empêcher de commencer, ou les éloignent de l’écriture, ou d’échapper à la distraction. Mais j’ai trouvé utile d’apprendre à rester avec les peurs, et d’écrire de toute façon. Oui, vous pouvez être très inconfortable et rempli d’incertitude, et toujours écrire. Vous pouvez vous asseoir avec la peur pendant une minute, puis commencer à écrire. Ces craintes sont effrayantes, mais elles ne sont pas si mauvaises lorsque vous vous permettez de les affronter.
  • Prendre soin de la rédaction. Un écrivain tisse des mots, et devrait donc s’en soucier. Il faudrait donc être bon en orthographe et en grammaire, dans les bases de l’écriture. Cela ne signifie pas que vous ne ferez jamais de fautes de frappe, mais que vous allez constamment essayer d’améliorer vos bases. Vous ne seriez pas charpentier sans apprendre à marteler et à scier, n’est-ce pas ? Lorsque vous aurez terminé l’écriture, effectuez une vérification orthographique et essayez d’apprendre les mots qui vous échappent. Recherchez souvent des mots dans le dictionnaire. Laissez un ami relire votre travail et essayez de ne pas faire et refaire les mêmes erreurs. Prenez un manuel de style AP ou Chicago et apprenez quelques-uns des styles les plus courants, et essayez d’être cohérent.
  • Mais dépassez le perfectionnisme. Cela dit, ne laissez pas votre manque de connaissance des bases de l’écriture vous arrêter. Écrivez. Vous apprendrez au fur et à mesure, avec la pratique constante et la rigueur. En attendant, vous devez vous débarrasser de tous les idéaux que vous pourriez détenir pour vous-même, les idéaux qui risquent de vous freiner. Plongez dedans, et faites-le. Publiez vos première et deuxième versions, sans qu’elles soient forcément parfaites. Les fautes ne sont pas si graves.
  • Apprendre à taper. Ce n’est pas obligatoire, bien sûr, mais savoir taper au clavier est une bonne compétence pour un écrivain. Il ne vous faudra pas longtemps pour la maîtriser – il existe des programmes en ligne pour apprendre les bases et s’entraîner, et dans un mois, vous vous en sortirez. Après un an, vous serez un maître. Cette pratique vous aide à sortir les mots de votre tête plus rapidement si vous pouvez taper à un taux décent.
  • Apprendre à écrire en respectant un délai. L’une des compétences les plus précieuses que j’ai apprises en tant que journaliste était comment écrire en respectant un délai. Chaque jour, nous devions soumettre un ou plusieurs articles (parfois même cinq ou six !), et nous avions un éditeur qui était constamment sur notre dos, essayant de respecter ses propres délais de soumissions. C’est vrai qu’il y a de la pression, mais ce que vous apprenez, c’est que vous pouvez obtenir l’article fait à temps, si vous vous concentrez. Vous apprenez à ne pas vous préoccuper de la perfection, à ne pas laisser les craintes vous assaillir, et juste à sortir les mots. Et comment réviser rapidement. Si vous ne travaillez pas pour un journal, fixez un délai pour vous-même, dites-le à quelqu’un d’autre, envoyez-lui votre écriture à la date limite ou subissez une conséquence.
  • Lire beaucoup. Les meilleurs écrivains (ceux qui sont bien meilleurs que moi) lisent voracement. Je lis tout le temps – la fiction est ma lecture préférée, mais je lis aussi des livres de non-fiction et des articles de forme longue en ligne. Faire de bonnes lectures façonne votre propre écriture, vous donnant l’inspiration et élargissant votre utilisation de la langue. Lisez beaucoup !
  • Voler aux autres. Lorsque vous tombez sur un écrivain qui a écrit quelque chose de magnifique, copiez-le. Essayez-le dans votre propre écriture, mélangez-le avec ce que vous faites déjà, re-mélangez-le avec ce que vous trouverez ailleurs, et faites-en le vôtre.
  • Garder des notes en écrivant. Lorsque vous trouvez quelque chose qui vaut la peine d’être volé, ajoutez-le à un document texte ou placez-le dans un cahier d’écriture. Lorsque vous avez des idées pour un roman, un billet de blog, un personnage, un aperçu … l’ajouter au bloc-notes. L’exploiter régulièrement.
  • Trouver des collègues écrivains. Si vous rencontrez des difficultés à respecter un horaire de rédaction, trouvez d’autres écrivains dans votre région ou en ligne, et rencontrez-les régulièrement. Partagez vos écrits les uns avec les autres, discutez des problèmes que vous rencontrez, lisez d’autres écrivains dans votre genre. Un petit groupe d’écriture est un outil éprouvé, et vous aide à voir que vous n’êtes pas seul.
  • Comprendre le lecteur. L’une des choses les plus importantes que j’ai apprise en tant que journaliste a été de comprendre l’état d’esprit du lecteur. Beaucoup d’écrivains en herbe écrivent tout ce qui leur passe par la tête, ce qui pourrait ne pas être très compréhensible ou intéressant pour le lecteur. Aujourd’hui, je pense à la façon dont le lecteur comprendra l’article, de quel contexte il a besoin, si les phrases sont claires, quelle expérience je crée pour le lecteur.

