Être plus zen en élevant votre bébé sans couches, c’est possible ! Je vous explique comment procéder afin que vous compreniez comment cela peut vous simplifier la vie avec vos enfants. Je vous donnerai ensuite la liste – certainement non exhaustive – des situations ennuyeuses que vous éviterez avec votre bébé.

L’hygiène naturelle infantile ou HNI

S’occuper d’un bébé est synonyme de couches, en Occident. Pourtant, 60 % des bébés du monde n’en porte pas. Dans la majeure partie des pays d’Afrique et d’Asie, notamment, les mères savent s’occuper des besoins d’élimination de leur bébé sans avoir recours aux couches. Elles savent anticiper les moments où le bébé a besoin d’éliminer pour l’aider à le faire ailleurs que sur lui-même. Et elles transmettent ce savoir à leurs filles qui se comporteront comme ça avec leurs propres enfants, qui le feront à leur tour quand ils deviendront parents, et ainsi de suite… En Occident, nous appelons cela l’hygiène naturelle infantile. hygiene naturelle infantile hni

Note : Cet article invité a été écrit par Natacha Guillaume des blogs Belle telle quelle et Heureux sans couches

Qu’est-ce que l’hygiène naturelle infantile (HNI)?

L’HNI est donc un mode de communication qui s’établit entre le parent et son bébé. Les bébés communiquent avec leurs parents pour leur exprimer leur besoin de manger, dormir, être rassuré… et aussi d’éliminer ! Et ce, dès la naissance.

Un lien profond

Le parent sait quand son enfant veut faire pipi et caca et, de ce fait, peut lui proposer d’éliminer dans un pot, une bassine, les toilettes ou dans la nature. Il aura observé son bébé pendant un certain temps – 1 à 2 semaines-, sans couches, pour se rendre compte de ses rythmes d’élimination, et ainsi, ne pas proposer au bébé “n’importe quand” d’éliminer – ce qui peut perturber le rythme naturel et les sensations de besoins d’éliminer, ce qui est néfaste. Cette technique permet donc de se passer partiellement ou totalement de couches.

Concrètement, le parent peut s’aider de trois outils afin de déceler les besoins d’élimination de son bébé :

  • Les rythmes et habitudes
  • Les signaux
  • L’intuition

Les rythmes et habitudes

Ce sont toutes les habitudes associées à l’élimination que le bébé a et que le parent peut remarquer et noter. Ceci lui permettra de savoir quand proposer le pot/WC au bébé, en tenant en position et en suggérant. Il y a des rythmes que beaucoup de bébés ont et qui sont très connus comme faire caca tous les matins, ou faire pipi au réveil.

Les signaux

Il s’agit de toutes les choses que le bébé fait, consciemment ou pas, afin d’indiquer à ses parents qu’il veut éliminer. Les plus connus sont la survenue de gaz, l’intense concentration voire l’arrêt net dans ses activités avant de faire caca et le fait de se toucher les parties intimes ou de vouloir sortir des bras ou de l’écharpe de portage avant de faire pipi. Le parent pourra remarquer bien d’autres signaux et, bien-sûr, tous les bébés n’émettent pas ces signaux-là.

elever votre bebe sans couches

L’intuition

Elle est bien réelle et pourtant mal reconnue. Scientifiquement parlant, nous savons que nous pouvons être chimiquement lié à quelqu’un, à tel point que nous ressentons ce qu’il ressent, même sans que cela soit verbalisé. Comment reconnaître une intuition ? Nous la ressentons lorsque nous percevons une pensée « parasite », une émotion liée à notre enfant mais à un moment où on ne s’y attend pas. Ou lorsque ni ses rythmes et habitudes, ni ses signaux ne semblent montrer que le bébé a besoin d’éliminer mais que, pourtant, nous ressentons un fort sentiment : celui qui nous dit que notre bébé a besoin de faire pipi ou caca. Lorsque le parent détecte un ou plusieurs de ces outils, il peut suggérer au bébé d’éliminer.

