la vengeanceIl est facile de se mettre en colère contre une personne qui vous a blessé — mais quelle est la meilleure façon de répondre ? De quel genre de vengeance, qui peut-être servie à froid, pouvez-vous rêver ?

Récemment, quelqu’un m’a écrit à ce sujet. Voici son message :

« Récemment, un membre de ma famille m’a gravement offensé. Il s’est dit que je suis une cible facile étant donné que je n’ai pas manifesté l’envie de me venger ou de provoquer un conflit. Ma question est de savoir si je devrais prendre le risque de me venger, sachant que le cycle de la vengeance ne s’arrête jamais (ce n’est pas la meilleure solution) ou si je devrais simplement pardonner à cette personne ? Le problème, c’est que je ne veux plus laisser personne s’en prendre à moi. Comment amener les gens autour de moi à arrêter de me provoquer et à me respecter ? Y a-t-il une autre solution ? »

Plusieurs points importants sont à considérer ici :

  1. Vous avez été offensé, ce qui n’est guère agréable. Il est évident que cela ne vous a pas plu.
  2. Vous voulez vous en prendre à la personne qui vous a blessé. C’est une réaction naturelle de colère et d’indignation qui peut résulter du fait d’avoir été offensé.
  3. Vous ne voulez plus que quelqu’un vous provoque de cette manière. C’est injuste, et cela ne fait qu’en rajouter au mauvais traitement que vous avez déjà subi.
  4. Vous voulez que l’on vous respecte.
  5. Vous vous inquiétez des retombées négatives que pourrait provoquer une vengeance de votre part.

Je vais évidemment aller contre la vengeance. Par conséquent, je ferais mieux de le dire dès maintenant plutôt que d’agir comme si cela allait vous surprendre. Au lieu de cela, laissez-moi présenter mes arguments contre la vengeance, puis proposer une approche différente.

Quelques arguments contre la vengeance

Alors, pourquoi ne pas simplement faire ce qui semble juste, et rendre la pareille d’une manière ou d’une autre ?

Cette approche ouvre la porte à plusieurs gros problèmes :

  1. Elle ne vous aide pas à mieux vous sentir. La vengeance vous apportera peut-être un sentiment de joie sur le moment, mais vous ne vous sentirez pas mieux. Vous ne ferez que sombrer vers un niveau inférieur, et vous vous sentirez mal dans votre peau.
  2. La vengeance nuit à la relation. Vous vous emportez parce que vous vous sentez offensé, mais en agissant ainsi, vous blesserez et mettrez également l’autre personne en colère. Ce faisant, votre relation se dégrade. Vous pouvez prétendre que c’est la faute de l’autre, mais en réalité, vous y avez également contribué. Vous pourriez prétendre que vous vous en moquez, que vous ne voulez pas entretenir une relation avec une personne qui peut vous offenser, et vous pourriez avoir raison. Assurez-vous simplement que vous ne vous exprimez pas sous l’effet de la colère. Assurez-vous de réfléchir à tête reposée et de faire une analyse rationnelle de la situation.
  3. Vous vous accordez simplement la permission d’agir sous l’effet de l’impulsion et de la peur. Lorsque nous nous en prenons à quelqu’un parce qu’il nous a fait du mal, nous ne prenons généralement pas la peine d’analyser de façon rationnelle la situation afin de déceler ce qui serait mieux pour nous ou pour la situation. C’est une impulsion qui nait de la peur et de la colère. Bien que ce soit une réaction naturelle, j’ai compris que suivre nos impulsions sans prendre le temps de réfléchir un instant n’est pas la meilleure chose à faire. Cela provoque des actes compulsifs comme s’adonner à la malbouffe, la distraction, la procrastination, l’addiction aux jeux vidéo ou à la télévision et plus encore. Au lieu de cela, nous devrions prendre l’habitude de marquer une pause chaque fois que nous avons une impulsion, de laisser la peur s’atténuer et de considérer ce qu’il y a de mieux à faire en fonction de la situation qui se présente à nous. Nous ne devrions pas nous laisser emporter par le scénario que nous nous faisons dans notre tête par rapport à ce que l’autre nous a fait et à quel point il a tort. Cela n’est en rien utile.
  4. En réalité, la vengeance n’amène pas les gens à vous respecter davantage. Se défouler sous l’effet de la colère ou de la peur n’est pas une formule pour gagner le respect des gens. D’après mon expérience, les gens vous respectent moins lorsque vous vous vengez des autres. Ils prendront peut-être leur distance par rapport à vous, par peur ou par aversion pour votre comportement, mais certainement pas par respect. Personnellement, j’ai tendance à plus respecter les gens qui peuvent gérer les choses avec maturité, calme et compassion.
  5. Vous ne montrez pas la meilleure version de vous. Il est facile d’agir sous l’effet de nos impulsions, mais ce que nous devrons plutôt faire, c’est chercher à montrer une meilleure version de nous-mêmes. Cela implique de s’élever pour atteindre la meilleure version de nous-mêmes — Cela implique également que nous devons apprendre à nous pardonner lorsque nous ne parvenons pas à atteindre cet objectif. La meilleure version de nous est cette personne qui pardonne, qui est compatissante, qui n’agit pas sous l’effet de la peur ou de la colère, et qui gère les choses avec maturité. Ce n’est pas toujours facile à faire. Par conséquent, nous ne devrions pas considérer cela comme un « idéal » à atteindre, mais plutôt comme un guide pour savoir comment se comporter lorsque nous parvenons à prendre les choses avec calme.
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Si donc les représailles et la vengeance ne sont pas les meilleurs choix, que faut-il faire ?

