faire face aux grands changementsCela peut être stressant, voire angoissant d’être submergé par un grand nombre de grands changements. Il peut même arriver que ces sentiments changent un temps de changement en un temps de misère. Nous traversons tous des périodes de grands changements dans notre vie : divorce, décès dans la famille, changement d’emploi (ou perte d’emploi), déménagement dans une nouvelle maison ou dans une nouvelle ville, turbulences dans les relations, chaos politique, toutes sortes d’incertitudes et d’exigences par rapport à notre temps et notre attention. Cela peut être accablant et pénible.

Cependant, que se passerait-il si nous pouvions réussir à faire face à tous les grands changements ? Cela nous ouvrirait le temps du changement, de sorte que ces moments soient des moments de consolidation, de croissance et même de joie. Ce qui est bien, c’est que nous pouvons nous entrainer à faire face à des périodes de grands changements. Sachez ceci : en réalité, nous sommes toujours en période de grands changements. Si vous attendez que les choses se calment, vous feriez bien de lâcher prise et de vous détendre dans l’absence de fondement.

« Nous sommes toujours en transition. Si vous pouvez être à l’aise avec cette idée, vous n’aurez aucun problème. » ~ Chogyam Trungpa

Intéressons-nous maintenant à comment entrainer l’esprit pour qu’il soit capable de faire face aux grands changements.

Comment notre esprit réagit-il généralement au changement

Imaginez si toute votre vie était bouleversée du jour au lendemain — une tempête est survenue et a détruit votre maison et votre activité, et vous ne parvenez pas à retrouver tous ceux qui comptent pour vous. Vous n’avez plus aucun bien, plus aucun moyen de communiquer. Comment votre esprit réagirait-il ? Il réagirait logiquement sur la base des habitudes qui se sont formées depuis votre enfance. Voici quelques manières courantes de réagir à de grands changements comme celui-ci :

  • Votre esprit se plaint — il n’aime pas les grands changements qu’il n’a pas choisis. Votre esprit vous amènera à vous demander « pourquoi moi ? » et/ou il se mettra en colère. Il est en effet généralement mécontent des changements.
  • Votre esprit en veut aux autres — il les blâme et cherche même à se défouler sur eux. Votre esprit se demande : « Pourquoi se sentent-ils obligés d’agir ainsi ? » Bien sûr, cela finit par mettre de la distance entre les autres et vous.
  • Votre esprit recherche le confort — un retour à ce à quoi vous êtes habitué, à ce que vous connaissez, aux choses vers lesquelles vous vous tournez généralement lorsque vous recherchez du confort. Par exemple, si vous deveniez un sans-abri, vous pourriez boire un soda ou manger des frites ou faire autre chose, juste pour vous réconforter. En fait, nous nous réconfortons tout le temps pour faire face au stress et au changement : consommer des aliments industriels, faire du shopping, regarder la télé ou voir des vidéos YouTube, consulter le téléphone, aller sur les réseaux sociaux, regarder de la pornographie, etc.
  • Votre esprit essaie de prendre le contrôle. Ce n’est pas toujours une mauvaise chose, mais il ne sert à rien de chercher constamment à contrôler les choses. En effet, cela peut être stressant d’essayer de contrôler ce qui est généralement incontrôlable.
  • Il existe également d’autres manières de s’en sortir — parler à quelqu’un, faire de l’exercice, méditer, boire du thé, prendre un bain, etc. Ce sont ordinairement des habitudes que les gens créent pour s’en sortir plus sainement. Cependant, dans l’exemple que j’ai donné (une tempête qui vous rend sans-abri), et dans beaucoup d’autres situations, il se peut que ces options ne soient pas adaptées.

Ce que nous allons apprendre, c’est une autre manière de faire face au changement qui nous aidera dans n’importe quelle situation, réduira le stress, ouvrira notre esprit à des expériences chaotiques et nous aidera à trouver joie et gratitude au milieu des turbulences.

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Comment changer d’état d’esprit

À part le fait d’en parler ou de prendre un bain, que pouvons-nous faire pour changer notre manière de faire face aux grands changements ? Tout commence lorsque nous prenons conscience que le fait de ne pas aimer les grands changements, de stresser à cette idée et d’y résister sont des choses qui se produisent dans notre esprit. Toute pensée stressante et inquiétante, à propos des grands changements, vient de notre esprit. La bonne nouvelle, c’est que si c’est dans notre esprit que cela se produit, nous pouvons y faire quelque chose. Nous pouvons lâcher prise, changer les choses, nous ouvrir aux choses… parce que notre esprit est capable de s’adapter et de s’entrainer.

