Saut en l'airNote : cet article est une traduction de l’article Dealing with the Sweat-Inducing Fear of Launching a Major Project de Léo Babauta. C’est donc lui qui s’exprime dans le « je » de cet article !

La semaine dernière, j’ai lancé ma nouvelle application, Habit Zen, sur Kickstarter, et les craintes ont immédiatement commencé à monter dans mon corps.

Et si elle est financée, mais que je fais un travail horrible ?

La peur vous prend, et ne semble pas vouloir lâcher prise. Vous commencez à vous inquiéter de chaque petit détail, vous commencez à désespérer, à essayer de trouver des façons pour contrôler l’incontrôlable. Lâcher prise serait la solution, mais ce n’est pas si facile. La peur règne avec une poignée en fer.

Alors quelle est l’alternative ? Je ne pourrais jamais faire grand-chose, ne jamais me pousser dans le territoire sauvage de la peur, ne jamais entreprendre quelque chose de difficile où je risque l’échec.

Lancer un grand projet est vraiment effrayant, mais c’est inévitable si je dois évoluer.

Alors voici ce que je fais :

Chercher quelle est mon intention. Pourquoi est-ce que je veux faire ce projet ? Est-ce pour impressionner, pour accomplir une réalisation ou pour mon ego ? Ou est-ce que je le fais pour aider les autres, par amour ? Et combien les gens ont-ils besoin de cette aide ?

La vérité est que, si c’est pour mon ego, je ne devrais probablement pas repousser la peur. Ça ne vaut vraiment pas le coup. Mais si je fais ça pour quelqu’un d’autre, alors ça en vaut la peine. Je devrais certainement franchir la peur si je pense que d’autres personnes en bénéficieront.

Demander à des amis si je suis fou. Il est possible que je me trompe. Alors je demande aux personnes en qui j’ai confiance : pensez-vous que je devrais faire cela ? Si j’ai de bons amis, ils seront honnêtes avec moi. Ils pourraient cependant être tout aussi fous, donc cela valait la peine de demander. 🙂

Mes amis m’ont dit de le faire. Ils me soutiennent, et ne me laissent pas reculer rien que parce que j’ai peur. Merci les gars ! Cela aide aussi à calmer mes craintes si les voix de la sagesse me parlent.

Regarder la peur en face. Il est très probable que je fuie ma peur, que je me cache dans une zone de confort sécurisée, ou que je coure pour essayer de contrôler ma peur d’une façon ou d’une autre. C’est un mécanisme de défense que je me suis conditionné à faire pendant des années.

Au lieu de cela, j’essaie d’apprendre à rester assis et à faire face à la peur. La regarder en face avec bienveillance, et voir à quoi elle ressemble. Quel genre de courage faut-il pour rester avec ma peur ? Comment c’est de ne pas fuir ? J’essaie d’explorer tout cela avec curiosité.

Et j’ai trouvé que ce n’est pas si terrible. La peur peut me faire paniquer, mais lorsque je l’affronte, je découvre que ce n’est pas la fin du monde et que ce n’est pas si grave que ça.

Arrêter de prendre des actions désespérées. Lorsque j’ai peur, je peux faire des choses désespérées. Tout essayer pour faire en sorte que les choses tournent comme je veux. Mais les choses désespérées sont souvent nuisibles, et non utiles.

Alors j’essaie de respirer, et de porter un regard plus rationnel sur les actions que je voudrais prendre. Je me pose des questions comme : est-ce que je fais cela par peur, ou est-ce vraiment utile ? Est-ce que je fais cela pour mon ego, ou est-ce que les autres bénéficieront de cette action ? Que se passerait-il si je ne faisais rien ? Y a-t-il une meilleure action que je pourrais prendre ?

Et une fois calmé, les actions tendent à être moins égocentriques et plus compatissantes. Lorsque je me souviens.

Me témoigner de la compassion. Lorsque je suis dominé par la peur, j’aime regarder la partie de moi effrayée comme si elle était un petit enfant. Nous avons tous été ce petit enfant effrayé dans le passé. Et au lieu de l’ignorer, au lieu de se moquer de lui … pourquoi ne pas lui témoigner un peu de compassion ? En envoyant de l’amour envers cette peur, je pourrais la calmer un peu, et ne pas la fuir.

Ce que j’ai découvert, c’est que lorsque je me montre de la compassion, j’apprends à croire que les choses vont bien. Elles ne se révéleront pas forcément de la façon que je veux, mais elles seront très bien. Je vais déterminer les choses. Je suis un bon ami à moi-même, et un bon ami vous aidera à ramasser les morceaux lorsque les choses s’écrouleront. Et elles le feront. Je serai là avec compassion lorsque cela arrivera.

Me dire de plonger dans l’eau. Je me suis tenu au bord des eaux glacées avant, redoutant la glace qui choquerait mon corps. Et peu importe depuis combien de temps j’étais là, dominé par mes craintes, cela ne m’a pas aidé.

La seule chose qui a fonctionné pour moi, c’est de plonger sans trop y penser. J’arrête de m’attarder, et je plonge simplement. Je me tiens prêt pour le choc, et j’accepte l’inconfort. Et que l’inconfort serait temporaire. Ça en vaut vraiment la peine.

Avec ce dernier projet, je sais qu’il y aura une peur accablante. Je sais que les choses pourraient s’effondrer. Mais je plonge quand même. Je vais croire que les choses seraient différentes de ce que j’espérais, mais que je serai bien de toute façon.

Crédit Photo : detailblick-foto

Tags: , , , , , , , ,

3 commentaires on Gérer la peur effrayante pour lancer un grand projet

  1. Barbara dit :

    Merci Olivier !
    Cet article me fait du bien déjà rien qu’à le lire ! J’aimerai lancer mes projets mais j’ai peur de ne pas être à la hauteur, peur de plein de choses d’ailleurs .. mais en le lisant, çà m’a réconforté de me dire que je ne suis pas la seule ! C’est NORMAL !! Donc .. ya plus ka 😉

  2. Isabel dit :

    Bonjour! Merci Olivier pour tout ce bien-être de tes paroles. J’ai peur de revivre des faits

  3. YAMEOGO MAHAMADOU dit :

    Vraiment réconfortant ce article! Grand merci à toi Olivier.
    J’ai trop attendu pour mes projets. Mais il faut y croire et se lancer sans trop réfléchir, de ce que j’ai compris après lecture.
    Juste croire

Laisser un commentaire