La suggestion

Il s’agit de proposer au bébé de faire pipi ou caca ailleurs que dans une couche, en le tenant en position et de faire un son suggestif. Il peut s’agir du son « psss » ou d’un grognement, d’un signe – les signes « pipi » ou « caca » – , ou de dire le mot « pipi » et/ou « caca », ou de laisser couler l’eau d’un robinet ou d’une douche. Suggérer ainsi permet au bébé de reconnaître que son parent a compris son besoin, et qu’il lui permet de se soulager « au bon endroit ». Le bébé auquel on proposera toujours la même suggestion saura qu’il peut éliminer sainement car cela deviendra habituel. Le son de l’eau qui coule est une suggestion très connue et qui fonctionne très bien dans le monde entier avec beaucoup de bébés lorsqu’il s’agit d’un besoin de faire pipi.

Les positions

On peut pratiquer l’HNI dès la naissance, et donc, pour proposer au bébé d’éliminer, on portera en position physiologique uniquement.

La plus connue est la position de base :

Le dos du bébé contre le ventre du porteur, et les genoux du bébé relevés jusqu’à l’abdomen. C’est la position qui se rapproche le plus de la position accroupie, celle que nous devrions tous adopter pour aller aux toilettes. Elle permet de se soulager complètement, dans des conditions saines et, normalement, sans pousser. Elle prévient les problèmes d’hémorroïdes, de constipation et les problèmes gynécologiques. Les peuples vivant de manière traditionnelle éliminent uniquement en position accroupie et ne connaissent pas ces problèmes. La respiration du porteur peut aussi elle-même suggérer l’élimination au bébé : elle sera calme, profonde, ventrale. Pour les nouveau-nés et nourrissons, on proposera bien souvent d’éliminer en position allongée sur l’avant-bras du porteur.

Est-ce réellement faisable ?

En Occident, c’est certain, nous ne vivons pas dans la nature. Nous pouvons donc potentiellement « salir » le sol ou le mobilier en pratiquant l’HNI. Mais pas plus que si le bébé porte des couches de manière conventionnelle, en fait. Lorsque le bébé est élevé de cette dernière manière, comme la plupart des bébés en Occident, il fera ses besoins sans que personne ni même lui, à la longue, ne s’en rende compte. Il cessera petit-à-petit de vouloir communiquer avec ses parents à ce sujet. Ses parents n’auront donc aucune idée du moment où celui-ci élimine, ni dans quelles quantités. Un parent pratiquant l’HNI peut déceler le moindre changement dans le comportement de son enfant ou dans ses rythmes d’élimination : cela peut lui indiquer que son enfant va tomber malade, par exemple. Quelques aménagements simples permettent de garder son domicile sain et propre. Et si cela devient stressant, on peut pratiquer en mettant des couches à son enfant !

Comment être plus zen en élevant son enfant sans couches (ou presque)

Vous l’aurez compris, l’idée de départ n’est pas de laisser son enfant sans couches. On peut bien-sûr le faire, si on le sent. Mais pratiquer l’HNI en mettant des couches à son bébé paraît être la manière de la pratiquer que l’on rencontrera le plus, par chez nous.

zen en elevant son enfant sans couches

Concrètement, on évite :

Les érythèmes fessiers

Le port de couches jetables sans communication sur l’élimination en est à l’origine, entre autres. Même si l’on met des couches jetables à son bébé et que l’on pratique l’HNI, on ne le laissera pas macérer dans ses excréments, ce qui peut également provoquer des érythèmes fessiers, si les selles sont acides.

Les coliques du nourrisson

L’enfant élimine dans un petit pot ou dans les toilettes et non dans sa couche. Ce qui est à l’origine des coliques c’est le fait d’en faire porter une au bébé et de le laisser éliminer dedans tout le temps, car la couche enserre l’abdomen de l’enfant dont la sangle abdominale n’est pas encore formée. Les intestins sont comprimés et ne se vident pas entièrement. Les gaz ne sont pas expulsés…

soigner les coliques du nourrisson couches

L’énurésie nocturne chez l’enfant devenu continent

Les enfants ayant pratiqué l’HNI avec leurs parents acquièrent la continence petit-à-petit et ne perdent jamais la conscience de leur élimination.

