Cet article invité a été écrit par Sylvain Cesbron du blog courir comme un pro.

Lorsque l’on parle de pratiques et d’habitudes qui nous rendent plus zen et plus heureux, on ne pense pas spontanément au sport. Et pourtant ! Les vertus liées à l’activité physique, et principalement aux activités d’endurance telle que le Running, sont encore grandement méconnues.

Si les effets à court terme sur le mental sont bien connus, nous allons voir que courir a aussi des effets à moyen et long terme qui sont encore plus puissants.

Dans mon coaching, je m’attache à prendre en compte l’individu dans son intégralité afin de l’aider à atteindre ses objectifs sportifs. Et en cela, ces « effets secondaires » de l’entraînement sont des leviers déterminants pour conserver une bonne motivation et une continuité dans l’investissement personnel au fil des mois ou des années.

courir rend heureux

Les endorphines : les hormones du bonheur !

Le premier effet quasiment immédiat de la pratique du running, c’est la libération d’endorphines par deux glandes situées dans le cerveau : l’hypophyse et l’hypothalamus.

Leur but est de contrer la douleur. Elles sont libérées en masse lors d’efforts physiques, en cas de douleur ou pendant des phases d’excitation intense. On dit LES endorphines car ce terme englobe plusieurs familles d’hormones qui ont toutes un rôle spécifique : inactivation de la douleur, modulation de la douleur, euphorisation, etc.

Mais comme leurs formes moléculaires et leurs modes d’action sont proches de la morphine (un puissant antalgique), elles en ont aussi les effets relaxants et anxiolytiques. C’est pour ça que ces hormones sont aussi appelées « hormones du bonheur ».

Vous comprenez maintenant ce qui explique les sensations de bien-être et de satisfaction qui suivent votre séance de sport ! À tel point que cela peut engendrer chez de nombreux coureurs des phénomènes d’addiction ! Eh oui, vous pouvez vous shooter au sport !!!

Les effets physiologiques : votre corps vous dira merci !

Aux effets psychiques s’ajoutent des effets physiologiques qui vont apparaître au bout de quelques semaines d’une pratique régulière.

  • La qualité de votre sommeil sera améliorée.
  • Sur le plan musculaire, vous allez observer au quotidien une diminution des tensions, par effet de contraste avec l’exercice physique.
  • De même, vous allez constater une meilleure stabilisation de votre tension artérielle.
  • Enfin, le rythme cardiaque de repos va diminuer progressivement, au fil des progrès et des adaptations du système cardio-vasculaire.

Ces effets combinés vont vous procurer des sensations d’aisance, de relâchement, et de bien-être physique.

Une plus grande résistance au stress

Si vous vous prenez au jeu, vous aurez rapidement envie de participer à une compétition, pour le fun, ou pour mesurer vos progrès.

Or, il n’y a rien de plus stressant que de se retrouver au départ d’une course sur route, d’un marathon, d’un cross ou d’un trail. Vous avez investi de longues heures dans votre préparation et vous aurez toujours tendance à surévaluer, souvent inconsciemment, les enjeux de la compétition.

  • Un minimum de stress est certes indispensable afin d’atteindre un niveau d’activation physique optimal.
  • En revanche, une sur-activation aura à coup sûr des effets délétères sur la performance. Pour garder le stress dans des limites acceptables, le coureur doit donc trouver les ressources internes nécessaires.

« Le sportif un individu plus apte que les autres à gérer son stress »

Ces acquis sont ensuite de précieux alliés dans la vie quotidienne. La maitrise de la respiration ou l’utilisation de stratégies mentales telles que le « coping » (ou le « faire face ») font alors du sportif un individu plus apte que les autres à gérer son stress et ses peurs.