Une approche plus compatissante

Je crois qu’une approche plus compatissante est une meilleure solution, parce que :

  • Elle fait de vous une meilleure personne.
  • Elle vous fait vous sentir mieux.
  • Elle vous permet de gagner le respect des autres en vous montrant plus mature.
  • Elle aide à préserver vos relations.
  • C’est un acte de bonté envers l’autre personne qui, de toute évidence, a des difficultés.
  • Cela rend le monde meilleur.

Vous n’êtes peut-être pas d’accord avec ces raisons, mais je trouve qu’elles sont exactes.

Voici comment procéder :

  1. Marquer une pause au lieu d’agir par impulsion, peur et colère. Remarquez quand vous êtes sur le point de vous défouler sur quelqu’un sous l’effet de la colère et de la peur. Au lieu d’agir sous l’effet de cette impulsion, marquez une pause. Respirez. Prenez un temps mort. Réfléchissez à la portée de vos actions avant d’agir.
  2. Tenez-vous-en à la sensation physique, plutôt qu’au récit de ce qui s’est produit… Quand vous êtes en colère ou effrayé, il y a une histoire dans votre tête qui cause cela (« l’autre s’est montré tellement grossier ! »)… au lieu de vous attarder sur cette histoire, portez plutôt votre attention sur comment vous ressentez cela physiquement. À quel endroit se situe la sensation — dans votre poitrine, votre ventre, votre cou ou votre visage ? Quelles sont les sensations physiques que vous pouvez remarquer ? Conservez ces sentiments aussi longtemps que vous le pouvez, et retournez-y chaque fois que vous remarquez que vous vous remettez à penser à l’histoire (« Pourquoi s’est-il senti obligé d’agir de cette façon ? »). Conservez cette émotion et faites preuve de compassion envers elle.
  3. Agrandissez votre perspective pour voir les difficultés auxquelles l’autre fait face. Une fois que vous aurez pleinement plongé dans cette sensation pendant quelques instants, voyez si vous pouvez sortir de votre scénario égocentrique et rehausser votre perspective pour essayer de voir ce que l’autre personne traverse. Passe-t-elle une mauvaise journée ? Traverse-t-elle des difficultés ? Ressent-elle de la peur ou de la colère ? Avez-vous déjà vécu cela vous-même ? Lorsque vous réalisez que l’autre personne traverse probablement une période difficile et qu’elle mène certainement un combat dans sa vie… vous pouvez trouver le moyen de compatir dans votre cœur, malgré le sentiment que vous laisse l’offense subie. C’est à ce niveau que vous devez arriver.
  4. Posez-vous la question de savoir : Quelle est la chose la plus compatissante que vous puissiez faire pour vous deux ? Est-ce avoir une conversation calme avec la personne qui vous a offensé ? Est-ce mettre un terme à la relation pour ne plus vous blesser l’un l’autre ? Est-ce impliquer une troisième personne pour que vous puissiez résoudre la situation ? S’agit-il simplement d’écouter les plaintes de l’autre ? Il existe de nombreuses options — essayez de prendre en compte celles qui ne proviennent pas de votre colère ou de votre peur, mais plutôt de votre compassion.
  5. Que devez-vous faire pour vous respecter vous-même ? Je ne vous suggère pas de devenir une « mauviette » et de laisser les autres vous marcher dessus. Faire preuve de compassion ne consiste pas à ne pas se respecter soi-même — en fait, c’est le contraire. Vous devez souvent prendre des mesures pour vous protéger afin de ne pas permettre aux gens de vous offenser. Ou tout au moins trouver le moyen de parler. Garder le silence lorsque vous êtes offensé n’est pas de la compassion. Vous pouvez montrer que vous vous respectez vous-même si vous exprimez clairement et avec tact ce que vous avez à dire ou encore si vous définissez fermement des limites que l’autre personne ne doit pas franchir. Remarquez que j’ai dit fermement, pas avec colère.