Tout ceci pourrait sembler beaucoup à accomplir ! Cependant c’est faisable, si vous continuez à vous exercer tous les jours, et à apprendre tout cela petit à petit.

Voici quelques remarques que j’aimerais faire pour ceux qui voudraient écrire :

  • N’importe qui peut écrire, et tout le monde devrait. Vous n’avez pas besoin d’être James Joyce pour écrire. Même si vous ne voulez jamais être un pro, vous pouvez écrire dans un journal tous les jours, ou écrire des lettres à un être cher (et les envoyer ou non). Vous n’avez pas besoin d’être impeccable. Et c’est une excellente pratique, d’apprendre à se concentrer et de surmonter les peurs et la procrastination, et d’apprendre à permettre aux mots de découler de l’esprit.
  • Commencez au point où vous êtes. Que vous écriviez depuis quelques années ou que vous veniez de commencer, que vous ayez un talent pour les mots ou que vous luttiez pour l’avoir, c’est l’endroit parfait pour commencer. Peu importe où vous êtes, ou comment vous vous comparez aux autres – juste écrivez, en utilisant tout ce que vous luttez avec. Vous allez vous améliorer avec le temps, et être plus à l’aise avec ce que vous faites.
  • Vous vous améliorez en pratiquant beaucoup, et en en prenant soin. Vous ne serez jamais parfait – Dieu sait que je suis bien loin d’être parfait – mais la seule façon de s’améliorer est de pratiquer. Et de prendre soin de ce que vous faites. Faites cela chaque jour, et à chaque étape la lutte sera incroyable.

Crédit Photo : fisher05

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5 commentaires on Formation pour être un bon écrivain

  1. Vincent dit :

    Merci Olivier pour cet article enrichissant !

    Ces conseils me seront utiles dans la démarche de mon blog sur la santé.

    J’appliquerais vraiment ces astuces, merci !

    Vincent, Créateur du blog Feelboost

  2. Ruth dit :

    Un super article

  3. Samia dit :

    Super article olivier, je prendrait en considération tous.
    Merci

  4. L’écriture d’articles ne me pose pas de problème : j’écris depuis toujours, et je bloggue depuis longtemps.
    En revanche, pour le livre que je dois rendre à ma maison d’édition fin décembre, ces conseils seront précieux 😉
    Au passage, je partage à mon pti groupe d’écrivains en herbe ! 😉

  5. Gerome dit :

    Bonjour,
    Mon petit frère aimerait devenir écrivain et je pense qu’il possède un certain talent dans ce domaine. Merci pour cet article. Je lui en parlerai au plus vite. J’espère que tu pourras l’aider.
    Au revoir

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