Sensations perdues

En portant des couches de manière conventionnelle, bien souvent la continence survient d’un coup, beaucoup plus tard que chez un enfant ayant été élevé en HNI. On a stoppé la communication que le bébé tentait d’établir avec son parent. Il perd donc la conscience de son élimination et doit réapprendre à reconnaître ces sensations à l’arrêt du port de couches. Cet enfant ne peut pas uriner sur commande si le besoin est là. Il doit attendre que la vessie soit bien remplie pour sentir qu’il a besoin d’éliminer, et bien souvent, cela n’est pas suffisant pour le réveiller la nuit. L’enfant fera donc pipi au lit. Un bébé pratiquant l’HNI peut très tôt passer une nuit entière sans faire pipi, même en étant allaité plusieurs fois dans la nuit. Il sécrète activement de l’ADH, l’hormone qui inhibe la fabrication d’urine pendant le sommeil. Les enfants ayant été élevés avec des couches de manière conventionnelle semblent en manquer, et parfois cruellement.

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Le stress de la « propreté » à l’inscription à l’école de l’enfant

La continence s’acquiert petit-à-petit en HNI, et elle survient totalement entre 1 an et 2 ans. Beaucoup de parents ne pratiquant pas l’HNI commencent l’apprentissage conventionnel du pot avec leur enfant quelques semaines avant l’entrée à l’école, soit vers 2 ans et demi. C’est souvent une grande source de stress, car l’enfant « doit » faire son entrée à l’école à 3 ans sans couches…

Des parents perdus et des enfants déboussolés

Beaucoup de parents ne savent pas comment s’y prendre et ne connaissent pas la physiologie de l’élimination ni la manière dont l’enfant peut vivre les choses. Encore une fois, l’enfant ayant porté des couches sans communication ne sait pas éliminer sur commande lorsqu’il en a besoin, donc peut avoir envie d’aller aux toilettes quelques minutes après une proposition infructueuse de la part du parent ou du tuteur. Il redécouvre totalement toutes les sensations associées à l’élimination :

  • L’envie de faire pipi ou caca

  • Le fait que l’urine ou les selles coulent et ne soient pas retenues lorsqu’il est sans couches (cela surprend beaucoup d’enfants au mieux, et en indiffère d’autres, au pire)

  • Les gaz qu’il prendra pour une envie de faire caca

Toutes ces sensations peuvent extrêmement désagréables car très nouvelles et donc perturbantes. Voilà pourquoi pratiquer l’HNI est très sain car on ne casse pas le processus d’acquisition de la continence naturellement mis en route dès la naissance. Processus perturbé par le port de couches jetables sans communication sur l’élimination.

Les changes inopinés

Tout parent qui se respecte a déjà expérimenté le change de la couche de son bébé ayant fait caca au beau milieu d’un lieu où il n’y a ni eau, ni savon, ni surface plane, ni poubelle…

L’HNI, c’est pratique!

Lorsqu’on pratique l’HNI, l’enfant fait ses besoins hors de sa couche, s’il en porte, tenu en position par son parent. Il n’y a qu’une quantité infinitésimale d’excréments à nettoyer sur le derrière du chérubin. On ne se salit pas les mains ou rarement. Les vêtements du bébé restent propres. Il n’y a pas de couches malodorantes à trimballer. Le bébé n’est pas gêné pendant un change inconfortable et long, qui, de plus, stressera ses parents… Il suffira simplement de trouver un endroit un peu à l’écart pour préserver l’intimité de l’enfant, d’avoir une lingette ou du papier toilette ou de l’eau pour rincer, et le tour est joué en quelques minutes !

Les sorties

On peut pratiquer à peu près partout, même s’il n’y a pas de toilettes. Utilisez les baignoires, les douches, les lavabos, les espaces verts (en restant bien sur les côtés pour respecter les autres), les caniveaux au bord de la route :

  • dans les magasins (où l’on peut même demander à aller dans les toilettes du personnel, je l’ai fait !)
  • sur les parkings (il y a toujours un peu de verdure, pour la grosse commission)
  • dans les cabinets médicaux
  • chez des amis, la famille
  • dans les gares, les aéroports
  • en voyage en voiture, au bord de la route ou sur une aire d’autoroute
  • dans les avions, les trains, les bateaux
  • dans la nature…
  • bref, partout !

heureux avec un bebe sans couche

De polluer la nature

Et oui, la couche jetable est un des consommables les plus polluants. Elle met environ 450 ans à se dégrader et un bébé en consommera environ 4500 (minimum) jusqu’à ses 3 ans.

