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Trouver le fil de sa vie à 50 ans : quand la couture devient chemin de reconversion

Quand tout s’est arrêté

Je me souviens d’une matinée en classe.
J’étais là, devant mes élèves, mais je me sentais ailleurs.
Comme enveloppée dans du coton.
Je venais de commencer un traitement antidépresseur et j’avais cette impression étrange d’être à la fois présente et absente.

Et je me suis dit :
“Pourquoi faut-il un médicament pour ressentir un peu de bien-être ?”

Je savais que ces comprimés n’étaient qu’une béquille.
Mais j’ai compris, à ce moment précis, que je ne pouvais plus continuer comme ça.
Qu’il fallait que je fasse une pause.

Je dormais mal. Je mangeais peu.
Les tensions s’accumulaient. Les journées devenaient plus lourdes.
J’étais professeure dans un CFA, en CDI, avec des élèves souvent en difficulté, une direction exigeante et peu de soutien.
Je tenais bon, comme toujours.
Jusqu’au jour où mon corps et mon esprit ont dit stop.

Note : Cet article invité a été rédigé par Karine du blog Patchaka qui explique comment le patchwork et le matelassage peuvent aider à se reconnecter à soi-même.

Quand le tissu se déchire

Le Covid a amplifié ce mal-être déjà bien installé.
Tout semblait suspendu, et dans ce silence, ma petite voix intérieure s’est enfin fait entendre.

Mon fils venait d’être diagnostiqué HPI.
Cette révélation a soulevé beaucoup de questions, sur lui… et sur moi.
J’ai commencé une thérapie, cherchant à comprendre mon propre fonctionnement. Faisant moi-même un test HPI qui n’a pas pu être mené au bout à cause de ma dépression.
Peu importe, j’ai compris que cette pause était nécessaire.

Pendant ces mois d’arrêt, j’ai redécouvert la couture.
J’ai ressorti ma machine, un vieux patchwork oublié depuis mes 23 ans.
J’ai commencé à assembler des morceaux de tissus, comme on assemble des morceaux de vie.
Petit à petit, la création m’a ramenée à moi-même.

chemin de reconversion couture patchwork

Reprendre le fil

Créer m’a permis de respirer à nouveau.
Les couleurs, les matières, le geste répétitif de la couture… tout cela avait un effet apaisant.
Je me suis mise à fabriquer des plaids, des tableaux textiles, des accessoires du quotidien.
Je me suis remise à rêver, à imaginer, à me projeter.

Puis j’ai découvert le patchwork sur YouTube, dans les salons, dans les échanges avec d’autres passionnées.
Et cette idée, tapie depuis longtemps, a refait surface : Et si je créais ma propre entreprise ?

J’en rêvais depuis des années, sans jamais oser franchir le pas.
Cette fois, j’ai décidé de me lancer.

Oser couper dans le tissu

Quitter un CDI à 50 ans, c’est effrayant.
Les doutes étaient nombreux : Est-ce raisonnable ? Vais-je m’en sortir ? Mon mari me soutiendra-t-il ?

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Mais je sentais au fond de moi que le vrai risque, c’était de ne rien changer.

Alors j’ai osé.
J’ai quitté mon poste fin 2022 pour fonder Patchaka, mon atelier de patchwork et de matelassage à Limoges.

Aujourd’hui, je transforme les tissus des autres en œuvres uniques, en redonnant vie à leurs ouvrages. Chaque création raconte une histoire, comme chaque étape de mon parcours.

retrouver du sens dans sa carrière et sa vie

Recoudre du sens

Avec le recul, je comprends que mes expériences passées n’étaient pas des erreurs, mais des morceaux d’un tout.
J’ai travaillé dans différents domaines, souvent sans fil conducteur apparent. Je suis une « atypique ».
Mais en réalité, chaque étape m’a appris quelque chose d’essentiel : la patience, l’écoute, la rigueur, la créativité.

Mon parcours professionnel ressemble aujourd’hui à un patchwork.
Des morceaux très différents, mais qui, une fois assemblés, forment une image cohérente.
Et surtout, qui me ressemble.

Rien n’arrive par hasard

Jusqu’à aujourd’hui, j’ai toujours cherché à être la femme parfaite.
À faire ce qu’on attendait de moi.
Mais cette fois, j’ai choisi de vivre selon mes propres couleurs.

Je préfère une vie cousue main à une vie toute tracée.
Même si elle demande plus de temps, plus d’audace et plus de cœur.

Aujourd’hui, Patchaka se développe pas à pas.
Je partage ma passion à travers mon blog.

Et si vous recousiez, vous aussi, le fil de votre vie ?

