simplicitéJ’ai beaucoup écrit au sujet de la simplification de la vie, de la philosophie qui la sous-tend aux étapes tactiques et techniques qui mènent à la simplicité.

Cependant, la vraie clé ne réside pas dans les étapes, mais plutôt dans nos habitudes mentales.

Par exemple, je pourrais bien me débarrasser du bazar physique qui m’entoure et simplifier mes journées afin d’avoir plus d’espace dans ma vie… mais tant que je n’aurai pas revu les habitudes mentales qui m’ont conduit à avoir une vie encombrée, je ne pourrai pas sortir de ce cercle vicieux.

Voici donc ce que j’ai découvert comme étant l’habitude mentale clé menant à la simplicité : remarquer la tendance de l’esprit à vouloir plus, mais ne pas y croire.

L’esprit en veut toujours plus. Et dans le même temps, il en veut moins — il y a une polarité de notre cerveau qui recherche la simplicité, mais qui en veut encore plus dans le même temps.

Pourquoi l’esprit veut-il les deux choses ? L’esprit en veut plus parce qu’il pense que cela le rendra heureux, parce qu’il voit la possibilité d’acquérir davantage et pense que l’acquisition de nouvelles choses l’aidera à soulager l’incertitude qu’il ressent.

L’esprit en veut moins lorsqu’il se sent stressé et submergé, et veut simplement être soulagé de ce sentiment pesant. Il croit qu’en larguant certaines choses il aura la paix.

Ces deux désirs de l’esprit sont faux, mais ils viennent d’une envie bienveillante.

Pourquoi est-il néfaste de vouloir plus et moins à la fois

Le désir d’en avoir plus est néfaste parce que, comme nous le savons tous, vous pouvez ressentir une certaine joie lorsque vous recevez un nouveau colis par la poste… mais habituellement, cette joie ne dure même pas toute une journée ; encore moins quelques jours. Ce pic de dopamine dans notre organisme suscité par l’envie et le fait d’acquérir plus est très temporaire… et cela ne nous rend pas heureux à long terme. Cela ne nous donne pas vraiment ce que nous espérons obtenir de la vie ; cette envie ne nous libère pas non plus de nos incertitudes.

Pensez à ceci :

  • Si vous vous faites du souci au sujet d’un voyage à venir, vous ferez des recherches sur la destination, vous achèterez de nouveaux vêtements ou des équipements pour vous sentir mieux préparé, vous ferez des plans et mettrez tout en place. L’incertitude ne disparait cependant pas, vous vous êtes simplement occupé à essayer d’avoir le contrôle de la situation et à vous en servir comme d’un moyen de faire face au stress de l’incertitude.
  • Vous adoptez un nouveau passetemps et vous êtes excité par les possibilités impressionnantes qu’il offre. Bien sûr, il vous a fallu acheter de nouvelles choses pour pouvoir profiter pleinement de votre passetemps, mais ce n’est pas grave, car vous allez vivre grâce à cela une nouvelle vie bien meilleure, n’est-ce pas ? En fait, votre vie pourrait même changer, mais ce ne sera jamais ce dont vous rêviez. Votre esprit vous joue simplement des tours.
  • Vous avez acquis ce joli nouveau sac, gadget, outil ou vêtement et vous vous dites : « Oh, la vie n’est-elle pas belle ? » Cependant, peu de temps après, votre vie redevient normale, sans s’être améliorée, sinon que désormais vous êtes un peu plus pauvre et vous avez un nouvel outil qui encombre votre espace.
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Ainsi donc, lorsque l’esprit veut plus, il cherche simplement à trouver le bonheur ou à se libérer du stress. Aucune de ces deux conditions ne réside réellement dans le fait d’acquérir plus de biens, mais cela n’empêche pas l’esprit d’essayer.

D’autre part, le besoin de l’esprit de vouloir moins est juste un désir de paix. Et ce n’est pas une mauvaise chose. Vous obtenez un peu de paix, je pense, quand vous réduisez vos possessions ou vos engagements. Créer de l’espace, c’est bien. Toutefois, au bout du compte, votre esprit trouvera toujours de quoi se plaindre — si ce n’est pas le fait de ne pas posséder assez de choses ou d’avoir trop de choses à faire, ce sera l’ennui ou la fatigue ou encore l’irritation.