Utiliser des couches lavables

On peut utiliser des couches lavables. Elles n’offrent pas l’effet « bébé au sec » qu’il est préférable de ne pas rencontrer si l’on veut que le bébé garde la conscience de son élimination. Il faudra quand même les laver ce qui n’est pas des plus écologiques mais qui l’est toujours plus que d’en jeter une dans la nature. Donc, c’est mieux pour pratiquer l’HNI.

Des bénéfices sur le long terme

Et même si vous pratiquez l’HNI avec des couches jetables, vous en consommerez toujours moins que si vous ne pratiquiez pas. Votre bébé et vous créerez une complicité forte sur ce sujet. Même si on n’arrive à faire faire ses besoins à son bébé qu’une seule fois dans la journée, on aura économisé une couche, et c’est déjà énorme. De plus, on maintient la conscience que le bébé a de son élimination. La vessie se muscle contrairement à celle d’un enfant portant des couches sans communication. Le volume d’urine grossit de jour en jour. Vous pouvez le mesurer d’une semaine sur l’autre et comparer. C’est ce que j’ai fais avec ma fille et c’est impressionnant! Ce faisant, on chemine plus vite et plus efficacement vers la continence totale…

D’alléger son porte-feuille

L’HNI, si on veut, ça peut être totalement gratuit ! Il existe du matériel et des vêtements spécifiques pour pratiquer et qui peuvent aider pour des situations précises et en fonction des cas. Cependant, on peut s’en passer et pratiquer en « bricolant » du matériel soi-même et en adaptant les vêtements que l’on a déjà chez soi. Et même si vous achetiez du matériel et des vêtements spécial HNI, des couches lavables et tous les livres disponibles en français sur le sujet, vous feriez quand même des économies par rapport à un parent ne pratiquant pas !

De se compliquer la vie

Qui a dit qu’avoir un bébé était synonyme de complications ? Élever son enfant en pratiquant l’HNI, c’est se simplifier la vie. On pourrait penser le contraire lorsqu’on vit en Occident et qu’on est habitué au schéma classique, à savoir qu’un bébé doit porter des couches. Cela a été crée pour soi disant décharger les parents d’une tâche salissante… Mais ça n’est vraiment pas la réalité ! En HNI, pas de couches ou très peu, on part de chez soi avec le strict minimum, on s’écoute et on écoute les besoins de son bébé, on apprend à faire confiance à son instinct… En somme, on adopte la zen attitude!

Je n’arrive pas à repérer les signaux

Restez zen, si cela arrive ! Même si vous arrivez à repérer les signaux, vous ne pourrez pas « attraper » tous les pipis et cacas de votre progéniture. Il y a des moments dans la journée où vous ferez d’autres choses. Vous avez aussi peut-être d’autres enfants auxquels vous donnez de l’attention. On ne peut pas être au four et au moulin, comme on dit.

Alors, que faire ?

Vous pouvez vous baser sur les rythmes et habitudes de votre bébé. Vous pouvez également tenter de vous fier à votre intuition. N’oubliez pas que les signaux changent à mesure que l’enfant grandit et il n’est pas toujours simple de les comprendre.

Portez votre enfant

Cela peut également beaucoup vous aider pour arriver à capter certains signaux. Et si votre bébé n’a pas fait pipi dans sa couche pendant le portage, ce qui arrive très souvent s’il s’endort, c’est le moment de lui suggérer de le faire… A la longue et en gagnant de la confiance en la pratique, vous pourrez même porter sans couches!

reperer les signaux de son enfantIl n’y a pas que les signaux qui comptent

Quoiqu’il en soit, pour vous aider dans la pratique de l’HNI, l’interprétation des signaux n’est pas la seule chose sur laquelle vous pouvez compter.

Lâcher prise

Et si vraiment cela vous stresse trop, lâchez prise, et faites autre chose. C’est un moment où mettre une couche à votre bébé peut être indispensable. Tentez de moins vous mettre la pression! Il vaut mieux un parent zen d’un bébé avec couches, qu’un parent stressé d’un bébé sans couches… Pratiquer avec couches est tout-à-fait faisable. Et à temps partiel également.

