la gratitudeÉtant donné qu’il arrive des périodes où beaucoup de gens expriment de la reconnaissance pour tout ce qui se passe dans leur vie, il est normal de se demander comment aller plus loin dans l’expression de la gratitude.

« La gratitude » semble être un sujet banal et peut-être même ennuyeux pour beaucoup — nous savons tous que nous devrions être reconnaissants.

Et pourtant, il y a des domaines dans lesquelles nous ne cultivons pas la gratitude… et nos vies pourraient être beaucoup plus faciles, même plus comblées, si nous utilisions la gratitude dans ses profondes voies.

Prenons quelques exemples.

L’ennui

Je discutais récemment avec une amie qui n’aime pas rester immobile et calme, parce que cela lui parait ennuyeux. Elle se rend compte que ce n’est probablement pas bon pour elle, car elle ressent souvent le besoin de bouger, de s’occuper. Dans le même temps, elle aimerait apprendre à vivre pleinement l’instant, à ralentir parfois.

La réponse à l’ennui est la gratitude.

Prenons un exemple : vous éteignez votre téléphone, vous vous éloignez de l’ordinateur et vous allez vous assoir dehors sans livre, sans appareil, sans personne à qui parler, sans rien à faire.

Vous vous asseyez simplement là.

En quoi est-ce utile ? En quoi est-ce intéressant ? En quoi est-ce productif ? Vous pourriez répondre « en rien du tout », et ces questions peuvent même vous sembler ennuyeuses. Toutefois, je crois que cela est dû au fait que 1) nous ne sommes pas assez attentifs et 2) nous n’apprécions pas le don que constitue ce moment.

Si je suis assis seul et que je ne fais rien, je pourrais avoir envie de me lever et d’aller faire quelque chose, ou de prendre mon téléphone. Par contre, qu’adviendrait-il si au lieu de cela, je pouvais faire attention à ce que ressent mon corps, à ma respiration, à la lumière qui m’entoure, à la nature qui s’étend juste devant moi et aux sons qui se dégagent de l’univers en pleine activité ? Qu’adviendrait-il si au lieu de cela, je pouvais faire attention aux couleurs vibrantes, aux vies qui luttent pour survivre et prospérer ou encore au sentiment d’être en vie ?

Plus je fais attention, plus je me rends compte de la grandeur de ce don et plus je suis en mesure d’apprécier la valeur de tout cela.

La gratitude peut l’emporter sur l’ennui, si on la laisse faire.

Les difficultés

En général, nous considérons les difficultés comme une chose que nous n’aimons pas, et elles nous rendent malheureux : une personne désagréable avec laquelle nous traitons, la perte d’un emploi, la lutte face à un problème de santé, la perte d’un être cher.

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Et c’est vrai, ce ne sont pas des choses que l’on considère généralement comme étant « bonnes ». Je ne prétends pas que nous devrions nous réjouir d’être confrontés à ces problèmes.

Toutefois, y a-t-il un moyen de témoigner de la gratitude lorsque nous vivons ces problèmes ? Y a-t-il un moyen de les voir comme un don ?

On peut trouver le moyen de témoigner de la gratitude même au cœur de nos luttes :

  1. Lorsque nous avons affaire à une personne désagréable, nous pouvons être reconnaissants d’avoir d’autres personnes dans notre vie ; d’être en vie avant tout ; d’avoir une personne avec qui nous avons une relation et qui nous aide à nous améliorer dans ce sens (y compris nos collègues et les membres de notre famille) et d’avoir un moyen d’apprendre la patience et la communication. Nous pouvons considérer cette personne comme notre enseignant qui nous aide involontairement à devenir plus forts et à grandir en tant que personnes.
  2. Si nous perdons notre emploi, cela peut être très difficile… mais nous pouvons aussi et avant tout être reconnaissant d’avoir eu un emploi, même si ce fut pour un certain temps seulement. Nous pouvons être reconnaissants d’avoir des économies et/ou des proches pour nous aider (ou peut-être pouvons-nous nous appuyer sur des étrangers pour nous venir en aide). Nous pouvons témoigner de la gratitude pour l’occasion que nous avons de repartir à zéro, de nous réinventer, d’entrer dans l’inconfort qu’implique le fait de s’améliorer pour passer des entretiens, d’apprendre de nouvelles compétences et de commencer une nouvelle carrière. Nous pouvons montrer de la gratitude pour l’opportunité que nous avons de grandir, même au milieu de la douleur.
  3. Les batailles liées à la santé ne sont jamais amusantes et peuvent souvent être très douloureuses et démoralisantes. Je ne prétends aucunement que c’est bien de vivre cela. Toutefois, la douleur peut peut-être être atténuée si l’on témoigne de la gratitude parce que l’on est en vie. Cette douleur peut être atténuée si nous sommes reconnaissants d’avoir des proches qui pourraient nous aider ; si nous sommes reconnaissants d’être capables de ressentir le mal que nous avons, d’entendre, de voir et de ressentir le gout de ce que nous consommons. Nous tenons ces autres choses pour acquises parce que nous nous concentrons sur la partie que nous n’aimons pas. Nous pourrions même montrer de la gratitude pour la chance que nous avons de pouvoir méditer sur la douleur, ce qui est un moyen puissant de grandir.
  4. Perdre un être cher est bien sûr une expérience douloureuse. Toutefois, pouvons-nous être reconnaissants d’avoir profité du don qu’a été cette personne dans notre vie ? Mon père, par exemple, était parfois « un vrai emmerdeur », mais je suis tellement reconnaissant de l’avoir eu dans ma vie, d’avoir profité de ses blagues déplacées, de sa passion pour la vie, de son art, de son amour, de sa musique, de son visage souriant. Je l’ai côtoyé pendant plus de 40 ans, et ce fut un don absolu. Sa mort me rappelle aussi que je ne dois pas prendre pour acquises les autres personnes que j’aime, et chaque fois que je témoigne de la gratitude pour les autres membres de ma famille, mes bons amis, et vous tous… je dois remercier sa mort pour cela.
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Il n’est pas facile de trouver de la gratitude dans les difficultés… mais elles peuvent devenir des chemins incroyables de croissance et d’apprentissage, si nous voyons en elles des leçons à tirer, si nous commençons à considérer tout ce qui nous arrive comme notre enseignant, surtout la douleur et la lutte.