De plus, le souvenir d’avoir vécu des épreuves hors du commun dans le cadre du sport crée un ancrage auquel l’individu pourra se raccrocher dans l’adversité :

« J’ai su trouver les ressources pour terminer mon trail ; ce ne sont pas quelques problèmes administratifs ou financiers qui vont m’abattre ! »

Une meilleure maitrise émotionnelle

« Il n’y a qu’une chose de certaine dans la course, c’est qu’il y aura de l’imprévu. »

Ne dit-on pas « la glorieuse incertitude du sport » ? En effet, au-delà de la simple gestion du stress d’avant course, le runner devra faire avec de nombreux aléas potentiels.

Vous faire doubler lors d’un « passage à vide » provoque à coup sûr des interrogations et un discours interne que vous devez apprendre à contrôler.

Et c’est sans compter sur les petites douleurs musculaires, crampes et ampoules qui tentent parfois de s’inviter à la fête. (Ça donne envie, hein ?!?)

Autant de situations dans lesquelles vous devrez savoir garder votre calme, « switcher », et vous reconcentrer sur votre objectif, enfin si vous voulez aller au bout de l’épreuve…

Sur ce volet émotionnel, on pourrait même ajouter la nécessité de contrôler vos émotions après la course :

  • En cas de contre-performance bien sûr, en relativisant le résultat et en tirant les enseignements nécessaires.
  • En cas de succès aussi, par respect envers vos copains ou copines qui n’ont pas forcement eu la même réussite que vous !

Les émotions sont faites pour que l’individu passe à l’action (elles aident à la prise de décisions) et on sait qu’elles influencent fortement notre la façon de voir la vie. On comprend alors que la maitrise des émotions nous aide à maintenir un état interne favorable à l’accueil des petites choses qui construisent le sentiment de bonheur.

Développement personnel : devenez une meilleure version de vous même !

En plus des avantages sur le plan psychique et émotionnel, il faut évoquer les valeurs que vous allez découvrir et partager dans la pratique en elle-même.

En effet, s’entraîner, c’est s’inscrire dans une démarche de progression, et accepter de fournir des efforts pour atteindre ses objectifs.

Et tous les coureurs pourront vous le dire : la compétition c’est facile ! Ce qui est difficile, ce sont les heures passées sur la route ou sur le stade pour se façonner des qualités physiques et mentales nécessaires. C’est à l’entraînement que l’on développe des valeurs telles que le :

  • Le goût de l’effort,
  • La résistance à la fatigue
  • Le dépassement de soi,
  • etc.

D’autre part, votre pratique régulière va vous inciter à mettre en place une organisation personnelle rendant compatibles le running et votre vie familiale ou professionnelle. Et là encore, vous en tirerez beaucoup de bénéfices et de satisfaction personnelle.

Vie professionnelle

  • Vous organiser pour rentrer du travail en courant
  • Prévoir la logistique pour courir sur le temps du midi
  • Améliorer votre efficacité au travail pour pouvoir être à l’heure au stade
  • N’ouvrir votre boite mail qu’à des heures bien précises de la journée
  • Savoir dire « non, j’ai Running dans 30 minutes »

Vie familiale

  • Mieux gérer vos priorités
  • Vous lever tôt pour aller courir (avant que la famille ne se réveille le week-end)
  • Diminuer drastiquement le temps passé devant la télé
  • Anticiper la préparation des repas de la famille

Bref, la liste pourrait être longue ! Et ces sujets ressemblent étrangement aux thèmes qui sont abordés par les spécialistes du développement personnel.

Toutes ces valeurs vous apporteront beaucoup de sérénité et d’assurance dans votre vie de tous les jours.

Toutes ces qualités vous aideront à devenir une meilleure version de vous même !

Une estime de soi en hausse

Enfin, le tableau des bénéfices du running ne serait pas complet sans parler des effets positifs sur l’estime de soi.

Vous serez fier de vous…

Sur le plan intrinsèque

Se sentir mieux dans les activités de tous les jours (courir après ses enfants, monter les escaliers, « attraper » un bus) aura un effet indéniable sur le regard que l’on porte sur soi même !

Et la perte de poids qui est souvent associée à la pratique de la course redonnera au runner la sensation de reprendre le contrôle de son corps.

