Les relations entre frères et sœurs ne se passent pas toujours comme on le voudrait. Pourtant, les conflits au sein d’une fratrie sont tout à fait normaux, ils font partie du quotidien. Cependant, nous préférons qu’il règne une ambiance agréable et détendue au sein de notre famille et n’apprécions guère voir éclater une dispute entre nos enfants.

De ce fait, lorsqu’une querelle éclate, notre premier réflexe est donc d’intervenir, pour espérer le retour au calme rapidement. Ainsi, très souvent, nous intervenons en prenant partie… C’est un réflexe, mais est-ce bien leur rendre service ?

Note : Cet article invité a été écrit par Karine Turina du blog Kaarywell

Comment gérer un conflit entre enfants sans avoir le rôle du gendarme?gérer les disputes frères et soeurs

Tout simplement, en les laissant gérer eux-mêmes leurs disputes en toute autonomie. Pas d’inquiétude, je m’explique et vous livre la méthode dans cet article pour que ça fonctionne aussi sur vos enfants !
La plupart du temps, lorsque les chamailleries interviennent entre frères et sœurs, nous arrivons en cours de dispute, nous avons donc une « photo » de la situation et non l’historique. Naturellement, le premier réflexe est de prendre parti en donnant tort ou raison à chacun des enfants. Cependant, le fait d’arbitrer une situation dont on ne connaît pas l’historique met un enfant en position de brute et l’autre enfant en position de victime. Ainsi, nous collons une étiquette de brute à l’un et de victime à l’autre. Cette issue n’est pas saine pour l’enfant car nous lui attribuons un rôle, qui n’est pas forcément le sien.

L’étiquette de « Brute » que l’on donne à l’enfant va lui faire perdre confiance en lui. En effet, l’enfant comprend alors que prendre le dessus ou s’imposer aux autres est mal. Cependant, dans la construction de sa personnalité, puis dans sa vie d’adulte il aura besoin de s’imposer face à certaines situations ou personnes.

Quant à l’étiquette de « Victime » que l’on colle à l’autre enfant, elle, va inciter l’enfant à attirer constamment l’attention des autres. L’enfant n’ira pas chercher les ressources par lui-même, il aura en conséquence systématiquement besoin d’une personne extérieure. Il ne développera donc pas sa force intérieure lors du parcours de construction de sa personnalité.

Pourquoi faut-il absolument laisser les enfants gérer eux-mêmes leurs disputes?

L’enjeu pour nous, en tant que parents, est d’accompagner nos enfants dans la construction de leur propre personnalité, et ce, tout au long de leur croissance. Vouloir les protéger, voire les surprotéger ne leur rend pas service. En effet, je vous l’accorde, mettre fin à une dispute en arbitrant soi-même est un gain de temps, mais nous ne leur transmettons pas les bons messages éducatifs. L’éducation positive est très tendance de nos jours.

En effet, la bienveillance, l’intérêt que nous portons à nos enfants est au centre des préoccupations de tout parent qui cherche à apporter une belle vie, remplie de bonheur à son enfant. Apprendre à résoudre des situations conflictuelles en toute autonomie renforce les liens fraternels. En effet, dans ce cas, il n’y a pas de sentiment d’injustice, de sentiment de « préférence » de la part des parents. Les enfants créent (ou continuent de construire) une complicité dans leur relation de frères et sœurs.

Les lecteurs de cet article ont également lu :  9 compétences essentielles que les enfants devraient apprendre

Mais, concrètement, comment s’y prendre pour les laisser gérer les disputes? Parfois, il ne suffit pas d’être plein de bonne volonté, nous avons malgré tout besoin de méthode pour appliquer de bonnes résolutions.

« L’Amour le plus beau est fait d’innombrables et minuscules conflits toujours résolus » André Maurois.

Comment guider nos enfants dans le bon chemin et trouver les solutions aux disputes?

En premier lieu, il serait intéressant de voir la situation sous un angle différent. Les disputes entre frères et sœurs, le conflit en lui-même n’est pas négatif. Au contraire, il leur permet d’intégrer que l’autre n’est pas simplement comme on voudrait qu’il soit. Allons plus loin pour comprendre le fonctionnement de nos enfants :

Nos enfants sont des êtres très sensibles. En effet, ils passent d’une émotion à une autre en un clin d œil. Depuis que je m’intéresse à l’éducation positive, je m’efforce en permanence à comprendre les émotions qui traversent la tête de nos petits bouts. Un enfant a besoin d explications, pas d’un « c’est comme ça, point barre ». Notre rôle est de leur donner du sens dans nos explications et nos choix et de chercher à comprendre leurs réactions. Nous sommes les adultes, de ce fait notre cerveau est à maturité contrairement au leur, c’est donc à nous de nous adapter à eux et non l’inverse.

Être parent demande beaucoup d’énergie et de patience, mais lorsque les bases de l’éducation sont posées dès le plus jeune âge, vous instaurez une ambiance zen et une atmosphère détendue au sein de votre famille. frère soeur gérer les disputes et conflits

Les méthodes pour changer votre façon de gérer les disputes entre enfants

Le cas le plus courant : « Mamaaaaaaaaaan, Thomas il m’a tapé ». « Mamannnnnnn, c’est moi qui l’avais en premier ». « Mamannnnnnn, c’est lui qui a commencé » … Bref tout ce qu’on aime dans les disputes entre frères et sœurs 😉

Il s’agit de conflits classiques du quotidien de frères et sœurs, en cas de situation d’urgence ou de mise en danger physique il faudra naturellement intervenir.