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Surmonter sa frustration envers les ratés et les régressions

Tous les parents pratiquant l’HNI sont confrontés aux « accidents ». Les excréments atterrissent par terre ou dans le pantalon. Soit dit en passant, si vous ne pratiquez pas, au moment où votre enfant cessera de porter des couches pour aller au pot ou aux WC, il y aura également des moments où le pipi et/ou le caca s’échapperont.

Petite comparaison avec l’apprentissage conventionnel du pot

L’acquisition de la continence, qu’elle se fasse de manière classique ou en pratiquant l’HNI se fera nécessairement en passant par des « ratés ». Tout d’abord, cela est naturel. L’enfant, en grandissant, apprend et voit des milliers de choses différentes tous les jours. Son cerveau est extrêmement sollicité. On apprend plus dans les 3 premières années de vie que dans tout le reste de notre vie, c’est dire! Il y a donc des moments où l’enfant ne pourra pas se concentrer uniquement sur son élimination, pendant l’acquisition de la marche ou du langage, notamment.

Comment faire ?

Vous savez maintenant ce qu’il peut se passer dans la tête de votre enfant. Comprendre cela vous aidera à garder votre bienveillance naturelle envers lui. Se le remémorer de temps en temps vous aidera à passer les caps de son apprentissage.

Validez-vous dans ce que vous faites

Soyez également bienveillant envers vous-même. Vous n’êtes pas Superman ou Superwoman, vous ne pouvez pas tout faire parfaitement et être partout à la fois. Si vous sentez de la colère ou de la rancœur, accueillez ce sentiment. C’est normal de ressentir cela… Je ne dis pas que vous allez forcément le ressentir car, ça ne m’est pas arrivé. J’ai ressenti de la culpabilité, mais j’y reviendrai plus tard. Peu de parents pratiquent l’HNI en Occident, soyez-en conscient. Vous faites l’effort de tenter autre chose que de laisser votre enfant macérer dans ses déjections. Vos parents ne le faisaient certainement pas, vous avez donc dû apprendre seul, avec le peu de ressources disponibles sur le sujet. Ce n’est pas inné, vous avez donc le droit à l’erreur… Ce que vous faites, c’est déjà énorme pour votre enfant !

Ma propre expérience de l’hygiène naturelle

Signes bébé

Il y a bien longtemps, alors que j’étais en formation dans le cadre de mon métier d’assistante maternelle, j’ai entendu parler des signes bébé. L’idée m’a tout-de-suite plu. Il s’agit de signer un mot ou une idée, en s’inspirant des signes présents dans la Langue des Signes Française (LSF) lorsqu’on s’adresse à un bébé (à partir de 6 mois, environ) pour qu’à son tour, un beau jour, il puisse lui-même signer avant de pouvoir parler, et ainsi, communiquer ses besoins. La communication avec un enfant d’âge préverbal, et plus encore lorsqu’il commence à parler, peut parfois être chaotique. L’enfant ressent souvent de la frustration et/ou de la colère de n’être pas compris.

Ma découverte de l’HNI

En me documentant sur les signes bébé, je suis tombée sur le témoignage d’une maman disant que dans sa pratique de l’HNI, cela l’avait beaucoup aidée de connaître les signes. Elle disait avoir signé les mots « pipi », « caca » et « pot/WC » pour montrer à son enfant qu’elle avait compris son besoin d’éliminer. C’était la première fois que j’entendais parler de HNI. Cela m’a paru extraordinaire comme manière d’être. J’étais admirative mais encore loin d’imaginer pouvoir le faire avec mes enfants. Je n’étais d’ailleurs pas encore mère.

