Pour devenir plus zen au quotidien

Comment rester centré quand tout s’effondre : la méditation au service de votre résilience

Le monde semble tourner de plus en plus vite, parfois à une allure presque vertigineuse. Entre une actualité anxiogène, une situation géopolitique incertaine et ce sentiment diffus que les menaces se multiplient depuis quelques années, il devient facile de se sentir dépassé.

Si vous êtes comme moi, vous avez peut-être déjà du mal à jongler avec le quotidien — le travail, la famille, les responsabilités — sans parler de cette impression que tout peut s’effondrer autour de nous à tout moment.

Dans ces instants-là, on aimerait pouvoir appuyer sur un grand bouton rouge pour mettre le monde sur pause… juste quelques instants, le temps de respirer. Avez-vous déjà ressenti cela, vous aussi ?

Pourtant, malgré ce tumulte extérieur, nous continuons d’avancer. Nous faisons ce que nous avons à faire. Mais sommes-nous vraiment condamnés à regarder le monde s’emballer sans pouvoir retrouver notre stabilité intérieure ?

Pendant longtemps, j’ai cru que rester solide signifiait mieux contrôler mes pensées ou anticiper davantage. En réalité, plus je cherchais à tout maîtriser, plus je me sentais dispersé. C’est dans une période particulièrement mouvementée que j’ai découvert une autre voie : apprendre à revenir à moi-même, encore et encore, grâce à la méditation. Non pas pour fuir la réalité ou devenir parfaitement calme, mais pour développer une forme de résilience intérieure capable de traverser les tempêtes.

Car même si nous ne pouvons pas contrôler les guerres, les crises, les maladies ou les peurs liées au dérèglement climatique, nous pouvons cultiver une manière différente de vivre ce qui nous arrive. La méditation fait partie des outils les plus simples et les plus puissants que je connaisse pour rester centré lorsque tout vacille.

Dans cet article, je vous propose de découvrir pourquoi la méditation peut devenir votre alliée pour renforcer votre résilience — et surtout comment installer des habitudes zen concrètes pour en faire un véritable ancrage au quotidien.

Note : Cet article invité a été écrit par Mélanie Schwartz, auteure du blog Focus Résilience, consacré à la résilience intérieure.

Comment rester centré quand tout s'effondre

Crédit photo : AstralEmber

Le jour où j’ai compris que chercher le calme à l’extérieur ne fonctionnait plus

  • Il y a dix ans maintenant, on m’a diagnostiqué un cancer du sein triple négatif très agressif. J’étais jeune maman et on peut dire que le ciel m’est tombé sur la tête. Mais maintenant, quand j’y repense, les signes étaient très clairs. Je vivais en mode survie depuis tellement d’années que je me demande aujourd’hui comment mon corps a fait pour ne pas s’effondrer avant…

  • J’ai passé la majeure partie de ma vie à chercher des moyens de lutter contre le stress et les crises d’angoisse. Enfant, je faisais des crises de panique ; ado, je rougissais pour un rien ; et adulte, je stressais pour absolument tout : le changement climatique, les guerres, les risques d’attentat, la peur de mal faire, de ne pas faire assez, de ne pas être parfaite… Alors le corps a fini par ne plus supporter tout ce poids et le cancer s’est déclaré.

    Je cherchais depuis des années des outils pour retrouver la sérénité, mais je les cherchais toujours à l’extérieur. Soins énergétiques, acupuncture, sport, régimes divers, exutoires en tout genre… Mais lorsque la maladie s’est déclarée, j’ai eu un déclic. C’est à ce moment-là que la méditation est entrée dans ma vie.

La prise de conscience qui a tout changé

  • Dès que nous venons au monde, nous devons faire face à de nombreux défis. Les tempêtes s’enchaînent et on prend l’habitude de se battre contre elles jusqu’à l’épuisement. Mais voilà : ce que j’ai compris il y a dix ans, c’est qu’on ne peut pas empêcher les tempêtes de se produire.

  • Mais on peut apprendre à ne plus se perdre dedans. C’est comme apprendre à chevaucher la vague au lieu de se noyer. J’avais passé trente ans à me battre contre les vagues… Une amie bouddhiste m’a initiée aux bases de la respiration. Cela a été ma première véritable prise de contact avec la méditation. Par la suite, j’ai testé la méditation de pleine conscience, la méditation avec des pratiques bouddhistes, la méditation transcendantale, et enfin, la méditation que j’appellerai quantique, enseignée selon les travaux du Docteur Joe Dispenza.

Ce que signifie vraiment “rester centré” (et ce que ce n’est pas)

  • Rappelez-vous qu’à cette époque, j’étais en parcours oncologique à l’Institut Bergonié de Bordeaux. La chimiothérapie était extrêmement pénible, mais c’est durant cette étrange période que j’ai appris à rester centrée. J’étais loin d’être zen en permanence. Les traitements étaient très compliqués. Mais je méditais dans les salles d’attente, à l’hôpital, en attendant des résultats d’examens… Et plus je pratiquais, plus je me sentais forte.

  • J’ai arrêté d’essayer de fuir mes émotions. Quand j’avais peur, j’accueillais cette peur en méditant. J’avais même développé intuitivement une pratique où je faisais face à la maladie dans ma méditation, jusqu’à ce que je ne ressente plusaucune peurface à elle.

