Pour devenir plus zen au quotidien

Comment se détendre et être zen quand rien ne marche

Vous vous sentez agité ? Le cerveau qui déborde ?
Vous êtes du genre à avoir tellement d’idées et de pensées que c’en est fatigant ?
Peut-être que vos pensées créent du stress voire de l’anxiété.

Alors vous avez cherché des solutions : vous avez pratiqué la méditation, le yoga.
Vous avez peut-être même testé la cohérence cardiaque, la respiration holotropique et autres pratiques respiratoires.

Vous avez sûrement remarqué, comme moi, que parfois ça marche.
Et parfois… Pas du tout.
Rien n’y fait, ça continue à mouliner, ça ne s’arrête pas.
Même si ça fait 1 an, 5 ans ou 10 ans que vous pratiquez.

Que faire quand aucune technique ne marche pour être zen et se détendre ?

Quand, malgré tout ce que vous connaissez, vous n’arrivez pas à vous sentir en paix ?

Comment sortir du cyclone quand c’est tellement agité que c’en devient insupportable ?

C’est ce que vous allez découvrir dans cet article.

Note : cet article invité a été écrit par Fabien Delcourt du site Epanessence.com

Être zen dans un monde ultra-stimulant

se détendre quand rien ne marche, trop de stimulations

Il y a quelques mois, j’étais dans le train direction Paris.

À peine arrivé à la gare avec son brouhaha et son agitation, je constate comme je me crispe en étant au milieu de cette horde de personnes qui courent dans tous les sens.

En sortant du métro, des gens partout qui se pressent, des voitures qui klaxonnent, des camions de pompiers, des ambulances, des feux rouges de partout… Waow ! Que de stimuli !

Pour moi qui, dans ma campagne, entends pour seuls bruits les oiseaux matinaux et le vent dans les arbres, le contraste est désagréable, anxiogène.

Ce n’est pas un scoop, la vie moderne crée de l’agitation : entre les notifications de messages et d’emails qui sonnent toutes les 5 minutes sur votre téléphone, les gens que vous côtoyez tous les jours, les médias et internet, nous nageons dans un océan de stimulations en permanence.

Cette sur-stimulation n’est pas sans conséquence sur notre bien-être.

Tous nos sens sont saturés dans une vie à 100 à l’heure.

Forcément, notre tête est pleine comme un ballon de tous ces « inputs ».

Tout cela crée beaucoup de tensions, de choses à penser.

La todolist s’allonge, le stress s’accumule, le sommeil se dégrade… Jusqu’au jour où on se rend compte qu’on est stressé, anxieux voire angoissé et qu’on décide de changer.

C’est ainsi que vous avez cherché une technique pour diminuer le stress et être plus zen, par exemple le yoga ou la méditation.

Les bienfaits peuvent être ressentis rapidement même si la pratique est difficile quand nous sommes assaillis par nos pensées.

Ces pratiques sont un excellent travail de fond, jusqu’au jour où… vous n’arrivez pas à être zen. Malgré vos pratiques, les outils que vous connaissez, rien ne marche.

Vous n’arrivez pas à vous calmer, à être détendu, ça tourne dans la tête et dans le corps, encore et encore et rien n’y fait ! C’est désagréable et on n’arrive pas à sortir de la boucle.

Avant de vous expliquer pourquoi rien ne marche dans ces situations et que faire à la place, voici brièvement mon parcours à la recherche de la paix intérieure.

J’ai découvert la méditation il y a presque 10 ans par les vidéos d’Olivier Roland et les livres de Christophe André.

J’ai beaucoup pratiqué, par intervalle. J’étais constant pendant des mois, puis je lâchais, puis je reprenais…

Même si, à chaque fois, je n’arrivais pas à éteindre mon mental.

J’ai aussi participé à une retraite silencieuse de 10 jours de méditation, en pratiquant 10 heures par jour…

Je me suis formé à la cohérence cardiaque puis j’ai pratiqué des mois et des mois.

J’ai même pratiqué le yoga pendant 3 ans.

Tout cela m’a apporté beaucoup de prise de recul, une certaine détente de surface… Mais quand ça s’agitait en moi, ça ne changeait rien.

Et bien des années plus tard, j’ai fait une découverte surprenante :

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Il n’y a rien à faire pour être en paix.

La zénitude n’est pas un état qu’on atteint en faisant quoi que ce soit.

C’est un état naturel chez l’être humain quand il « est ».

Quelle claque de découvrir ça : « il n’y a rien à faire ».