De même, le fait de se forger une volonté de fer quand il s’agit de partir courir sous la pluie ou de résister à ses pulsions alimentaires à l’approche d’une compétition redonnera au runner la sensation de maitriser et dominer ses pensées.

… et les autres aussi !

Sur le plan extrinsèque

Si le regard que l’on porte sur soi est important, le regard que les autres nous portent l’est tout autant.

Un coureur, même novice, sera toujours le champion de quelqu’un. Et les regards admiratifs de la famille, des amis ou des collègues qui vont se porter sur lui viendront renforcer sa motivation et contribueront à une plus grande estime de soi.

Un vecteur de lien social

L’être humain est un être social. Et le Running est un vecteur de lien social extraordinaire.

Certes, il s’agit d’un sport individuel, mais on a coutume de dire que c’est un sport individuel qui se pratique en équipe ! J’en veux pour preuve les dizaines de milliers de clubs, associations et groupes de running qui se développent partout en France. Et je ne parle même pas des milliers de « groupes privés » sur Facebook et des dizaines de réseaux sociaux dédiés à la course à pied !

Chacun vient dans ces groupes pour des raisons probablement différentes, mais chacun y trouve son compte : pour avoir des conseils avisés, pour faire des rencontres, pour développer son réseau, pour répondre à un besoin de valorisation.

Et au final, le running rassemble des individus de toutes origines socioprofessionnelles, et permet à beaucoup de sortir de l’isolement ou de mieux s’encrer dans leur tissu socioculturel local. La santé, du bien-être, des amis : n’est-ce pas ça le bonheur ?

Comment profiter un maximum de ces effets ?

« Dé – branche tout, revenons à nous ! »

Le Running peut être assimilé à une pratique ZEN, car il ne nécessite pas de matériel très couteux (si, si, on peut encore pratiquer la course dans le plus grand dépouillement, sans iPhone, sans musique, ou sans GPS ! Lire l’article : Ces GPS qui vous font perdre le nord.)

De plus, la pratique peut se faire partout, à toute heure, sans réelle contrainte logistique.

Selon ses envies, il est possible de pratiquer :

  • en groupe : la solution la plus efficace pour progresser
  • en solo : une bonne occasion de se retrouver seul(e) avec soi-même et laisser aller ses pensées. Il est même possible de transposer les techniques de méditation à la course.

Voici quelques pistes afin de faire un footing « en pleine conscience » :

  • Choisissez un parcours sans grandes difficultés (plat, sur un sol stable)
  • Choisissez si possible un parcours bucolique (dans la verdure, loin de l’agitation urbaine)
  • Débranchez la musique et autres appareils connectés
  • Ressentez le rythme de votre foulée
  • Centrez votre attention sur vos appuis (pression, position)
  • Prenez conscience de votre gainage et de la position de votre bassin
  • Concentrez-vous ensuite sur la position et le relâchement de vos bras
  • Sentez l’air qui entre et qui sort des poumons
  • Appréciez la sensation de l’air (ou de l’eau) sur votre peau

Et répéter le cycle plusieurs fois.

Et pour profiter des bienfaits du running dans les meilleures conditions, il faudra respecter votre corps à travers quelques règles fondamentales :

  • Augmenter TRÈS progressivement les charges de travail
  • Apporter de la variété dans les séances
  • Respecter l’alternance entrainement / repos
  • Programmer un nombre de compétitions raisonnable, en rapport avec le volume d’entraînement

Vous voilà donc convaincu de vous (re)mettre à la course à pied ? Félicitations ! Et vous pouvez déjà vous remercier intérieurement de cette décision 😉

Sylvain – courir comme un pro

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3 commentaires on Pourquoi courir vous rendra plus zen et plus heureux

  1. Ogier DOLLÉ dit :

    Le titre de l’article me faisait penser à un remake de déja vu !
    Hors j’y ai trouvé des petites pépites qui valent leur pesant en or.

    Merci beaucoup pour ce partage ! 🙂

  2. Leone dit :

    Je pratique,je confirme! Pour vivre heureux, vivons running!

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