Tout d’abord, Il est important d’accompagner les enfants à reconnaître, à exprimer leurs émotions et leurs sentiments. C’est un exercice que vous pouvez faire avec eux, dans un moment calme. Les enfants s’expriment beaucoup à travers les dessins et les couleurs. Les principales émotions à prendre en compte sont la colère, la joie, la tristesse et la peur (comme dans le dessin animé Vice-Versa). Lorsqu’ils arrivent à identifier ce qu’ils ressentent, ils imaginent alors beaucoup mieux comment extérioriser ce sentiment. Par exemple, je suis énervé, je vais déchirer une feuille de papier, dessiner un bonhomme rouge pour extérioriser ma colère ou alors faire le tour de la maison en courant…

1ère méthode : Créer un atelier d’échange familial pour gérer les disputes

Réunissez vos enfants en terrain neutre (dans le salon) et demandez-leur de trouver, d’inventer eux-mêmes des solutions possibles aux conflits qu’ils peuvent rencontrer.

Vous pouvez illustrer vos propos par des exemples concrets (le sujet de la dernière dispute en date). En construisant cette liste de solutions possibles, vos enfants prendront déjà du recul sur les situations et conflits qu’ils ont vécus précédemment et vont faire appel à leur créativité.

Exemple : La dispute autour d’un objet (Légo, poupée, console de jeux..) offre selon eux 3 issues possibles.

  1. On joue 30 min chacun notre tour
  2. Je t’échange mon Légo contre ton garage à voiture.
  3. Je te prête mes cartes Pokémon pendant que je joue à la console, puis ensuite on inverse etc…
Les lecteurs de cet article ont également lu :  L'éducation a besoin d'être mise sens dessus dessous

Le but est donc que les solutions viennent d’eux-mêmes pour apprendre à gérer les disputes entre frères et sœurs.

Laissez-les libres de trouver, au calme, les issues qui leur conviennent (tout en posant vos limites conformément à vos règles familiales). Ils peuvent ensuite afficher cette liste dans leur chambre afin qu’elle soit rapidement accessible aux prochains conflits.

Dans ce moment zen et de détente ils s’amuseront de la situation et favoriseront la communication calme et posée. De ce fait, lorsque la dispute suivante interviendra, au lieu d’imposer votre solution, vous les inciterez simplement à consulter leur liste et choisir l’issue qui leur convient le mieux.

Pour un enfant qui a tendance à être colérique, vous pourrez l’aider à se calmer en gardant à l’esprit que nos enfants sont des éponges émotionnelles et nos propres émotions les affectent directement. Ainsi, les cris et l’excitation ne sont pas de rigueur à ce moment-là. À nous, parent, de prendre sur nous pour ne pas leur transmettre nos émotions. Il est plutôt conseillé d’accompagner votre enfant en l’aidant à apaiser ses émotions avec des méthodes naturelles. Par ailleurs, si les crises sont régulières, vous pouvez également lui faire essayer le yoga pour enfant ou la méditation qui sont alors très efficaces.

2ème méthode : Apprendre à communiquer

Apprendre à nos enfants à constater ce qu’il s’est passé lors de conflits, de façon neutre et objective.

Interroger, sans prendre partie, l’un et l’autre en les incitant à être le plus objectif et factuel possible sur la situation. C’est-à-dire, les faire raconter, depuis l’origine de la dispute ce qu’ils ont vécu, ce qu’ils ont ressenti sans porter d’accusation envers l’autre.

Les bénéfices de cet exercice ?

  • Apprendre à laisser l’autre s’exprimer sans l’interrompre
  • Exprimer ses propres émotions, mettre des mots (ou des couleurs) sur ce que l’on ressent
  • Parler en son nom et ne pas porter d’accusation « j’ai ressenti de la colère lorsque tu m’as pris mon jouet » et différent de «  Tu m’as volé mon jouet !»

Une fois que chacun s’est exprimé, leur laisser la possibilité de se poser des questions, à tour de rôle, tout en s’écoutant.

J’ai expérimenté ces techniques lorsque mes enfants étaient âgés de 4 et 6 ans, ils parviennent dès le plus jeune âge, (du moins dès qu’ils parlent), avec notre accompagnement, notre soutien, à réaliser de belles choses ! Peu à peu, ils apprennent vraiment à le faire tout seul, et c’est d’une part une fierté de leur avoir transmis une éducation positive et d’autre part un soulagement de les voir développer autant de complicité.

Les bénéfices d’un contexte familial zen et sans conflits

En favorisant la communication au sein de la famille et l’apport de solutions émanant d’eux-mêmes pour gérer les disputes, vous allez valoriser vos enfants et ainsi consolider leur confiance en eux. Toutes ces actions mises bout à bout vont conduire à un épanouissement personnel pour eux ; ainsi, cela se ressentira dans leur attitude. De plus, grâce à votre nouvelle expérience éducative, vous créez une harmonie au sein de votre famille. Vous pourrez être fier(e) de votre réussite de la mise en place de ces nouvelles actions positives.

Le modèle éducatif autoritaire composé de fessées, punitions, menaces et chantage est loin derrière, nous transmettons à travers l éducation positive des messages de bienveillance par une éducation constructive.

Karine Turina du blog Kaarywell

Tags: , , , , ,

Laisser un commentaire