C’était du chinois pour moi à l’époque.

Je m’explique :

Nous avons tendance à croire qu’il faut méditer (ou avoir une pratique) pour être plus zen.

Ce n’est pas le cas : la paix mentale est l’état naturel de l’esprit.

Sauf que… nous nous sommes coupés de cet état naturel.

Si vous êtes agité et stressé, c’est parce que vous maintenez un état de tension au quotidien, comme si vous secouiez la boule à neige en permanence.

La vie moderne trépidante (être toujours en train de faire quelque chose, se laisser déranger sans cesse par les notifications, consommer beaucoup de réseaux sociaux, de vidéos…) agite la boule à neige. Difficile d’être en paix dans ces circonstances.

Que se passe-t-il quand vous posez une boule à neige ?

La neige tombe au sol et la clarté dans la boule revient.

Il n’y a rien à faire, simplement… arrêter de la secouer.

Être zen ne passe pas par le faire (même si ça peut aider au début d’ajouter une pratique), mais au contraire par arrêter de faire.

Vous avez beaucoup plus à gagner à passer par la soustraction.

C’est encore flou pour vous ?

Plus pour longtemps !

Quand rien ne marche

Imaginez :

Vous vivez un stress pendant votre journée (une remarque de quelqu’un, un courrier important, une dispute…) et vous traînez ça tout du long sans vous en rendre vraiment compte, vous vous sentez juste ronchon, d’humeur désagréable.

Le soir en rentrant chez vous, vous réalisez que vous êtes stressé.

Alors vous vous asseyez et méditez. Sauf que ça n’apaise rien du tout, les pensées prennent de l’ampleur. Alors vous vous levez et vous essayez autre chose, des postures de yoga.

Rien n’y fait, cette pensée continue de vous préoccuper et de tourner en boucle.

Vous n’arrivez pas à vous apaiser et vous restez crispé.

Cela ne marche pas pour une raison simple :

Vous cherchez à vous apaiser coûte que coûte, sans savoir que souvent « faire plus de la même chose génère plus de dysfonctionnements. »

C’est un grand classique de l’approche systémique de l’école de Palo Alto. La tentative de solution se retrouve paradoxalement à renforcer encore plus le problème (comme le régime qui, au final, fait reprendre encore plus de poids).

Vous connaissez peut-être cette histoire :

Sous un réverbère, un monsieur visiblement éméché scrute longuement le trottoir.
Survient un policier qui s’enquiert de l’objet de ses recherches.
« J’ai perdu ma clé », répond l’ivrogne.

Et les deux hommes se mettent à chercher ensemble.

Au bout de quelques minutes, le policier s’étonne : « Vous êtes bien sûr de l’avoir perdue ici, votre clé ? »
D’où la réponse pleine de logique : « Non, je l’ai laissée tomber plus loin, par là-bas, mais il fait beaucoup trop sombre.

Ainsi, toutes les approches destinées à être plus zen peuvent ne pas changer grand-chose au fond.

Oui cela détend le système nerveux, oui il y a des bénéfices à pratiquer régulièrement… mais tant que c’est motivé par une finalité du type « je veux être zen », alors c’est la garantie de ne jamais vraiment l’être.

Il est plus intéressant de changer complètement de paradigme et de réaliser à quel point le zen ne nous a jamais quitté.

Le « point zéro » (l’observateur, la conscience…) derrière le mental agité est toujours calme.

retrouver le calme, point zéro pour être zen

Quand l’océan se déchaîne lors d’une tempête, avec des vagues immenses, la surface est extrêmement agitée, pourtant dans le fond de l’océan, tout est calme.

C’est pareil pour nous.

En conséquence, il n’y a rien à faire pour se sentir en paix.

Simplement arrêter de lutter contre les vagues et revenir à notre « vraie nature » : l’océan.

Il s’agit d’arrêter de faire, d’appuyer sur le bouton STOP, de s’immobiliser et de revenir à l’espace en vous qui accueille la pensée.

Quand l’esprit s’agite, le corps s’agite, les émotions s’agitent.

Les pensées ont un haut pouvoir hypnotique, elles vous happent, vous faisant croire que c’est vrai. Or ce n’est qu’une pensée, donc un fantasme par essence.

En revenant à « ce qui observe », vous arrêtez de vous battre contre vos pensées, vous les accueillez, vous laissez la vague être là.

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Renoncer à être zen est, paradoxalement, ce qui amène à la zénitude.