Changer de vie, c’est accepter de tout remettre à plat.
De couper, d’assembler, de recommencer.
Mais c’est aussi la plus belle manière de se retrouver.

À 50 ans, j’ai compris qu’il n’est jamais trop tard pour s’écouter.
Pour oser se choisir.
Et pour tisser, point après point, une vie plus juste, plus libre, plus douce.

Quelques points de repère pour recoudre le fil de sa vie

Changer de vie ne se fait pas en un jour.
C’est un processus lent, comme un ouvrage qu’on crée point après point.
Il n’existe pas une seule manière d’y parvenir, mais voici quelques étapes qui peuvent aider à avancer, pas à pas.

1. Faire une vraie pause

Avant de tout changer, il faut s’arrêter. Prendre du recul.
Mais cela demande du courage, car la société juge souvent ceux qui s’arrêtent.
Une pause pour dépression, pour épuisement, pour réfléchir… suscite encore des préjugés.
Pourtant, nous passons tous, un jour ou l’autre, par des périodes où le corps et le cœur réclament du repos.

Il est nécessaire de penser à soi, rien qu’à soi, parfois.
De se mettre entre parenthèses pour mieux se retrouver.
Le silence et le vide ne sont pas du temps perdu : ce sont des espaces où la vérité peut enfin se faire entendre.

2. Observer ce qui fait du bien

Pour se reconnecter à soi, il faut parfois remonter loin.
Repenser à son enfance, à ces moments où le temps semblait suspendu : quand on dessinait, construisait, bricolait, rêvait sans but.
Ces souvenirs sont souvent des portes vers ce que nous avons oublié d’aimer.

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Notez ce qui vous apaise aujourd’hui, ce qui vous rend vivant, même quelques minutes.
Une balade, une musique, une activité manuelle, un geste créatif…
Les activités manuelles sont d’ailleurs de merveilleux supports pour se recentrer.
Elles nous ramènent au moment présent, au concret, à la simplicité.

3. Relier les morceaux de votre histoire

Rien n’est inutile.
Chaque expérience professionnelle, chaque étape de vie, même douloureuse, contient un enseignement.

Essayez de voir le fil qui relie vos expériences : ce que vous aimez vraiment faire, ce qui vous semble juste et cohérent.
Et souvenez-vous : on peut toujours faire du neuf avec du vieux.
C’est même l’origine du patchwork — prendre des morceaux de vêtements usés pour créer quelque chose de nouveau et de beau.
Votre parcours fonctionne de la même façon : chaque morceau, même abîmé, a sa place dans l’ensemble.

4. Accepter l’imperfection

Je continue moi-même à douter, même aujourd’hui.
Il m’arrive de défaire pour refaire autrement.
De me remettre en question sans cesse.
Rien n’est figé.
Mais c’est ainsi qu’on apprend, qu’on affine, qu’on avance.

On ne se reconstruit pas sans erreurs, ni sans incertitudes.
Avancer, c’est tester, ajuster, recommencer.
Comme dans un patchwork, chaque irrégularité fait partie de la beauté de l’ensemble.

5. Faire un premier pas concret

Se former, rencontrer des personnes inspirantes, écrire ses idées, tester une activité, créer sur son temps libre…
Peu importe la taille du pas : l’important est de commencer. Passer à l’action même si ce n’est pas parfait. Le mouvement appelle le mouvement.
Et souvent, un petit pas suffit à remettre la vie en route.

6. S’entourer de bienveillance

L’entourage proche n’est pas toujours le mieux placé pour comprendre nos choix.
Par amour ou par peur, certains essaient de nous protéger — mais leurs inquiétudes peuvent parfois freiner notre élan.
Apprenez à écouter leurs mots sans les laisser vous détourner de votre chemin. Continuez à écouter votre voix intérieure.

Cherchez plutôt la présence de personnes qui encouragent, qui inspirent, qui croient en vos possibilités. C’est capital dans une démarche de reconstruction et de reconversion.
S’entourer de bienveillance, c’est déjà un premier pas vers la confiance.

Conclusion douce

Le fil de la vie n’est jamais vraiment rompu.
Il attend simplement qu’on le reprenne entre ses doigts, avec patience et douceur.
Et point après point, il finit toujours par révéler un dessin plus juste, plus libre, plus lumineux.

reprendre votre vie en main avec la couture

À propos de l’auteure :

Karine Jeanteau a quitté sa carrière dans l’enseignement pour suivre le fil de sa créativité. Aujourd’hui, elle fait naître dans son atelier Patchaka des quilts modernes et des pièces textiles uniques. Elle partage sur son blog Patchaka comment le patchwork et le matelassage peuvent aider à se reconnecter à soi-même.

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