Pratique préjugée

La première idée reçue concernant l’HNI, et qui lui porte également beaucoup de tort, c’est que c’est dur, voire impossible. Les parents pratiquant seraient des marginaux, des magiciens ou des gens complètement illuminés ne vivant pas sur la planète Terre. C’est complètement faux, bien-sûr, puisque JE l’ai fait avec ma fille. Et que je recommence en ce moment même avec mon fils. Je suis une maman normale : je me trompe parfois dans l’éducation que je donne à mes enfants, souvent je crie car ils ne font pas ce que je leur demande, et chez moi, ce n’est pas toujours très propre…

Mes débuts en HNI

Attendre…

Lorsque j’étais enceinte de ma fille, j’ai repensé à ce que j’avais lu à propos de cette maman qui signait pour proposer le pot à son bébé. J’ai décidé d’en apprendre plus sur cette pratique mystérieuse. J’ai donc lu « Sans couches, c’est la liberté » d’Ingrid Bauer. Ce livre m’a secouée, touchée, et même émue au larmes. J’ai tout-de-suite eu envie de mettre en pratique ce que j’y avais trouvé. Mais il fallait pour cela attendre la naissance de ma fille…

Attendre, encore…

Lorsque j’ai accouché, je suis tombée très malade. J’ai attendu d’être complètement rétablie pour, enfin, commencer à pratiquer avec elle, lorsqu’elle avait 2 mois. C’était absolument extraordinaire ! J’ai trouvé ça magique de comprendre ce qu’elle voulait me dire. De voir qu’en lui montrant que j’avais compris son besoin, je renforçai le lien existant entre elle et moi. Et que la communication devenait de plus en plus simple, fluide, efficace. J’étais très fière et contente de l’aider à éliminer loin d’elle-même, et surtout, de voir qu’elle ne faisait jamais caca dans sa couche. Comme je n’ai pas pu allaiter, cela m’a permis de me sentir très proche d’elle malgré cela. J’ai pu ressentir beaucoup de choses que, j’en suis sûre, je n’aurai pas compris sans cela comme le fait de voir qu’elle couvait quelque chose, par exemple. Le rythme d’élimination étant perturbé, pour exemple de ce qui peut changer quand son enfant est malade, chose qu’on ne remarque pas ou beaucoup moins bien lorsque l’enfant porte des couches sans communication sur l’élimination. Lorsqu’on est proche de son bébé à ce point, on se sent zen.

Bien-sûr, j’ai du affronter quelques obstacles en pratiquant l’HNI, comme :

  • Le regard des autres
  • Ne pas savoir si c’est bien le moment pour mon enfant d’éliminer ou si je m’embête à la déshabiller pour rien
  • La culpabilité d’avoir loupé un pipi qui est resté un moment dans la couche
  • Mon excès de zèle qui agaçait parfois ma fille
  • Avoir mis un moment à comprendre qu’il est important de respecter le rythme d’élimination de mon bébé pour ne pas perturber son cycle éliminatoire en lui proposant trop souvent

faire pipi dans l'herbe bebe

Conclusion

Jamais je n’ai été énervée ou triste que ma fille fasse pipi ou caca par terre. Jamais je n’ai pensé que cette méthode ne servait à rien, ou pire qu’elle était néfaste. Et jamais je n’ai douté de la capacité de mon enfant à communiquer clairement et volontairement avec moi. La confiance en ce qu’on fait avec son enfant, pour lui, c’est pour moi la base pour vivre une expérience sereine. Je suis maintenant beaucoup plus zen dans la pratique avec mon fils, l’expérience précédente m’ayant beaucoup appris. Je ne fais plus de zèle, je me fie quasiment tout le temps à mon intuition – même si les rythmes et habitudes de mon bébé correspondent aussi. J’accepte totalement de pratiquer à temps partiel, et suis à l’aise avec cela. Je ne comprends pas toujours les signaux et suis encore dans l’apprentissage (qui ne cesse jamais en la matière) mais cela est très fluide. Je suis encore gênée par le regard des autres, par contre. Mais j’en comprends mieux le sens et l’origine : la plupart des gens ne comprend tellement pas ce que je fais qu’elle ne remarque rien. Et quand elle le remarque elle n’en parle pas… Je n’aime pas ne pas savoir ce que les gens pensent. Et j’aime pouvoir expliquer ce que je fais pour éviter la méprise (qui est très grande concernant l’HNI). Sauf que j’ai rencontré peu de gens qui s’intéressent vraiment à ça, à part sur les réseaux sociaux.

Natacha Guillaume de Heureux sans couches

Crédits Photo : Yolanda, Pexels, Melindarmacoronikidcom, Joffi, Pexels, Neslinglibrary, Natacha Guillaume,

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