La mauvaise nouvelle, c’est que souvent, nous ne voyons pas ce que notre esprit fait et qui cause nos difficultés. Par conséquent, nous blâmons les circonstances extérieures. Cependant, avec cet entrainement, nous apprendrons à le voir. Voici alors comment nous pouvons modifier notre manière de faire face au changement et au stress :

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1. Remarquez lorsque vous ressentez du stress ou de la résistance face au changement. Normalement, vous êtes familier avec au moins l’une des réactions mentionnées dans la section précédente. Ainsi, avec un peu d’entrainement, vous pourrez y voir plus clair. Avez-vous l’habitude de consulter les médias sociaux ou vos sites d’informations préférés ? Vous pourriez être en train de résister à quelque chose.

2. Plongez dans la simple expérience du moment. Vous stressez et résistez à cause de ce que vous pensez de votre situation (ou de celle des autres). Les pensées sont la cause de votre souffrance, pas les situations que vous vivez. La situation existe, ce n’est pas une mauvaise chose. Ainsi, au lieu de continuer à être emporté par vos pensées, plongez dans la simple expérience du moment. Pour ce faire, concentrez votre attention sur ce qui se passe dans votre corps en ce moment même. Que ressentez-vous ? À quoi ressemblent les sensations de stress ou de conscience que vous ressentez dans votre corps ?

Ne portez pas de jugement et ne vous laissez pas emporter par une histoire sur le stress, contentez-vous de remarquer simplement ce qui se produit. Notez également ce qui se passe autour de vous. Quels sont les sons que vous pouvez entendre ? Remarquez la lumière, les couleurs, les formes, les textures. La sensation de l’air sur votre peau ou des vêtements sur votre corps. Lorsque votre esprit est pris dans vos pensées, revenez simplement à une sensation que vous remarquez en ce moment.

3. Ouvrez-vous à la nature très ouverte du moment, de la réalité. Vous êtes dans le moment présent… maintenant remarquez à quel point ce moment est important. Il est illimité. Il ne s’agit pas du monde étroit de vos pensées sur votre vie (des pensées qui vous confinent dans un petit espace). Ce moment est en fait illimité dans tous les sens. Vous pouvez étiqueter chaque chose que vous remarquez (chaise, table, vous-même, chien, arbre) ou vous pouvez remarquer qu’en fait, c’est juste un grand champ d’énergie. Un grand océan de sensation, un océan de matière et de mouvement, sans aucune séparation.

En remarquant cette nature très ouverte de la réalité, non limitée par des étiquettes, des idées ou des pensées… nous pouvons laisser notre esprit s’ouvrir aussi vaste que le ciel. Ne vous inquiétez pas si cette partie est difficile au début. Vous pouvez en effet vous entrainer à devenir meilleur (nous verrons comment dans une minute).

4. Détendez-vous dans la beauté du moment qui change. À partir de cette ouverture, nous pouvons détendre notre esprit résistant, et simplement nous relaxer dans le moment en constante évolution. Remarquez la beauté de ce changement — tout bouge, tout change, passant vers un nouveau moment. Rien ne reste pareil, rien n’est vraiment solide. C’est le flux, c’est le courant océanique tourbillonnant de l’univers. C’est incroyablement beau si on peut se détendre et en profiter.

5. Faites preuve de compassion, de gratitude et d’appréciation. Une fois détendus, nous pouvons commencer à pratiquer trois choses. Premièrement, voyez si vous pouvez avoir de la compassion pour vous-même et pour les autres, pour la souffrance et les luttes que vous traversez. Envoyez un vœu d’amour à tous les êtres, souhaitez-leur de trouver la paix. Deuxièmement, soyez reconnaissant — pouvez-vous être reconnaissant pour ce moment ? Pouvez-vous être reconnaissant pour le changement ?

Personnellement, même avec un changement brutal comme la mort de mon père ou d’un de mes meilleurs amis, en dépit de la douleur de la perte, je pouvais aussi ressentir de la gratitude pour les avoir eus dans ma vie, ce qui était un cadeau incroyable. Cela ne signifie pas que vous devez ignorer la douleur et le stress — cela signifie simplement que la douleur et la reconnaissance peuvent coexister au même moment. Troisièmement, pouvez-vous apprécier ce moment pour ce qu’il est ? Appréciez sa beauté, son changement tourbillonnant, sa grande ouverture, etc. Je trouve souvent de la joie dans cette appréciation de l’univers tel qu’il est.

6. Exercez-vous à aimer les choses telles qu’elles sont. Dans cet esprit, prenez le temps d’aimer ce moment en perpétuel changement exactement tel qu’il est. Cela inclut la souffrance, les êtres blessés qui s’en prennent aux autres, la perte et la douleur, mais aussi les changements constants, la croissance et la dégradation constantes, le passage constant à quelque chose de nouveau. Vous ne faites qu’un avec la plénitude de l’univers (la co-créant avec tous les autres êtres), la matière et l’énergie, et c’est une chose à aimer avec ferveur.