La clé, c’est de changer vos habitudes mentales.

Changer les habitudes mentales

Changer les habitudes mentales est un exercice assez difficile. Vous devez être très conscient de vos pensées afin de pouvoir les changer.

Néanmoins, nous travaillons à ne pas laisser un défi aussi difficile soit-il nous empêcher de passer à l’action, n’est-ce pas ?

Le processus est simple :

  • prendre conscience de vos habitudes mentales au fil du temps
  • voir quels pourraient être leurs effets néfastes
  • arrêter de croire aux pensées
  • faire un effort pour les changer
  • et ne pas chercher la perfection à tout prix

Ainsi, avec l’habitude mentale de toujours en vouloir plus, vous pourriez simplement remarquer le fait que vous êtes en ligne et que vous cherchez un nouveau gadget à acheter, ou que vous êtes sur Amazon ou une autre boutique en ligne sur le point d’appuyer sur le bouton « Ajouter au panier ». C’est un bon signal vous indiquant que votre esprit en veut plus pour être plus heureux et/ou pour se libérer de l’incertitude.

Lorsque vous remarquez cela, posez-vous les questions suivantes (mention spéciale à Byron Katie) :

  1. Qu’est-ce que je crois obtenir si j’achète cela ? Plus de bonheur ? Moins d’incertitude ?
  2. Cette croyance est-elle vraie ?
  3. Quel effet cela a-t-il sur moi ? Croire cela m’aide-t-il ? Cela m’est-il nuisible ?
  4. Comment serais-je si je n’y croyais pas ?

Ainsi, si j’essaie d’acheter du nouveau matériel de voyage, je pourrais remarquer que je crois que le fait de me procurer ce matériel me rendra moins incertain. Quand je me demande si c’est vrai, je réponds : « Non, je sais par expérience que ce n’est pas vrai. Je ressentirai toujours de l’incertitude. »

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Je remarquerai aussi que cette croyance est nuisible, parce qu’elle encombre ma vie de plus en plus et vide mon compte bancaire, et cet état de choses ne m’aide certainement pas.

Comment serais-je si je n’y croyais pas ? Je serais moins enclin à acheter, plus apte à accepter mon incertitude et à trouver la paix, sans avoir besoin de m’en débarrasser.

J’essaie donc de changer cette croyance en me disant :

  • Je n’ai pas besoin de ce nouveau gadget
  • Je sais que cela n’apaisera pas mon incertitude
  • M’ouvrir à l’incertitude avec un cœur aimant est la voie à suivre

Puis, j’essaie de ressentir pleinement l’incertitude, en l’appréciant autant que j’apprécie le chocolat ou que j’aime rire. De cette façon, je ressens la beauté de la vie au milieu de l’incertitude.

C’est ainsi que nous pouvons changer nos habitudes mentales. Avec conscience, avec honnêteté, avec un cœur ouvert, et avec appréciation pour expérimenter l’immense joie de vivre au milieu du chaos.

Note : Cet article est une traduction de l’article The Key Mental Habit of Simplicity de Léo Babauta. C’est donc lui qui s’exprime dans le « je » de cet article !

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2 commentaires on L’importante habitude mentale de la simplicité

  1. Fabienne Delpech dit :

    J’ai remarqué en effet que lorsqu’on se remmene un souvenir de vacances, il ne ressemble plus à rien à la maison. Dans la boutique de souvenirs il y en avait tellement d’autres, pareils, de tailles différentes que l’on veut remmener un petit peu de vacances chez soi. Maintenant, je ne le fais plus mais prends une photo du stand. Le changement est impressionnant, mais il m’a fallu plus de 40 ans d’âge adulte pour y arriver. Merci merci

  2. Cindy dit :

    J’aime beaucoup cette idée de prise de recul sur soi, du fait de dézoomer une situation pour mieux l’appréhender. De plus, en se posant ce type de question “qu’est-ce que je crois obtenir si j’achète cela ?” et les autres, je trouve qu’on a l’occasion certes d’apprivoiser l’habitude mentale de simplicité mais aussi d’être pleinement honnête envers soi-même, de ne pas se leurrer en restant dans le brouillard. Clarifier les choses, éveiller sa conscience à l’instant et, à mon sens aussi, une jolie manière d’être plus en accord avec soi, d’être cohérent. Et la cohérence va de pair avec l’équilibre…

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