Les plaintes

Beaucoup parmi nous avons l’habitude mentale de nous plaindre — d’une situation ou d’une autre personne par exemple. Nous ne nous rendons peut-être même pas compte que nous le faisons, mais chaque fois que nous ressentons un peu de ressentiment, c’est une forme de plainte. Et c’est un bon moyen pour gâcher nos vies.

La gratitude est l’antidote au ressentiment, à l’irritation, à la frustration et aux plaintes.

Chaque fois que vous remarquez que vous avez du ressentiment ou que vous vous plaignez, remarquez que vous avez une histoire dans votre tête qui cause un sentiment de ressentiment. Remarquez que vous laissez cette intrigue vous remplir la tête. Et ensuite, trouvez un moyen d’être reconnaissant.

Abandonnez l’habitude du ressentiment et de la plainte toutes les fois où vous en remarquez les manifestations. Choisissez plutôt l’habitude de la gratitude. Voyez la différence que cela peut produire.

Le sentiment d’être submergé

Nous pouvons nous sentir stressés et débordés pendant plusieurs jours, surtout pendant la période des Fêtes, lorsque nous ajoutons les activités sociales, le shopping, les réunions de famille, la cuisine et la décoration à notre vie déjà bien remplie.

Comment surmonter ce sentiment d’être débordé ?

En étant reconnaissants pour toutes les choses qui nous submergent. En chérissant chaque élément de notre liste de choses à faire, chaque personne qui nous fait une demande par texto ou par courriel, chaque évènement qui nous stresse. Chacune de ces choses constitue un don absolu, et se sentir submergé, c’est se plaindre de ces dons. Pour parvenir à apprécier chacun de ces dons, vous devez laisser tomber le stress au profit de l’amour du chaos.

Note : cet article est une traduction de l’article Gratitude to Overcome Boredom, Difficulties, Complaining, & Feeling Overwhelmed de Léo Babauta. C’est donc lui qui s’exprime dans le « je » de cet article !

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5 commentaires on Surmonter l’ennui, les difficultés, les plaintes et le sentiment d’être submergé par la gratitude

  1. Jung dit :

    En effet, pourquoi choisir la facilité en exprimant de la gratitude pour tout ce qui nous apporte joie et plaisir ? Pourquoi ne pas éprouver également de la gratitude pour ce qui nous met en difficulté, nous pousse hors de notre zone de confort, nous demande des efforts ?
    Bref, un article qui permet de voir le “problème” sous un angle différent. Merci pour cette lecture inspirante.

  2. Chaque étape de notre vie nous apporte les éléments d’accomplissement. Les faciles et les difficiles. Elles nous construisent, nous font grandir.
    La gratitude s’applique à toutes.

  3. Vasse dit :

    Effectivement chaque instant de notre vie nous apprend quelque chose de nouveau….

  4. Très riche sujet.savoir tirer des leçons dans nos différents, prendre le côté positif dans nos differends avec autrui,tout cela nous grandit.

  5. Rama dit :

    Cet article m’a fait un bien fou, car il m’a ouvert les yeux et m’a permis de vivre autrement, les choses qui, à première vue me semblaient désagréables… Il suffisait juste d’ouvrir mon esprit et mon cœur pour comprendre..
    Merci!!!

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