  6. Quelle est la chose la plus affectueuse que vous pourriez faire pour l’autre ? Il peut s’agit de l’écouter, le prendre dans vos bras, lui montrer que vous vous faites du souci pour lui. Cependant, il se peut aussi qu’il s’agisse de le laisser tranquille, parce que vous remarquez que votre relation avec lui ne lui est pas bénéfique. Vous pouvez aussi prendre vos distances, du moins pour un certain temps ; le temps que l’autre puisse revenir à de meilleurs sentiments (vous aussi). Il existe de nombreuses options, mais si l’on s’en tient à l’amour et au respect pour vous-même, vous devez parvenir à ce niveau.
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Aucune de ces actions n’est facile à entreprendre. Je ne prétends pas qu’il existe des solutions miracles. Toutefois, dégrader votre relation à travers des actes de vengeance qui ne s’arrêtent jamais n’est pas une chose facile pas plus que ne l’est le fait de gérer le ressentiment et la colère en vous. La compassion n’est pas l’option la plus facile, mais elle apporte néanmoins un plus grand bonheur.

Note : Cet article est une traduction de l’article The Eternal Dilemma : Revenge or Forgiveness ? de Léo Babauta. C’est donc lui qui s’exprime dans le « je » de cet article !

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La vengeance ou le pardon

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2 commentaires on L’éternel dilemme : La vengeance ou le pardon ?

  1. Guy dit :

    Bonjour Olivier,

    Je suis d’accord avec toi, cependant lorsqu’on se fait agresser verbalement de façon très violente, il m’arrive de devenir furieux et de répondre avec la même attitude voir pire (sans jamais aller vers la violence physique).
    Ça m’arrive rarement, mais le plus souvent avec les femmes.
    Je n’ai jamais regretté mon attitude. Ça démontre à l’autre qu’on n’est pas un tapis. J’ai écrit parfois une lettre par la suite pour mettre sur papier mon interprétation objective de la situation et ça a donné de bons résultats.
    Je suis capable aussi de m’affirmer calmement et d’essayer de trouver une solution favorable pour les deux.
    Guy
    Québec, Montréal

  2. danielle dit :

    ton article tombe bien car je suis dans cette situation
    je me suis sentie pas respectée dans le sens où nous devions partir en wend nous attendions le bon moment et que la canicule s’estompe
    le jour” J” se présente et mon mari me dit nous ne partons pas parce que j’ai promis à ma tante e l’accompagner faire “un soin” sans une autre explication( alors qu’elle avait moyen d’être accompagnée par un voisin) nous n’avons pas eu d’autre explication!!je me suis sentie pas respectée et j’ai beaucoup de mal à faire le premier pas même si tout ce que vous dites me parait logique! peut être me faut il encore un peu de temps pour avoir plus de compassion et passer au dessus que mon amie appelle des enfantillages un conseil?, merci pour tous vos articles intéressants et qui aident les incarnés que nous sommes

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