  • Je peux dire aujourd’hui que le fait de m’initier à la pratique méditative m’a apporté une stabilité intérieure insoupçonnée. Je ne cherchais plus d’outils extérieurs à moi pour aller mieux et pour diminuer mes angoisses. J’avais trouvé comment aller puiser à l’intérieur, et cela a fait de moi, sans conteste, une personne d’une grande résilience.

Crédit photo : dshah

Mes 5 pratiques de méditation pour rester solide quand tout bouge

Dans la salle d’attente

Au lieu de sortir votre téléphone et de maudire le médecin en retard, fermez les yeux. Et respirez consciemment. Ne faites rien d’autre. Écoutez juste votre respiration. Faites ça chaque fois que vous êtes quelque part à attendre. Au lieu de vous impatienter parce que ça ne va pas assez vite, appréciez ces petits moments de pause rien que pour vous.

Entre le travail… et le reste

Offrez-vous des micro-coupures entre le travail et le reste de vos obligations. N’enchaînez pas toutes vos tâches ‘obligatoires’ les unes après les autres, car c’est le meilleur moyen de vous épuiser. Rester centré ne vous demande pas forcément des heures de méditation. Quelques secondes peuvent suffire au début. Fermez les yeux entre deux tâches, relâchez vos épaules, ressentez votre inspiration. Vous verrez que votre résilience intérieure pourrait augmenter bien plus vite que vous ne le pensez avec ces simples exercices.

Le soir, avant de vous endormir

SI vous avez déjà du mal à poser votre cerveau le soir, alors pensez à vous coucher un quart d’heure plus tôt que d’habitude pour faire ce petit exercice très simple : allongez-vous, fermez les yeux et commencez d’abord par effectuer une vingtaine de respirations conscientes. Et si les pensées défilent trop vite dans votre tête, alors acceptez-les simplement comme des “passants” et laissez-les partir, ne vous attardez pas dessus. Puis trouvez trois choses pour lesquelles vous êtes reconnaissant ce jour-là, et remerciez.

Exercice guidé « L’ancrage des 3 forces » : Pour activer votre force intérieure – (durée : 3 minutes)

Prenez une posture simple, assis ou debout. Fermez les yeux si vous le souhaitez, mais ce n’est pas obligatoire.

1. Stabiliser votre corps et votre respiration

Laissez vos épaules se relâcher. Inspirez lentement… puis expirez un peu plus longtemps, comme si vous déposiez un poids invisible.

Sentez le contact de vos pieds avec le sol ou de votre dos avec le dossier. Imaginez que votre corps devient un point d’ancrage stable, même si tout bouge autour. Prenez quelques respirations à ce rythme, sans forcer.

2. Souvenez-vous de cette force déjà présente en vous

Maintenant, pensez à un moment de votre vie où vous avez fait preuve de courage, de patience ou de résilience — même quelque chose de simple. Revivez brièvement cette sensation, comme un souvenir chaleureux.

Demandez-vous intérieurement : « Quelle qualité m’a aidé à traverser ce moment ? » Le calme ? La détermination ? Ou peut-être juste votre capacité à tenir bon. Laissez cette réponse venir naturellement.

3. Respirez cette ressource

Une fois que vous avez identifié cette force, vous allez l’inviter à se déployer.

Placez une main sur votre poitrine. À l’inspiration, imaginez que cette qualité — calme, solidité, confiance — prend un peu plus de place en vous. À l’expiration, laissez partir la tension inutile.

Répétez quelques respirations en laissant cette sensation s’installer doucement, sans la forcer. Elle est déjà là, vous lui faites simplement de la place.

Revenez en douceur

Prenez encore une ou deux respirations profondes. Avant de terminer, observez simplement : votre posture a-t-elle changé ? Votre respiration est-elle plus ample ? Ressentez-vous une légère différence dans votre corps ?

Puis doucement, rouvrez les yeux si vous les aviez fermés, et revenez au moment présent en gardant avec vous cette sensation.

Et si le chaos devenait votre meilleur professeur ?

  • Le monde change à toute vitesse, c’est un fait. Mais maintenant, vous savez que vous pouvez apprendre à méditer à tout moment, à n’importe quel âge, dans n’importe quel lieu pour vous aider à gagner en sérénité.

  • Rappelez-vous simplement que la résilience n’est pas quelque chose que l’on cherche à l’extérieur, c’est une force que vous avez déjà en vous. Il suffit de la réactiver.

Et vous, avez-vous des astuces pour rester centré quand tout s’effondre autour de vous ?

Mélanie Schwartz, auteure du blog Focus Résilience

Mes sources autour de la méditation comme pratique résiliente :

  1. Kabat-Zinn, Jon. Au cœur de la tourmente, la pleine conscience. De Boeck Supérieur, 2009 (LA référence : méditer face à la maladie, la douleur, le chaos)

  2. Chödrön, Pema. Quand tout s’effondre : conseils avisés en des temps difficiles (Méditation bouddhiste pour traverser les crises et l’effondrement)

  3. Brach, Tara. L’acceptation radicale (Transformer la souffrance intérieure par la pleine conscience et la compassion)

  4. Kornfield, Jack. Périls et promesses de la vie spirituelle (Après l’extase, les épreuves : méditer dans le réel et les difficultés)

  5. Salzberg, Sharon. Le bonheur véritable : la puissance de la méditation (Cultiver la joie et la résilience intérieure par la méditation)

  6. Ricard, Matthieu. Plaidoyer pour l’altruisme (Comment la méditation sur la compassion renforce notre capacité à faire face)

  7. Nhat Hanh, Thich. La sérénité de l’instant (Méditer pour rester centré dans la tempête du quotidien)

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