Cela peut vraiment paraître bizarre quand on le découvre car il s’agit d’un changement de paradigme.

Je le répète : vous n’avez pas à faire quoi que ce soit pour vous sentir en paix.

Si vous ne l’êtes pas, ça veut dire que vous entretenez l’agitation par ce que vous faites.

Tant que vous voulez être détendu, vous vivez l’expérience de ne pas l’être.

Tout comme la volonté de séduire repousse une femme ou la volonté de gagner de l’argent le repousse.

Avec un idéal de soi basé sur la zénitude, on vit la frustration de la différence entre notre état actuel (tendu, stressé) et notre état idéal (bouddha).

Comment faire ?

Reconnaître ce qui est.

Au lieu de tout de suite chercher à se calmer, à s’apaiser, il est beaucoup plus puissant de prendre un temps pour reconnaître que je suis tendu.

Pendant des années, je cherchais à m’améliorer en prise de parole en public, à travailler mon discours, ma posture, ma diction… car dès que je parle avec des gens, je me sens tendu et mal à l’aise.

Les fois où je me sentais le plus à l’aise, c’est paradoxalement quand j’assumais « je vous avoue que je ne suis pas à l’aise avec ma vulnérabilité ».

Reconnaître ce qui est fait l’effet d’un relâchement immédiat car on arrête de lutter contre ce que l’on vit et on l’accueille comme faisant partie de nous.

Tourner le regard à l’intérieur

Vous pouvez tout à fait symboliser ce « rien faire » au quotidien par un arrêt total corporel. Vous vous figez, immobile. Les yeux se figent, les muscles se figent, la langue se fige.

Vous vous mettez littéralement sur « pause ».

Testez et constatez que tout s’arrête, le mental également.

Pour autant, ne va-t-il plus y avoir de pensées ?

Bien sûr que si, elles reviennent.

(Et ce n’est pas un souci, l’activité mentale est normale, comme les battements du cœur.)

Le silence intérieur est l’occasion de s’intéresser à ce qui se passe en soi.

le silence intérieur, se retrouver

Comme vous avez arrêté de lutter contre votre stress et votre agitation, un nouvel espace est créé pour comprendre et aller à la rencontre de cette partie de vous.

Vous pouvez vous demander :

  • Que dit la pensée exactement ?
  • Qu’est-ce qui crée cette agitation mentale ?
  • Y a-t-il des pensées récurrentes ? À quel sujet ? « Qui » dit ça ?
  • Quelles émotions émergent spontanément ?

Apprenez à y voir clair :

  • Qu’est-ce qui vous stresse exactement ?
  • Qu’est-ce qui vous tend précisément ?

Si vous n’y arrivez pas, que vous n’avez pas accès, que vous ne ressentez pas vos émotions, il ait possible qu’il y ait un blocage inconscient (qui n’est rien d’autre qu’une protection du psychisme).

Vous pouvez ensuite procéder à une libération des pensées.

J’appelle ça la « diarrhée mentale » : mettez un minuteur de 5′ et écrivez en flux libre tout ce qui vous passe par la tête en lien avec ce qui vous tracasse.

Ne vous arrêtez pas, ne vous censurez pas, écrivez TOUT !

Cette expression écrite permet d’extérioriser le contenu de votre pensée, d’y mettre de la clarté et peut aider grandement à lâcher.

(Ce type d’écriture libre est même efficace pour guérir de traumas, selon les travaux du Dr James Pennebaker)

Attention : les pensées sont souvent vues comme des éléments toxiques à éliminer. On parle de « pensées négatives », de « mental toxique ».

On parle souvent du mental comme d’un ennemi à éliminer et c’est pourquoi nous mettons en place des stratagèmes pour le vaincre.

Et si les pensées étaient juste des émanations de vous ?

La pensée automatique est en lien avec votre vécu inconscient. Si vous avez des pensées répétitives, nul doute que celles-ci cherchent à vous dire quelque chose.

Et si nous tendions l’oreille plutôt que vouloir les faire taire ?

En vous posant dans un espace de détente, vous pouvez laisser faire cette pensée (sans vous y attacher, ni y croire particulièrement) pour aller voir ce qui, en vous, a besoin d’être entendu.

En clair, la prochaine fois que vous n’arrivez pas à être zen et détendu, observez cette résistance, ne luttez plus contre ce qui crée cet état.

Observez l’océan en vous, observez ce qui observe et constatez à quel point dans le fond…

C’est toujours en paix.

Par Fabien du site epanessence.com

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