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C’est le processus que je vous suggère d’essayer. Ce qui se passe ici, c’est que nous nous ouvrons au changement au lieu de lui résister. Nous apprenons à aimer les choses telles qu’elles sont, y compris le changement, plutôt que de nous en plaindre. Nous apprenons à apprécier et à aimer le changement, plutôt que de souhaiter que les choses ne changent pas et d’être attachés à nos habitudes confortables. Bien sûr, nous ne pouvons pas suivre tout le processus en tout temps, mais cela vaut la peine d’aller étape par étape plusieurs fois, peut-être une ou deux dizaines de fois, jusqu’à ce que vous sentiez que vous en avez une perception concrète. Avec un entrainement quotidien, je peux vous garantir que quelque chose va changer en vous.

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Un entrainement quotidien est la clé

Parcourir les étapes ci-dessus une ou deux fois vous aidera à les apprendre. Toutefois, cela n’aura vraiment aucun effet dans votre vie jusqu’à ce que vous vous entrainiez concrètement. L’entrainement quotidien est la meilleure méthode. Voici le plan d’entrainement que je recommande :

1. Asseyez-vous pendant 5 minutes le matin. N’hésitez pas à commencer avec seulement 2 minutes, et continuez jusqu’à parvenir aux 5 minutes. Lorsque la pratique de 5 minutes devient trop courte à vos yeux, passez à 10 minutes. Ne bougez pas pendant ces 5 minutes — restez assis et entrainez-vous.

2. Entrainez-vous pendant la journée. Après une semaine, en plus de l’entrainement matinal, essayez de remarquer les moments où vous êtes stressé ou vous résistez aux grands changements. Lorsque cela se produit, considérez cela comme une cloche de pleine conscience qui vous invite à vous entrainer. Faites une pause, si vous le pouvez, et exercez-vous, ne serait-ce que quelques instants. Vous n’avez pas besoin de passer par tout le processus, seulement par les parties pour lesquelles vous avez du temps, les parties qui vous sont les plus utiles en ce moment. Consignez dans un journal comment se déroulent ces deux entrainements et faites-en part à quelqu’un d’autre.

3. Entrainez-vous à l’inconfort. Après avoir fait les deux premiers entrainements pendant au moins un mois (deux mois, c’est encore mieux), réservez 5 à 10 minutes par jour pour vous entrainer à l’inconfort. Cela peut impliquer de faire un exercice difficile ou de prendre une douche froide ou encore de faire une séance d’écriture tous les matins. Cet entrainement est censé être légèrement inconfortable, mais pas tellement. Pendant que vous vous mettez dans cet inconfort, pratiquez les étapes ci-dessus. C’est plus difficile que la méditation du matin, mais c’est faisable.

4. Pratique avancée : Faites une retraite de méditation d’une semaine, ou une semaine de changements délibérés. Après vous être entrainé pendant 6 mois voire un an, prenez une retraite méditative d’une semaine. Cela renforcera votre entrainement. Vous pouvez aussi passer une semaine à faire de grands changements dans lesquels vous vous investissez volontairement. Par exemple, vous pouvez voyager dans le monde avec un petit sac à dos, ou faire une randonnée d’une semaine en partant léger. L’objectif de ce type d’entrainement, c’est de vous donner une longue période de pratique avec la méthode ci-dessus. Ce n’est pas pour voir à quel point vous êtes fort ou quelque chose du genre.

Note : La vie peut vous faire expérimenter un mois inattendu ou plus de changements incroyables — perdre un être cher en plein changement de carrière, ou contracter une maladie alors que vous avez des problèmes financiers. Si cela se produit, considérez cela comme un cadeau qui vous permettra de vous entrainer de manière intense.

C’est en cela que consiste l’entrainement. Je ne recommande que les deux premières étapes à la plupart des gens — Je pense que cela fera toute la différence. Les deux étapes suivantes sont nécessaires si vous avez envie de maitriser la méthode, ce qui n’est pas nécessaire pour constater certains avantages. C’est une forme de soin personnel. D’autres formes de soin personnel sont également recommandées : faire une promenade, faire de l’exercice, prendre un bain, faire du yoga, bien manger, dormir, avoir un groupe de soutien, passer du temps au contact de la nature, créer un espace pour rester seul en silence. Tout cela est important. Si vous allez plus loin dans cette pratique, vous verrez des changements profonds. Je le sais parce que je l’ai expérimenté.

« Si nous sommes prêts à abandonner l’espoir que l’insécurité et la douleur peuvent être éliminées, alors nous pouvons avoir le courage de nous détendre dans l’absence de fondement de notre situation. C’est le premier pas sur le chemin. » ~Pema Chodron

Article original écrit par Léo Babauta.

En complément, je vous invite à découvrir les raisons pour lesquelles vous gagneriez à accepter, vouloir ou même participer aux grands changements dans le monde.

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