beauté de l'inconfortAlors que je souffrais dans mon corps, j’ai levé les yeux vers la lumière du soleil et j’ai gardé mon cœur ouvert.

J’ai alors découvert la beauté perçante de la vie.

Je l’ai vécu, et j’ai trouvé que c’était à la fois miraculeux, douloureux, pénible et incommodant. La vie n’était pas belle malgré la douleur — la douleur faisait partie de sa beauté globale. La lutte et l’inconfort étaient eux-mêmes d’une beauté déchirante, comme l’était tout le reste en ce moment.

Ce weekend, j’ai assisté à un atelier sur les relations et l’intimité intitulé the Art of Fearless Intimacy, de John Wineland et Kendra Cunov. Il y a beaucoup de choses que je pourrais écrire sur ce weekend qui a changé ma vie, mais je veux parler juste d’un moment.

Le moment :

J’étais debout, faisant un quart de squat, les bras levés. Cela semblait durer une éternité.

Je fixais profondément des yeux un autre homme, un parfait inconnu, mais qui était dans le même temps un frère et un compagnon de guerre. Nous nous sommes fait face l’un l’autre et nous avons respiré au même rythme pendant plus d’une demi-heure.

Nous en sommes venus à nous sentir profondément mal à l’aise, nous contentant de l’immobilité de cette position. Mes épaules me faisaient mal, criaient à la miséricorde, ne voulant rien de plus ou de moins que le repos. Mon esprit voulait s’éloigner de l’inconfort.

Et à ce moment, j’ai pu voir se mettre en action mon habitude mentale : rejeter l’inconfort et la douleur, les éliminer, s’en éloigner, trouver la paix. C’est une habitude sous laquelle je ploie depuis mon enfance.

À ce moment, j’ai trouvé une raison pour laquelle j’étais dévoué à ce frère, et je ne voulais pas le laisser tomber. Je voulais lui montrer, à travers mon regard, l’expression la plus profonde de mon âme ; mon dévouement à ceux que j’aimais ; mon cœur féroce prêt à aller se battre pour lui, pour ma famille, pour vous tous.

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À ce moment, je me suis imprégné de la beauté de la lumière environnante, des bruits émis par les autres personnes, de la beauté de ce compagnon juste devant moi qui me montrait tout son courage.

À ce moment, je suis tombé amoureux de tout cela.

Je suis tombé amoureux de la vie, dans toute sa grandeur.

Je suis tombé amoureux de la douleur et de l’inconfort, je les ai acceptés comme faisant partie de la divinité et de la magie de ce moment.

Je suis tombé amoureux de mon propre cœur que j’ai souvent enfermé dans la peur. Je ne me permettrais plus de m’arrêter. J’ai gardé mon cœur ouvert, et j’ai vu la pureté absolue de mon cœur glorieux.

Je suis tombé amoureux de la vie et j’ai eu le cœur brisé. J’ai vraiment aimé la douleur de ce chagrin d’amour.

Merci à mon frère qui m’a maintenu dans cet espace. Merci à John et Kendra qui m’y ont conduit.

Et merci à ma femme, à mes enfants, à mes autres proches et à vous tous qui me donnez une raison puissante de garder mon cœur ouvert à la sensation désagréable et grandiose d’être en vie.

Note : Cet article est une traduction de l’article In Love with the Heartbreaking Beauty of the Discomfort de Léo Babauta. C’est donc lui qui s’exprime dans le « je » de cet article !

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3 commentaires on Amoureux de la déchirante beauté de l’inconfort

  1. Blaes dit :

    Bonjour !
    Que c’est étrange. Ce matin en ouvrant ce post, je me suis vue. Au même moment, j’étais dans cette situation de douleur intense et je baissais les bras alors que j’aime tant la vie. Ceux qui souffrent physiquement et donc moralement comprendront. Mon envie de me battre me quittait. Cela fait si longtemps que je me bats pour les miens que j’aiment plus que tout et pour moi aussi bien-sûr ! Mais ce matin, c’était trop ! Et je vous ai lu. Oui ! L’acceptation de mes souffrances faisant partie de ma vie a toujours été présente et cela donne la force de continuer. Mais ce matin, une nouvelle douleur se rajoutant, j’en ai eu soudain assez. Votre texte m’a redonné la force d’accepter avec bienveillance cette énième douleur. Je sais qu’il y a des bas au moral et c’est normal. Nous ne sommes pas des machines mais un petit coup de pouce de temps en temps comme celui-ci m’a remise à peu près sur les rails. À moi d’accepter tout-à-fait cette situation.
    Merci ! ❤

    • Magnifique article poignant de Leo, merci Olivier pour le partage.
      A travers l’article et ton commentaire Blaes, je me rappelle d’une citation du Bouddha qui dit que, “S’il y a la lumière, il y aura l’obscurité ; s’il y a la chaleur, il y aura le froid – c’est ainsi que vont
      les choses.”
      Le plus important dans cela, à mon sens, c’est que l’ampleur de la joie est à la hauteur de celle de notre souffrance, tout notre obscurité fondamentale peut-être aussi puissante que notre propre lumière. C’est seulement une énergie que l’on décide d’utiliser “pour” ou “contre” nous. Soit nous choisissons d’agir en réaction à notre environnement ou bien au contraire de façon proactive, comme des êtres humains conscients et responsables.
      Bien à vous 🙂

  2. Blaes dit :

    Merci pour ce commentaire Marion Alegre !
    Dans mon cas, il s’agit d’une maladie incurable où les souffrances sont non stop.
    Alors la proactivité n’a pas de sens. Par contre, agir en acceptant et non pas subir fait que les douleurs sont plus gérables et permettent d’avoir de bons moments dans la journée. Je vis le moment présent avec sérénité, conscience et cela c’est agir. Mais parfois, le mental ne suit pas. Je me reprends. Les textes de Leo m’y aident, l’Amour des miens, mes amis aussi. Nous ne parlons pas des mêmes souffrances je pense.
    Bien cordialement ! 😊

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