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Il y a des jours sans

Il y a des jours sansHier, j’ai passé une mauvaise journée. Je me suis réveillé tard, après avoir très peu dormi la veille.

Une personne que j’aime était fâchée contre moi et ne semblait pas vouloir me parler, ce qui me mettait de mauvaise humeur.

Je n’arrivais pas à me concentrer sur l’écriture, alors j’ai répondu à mes courriels, j’ai lu un article en ligne et j’ai fait une sieste.

Mes enfants n’étaient pas là non plus pour me faire des câlins.

J’ai fait quelques exercices, mais je n’ai pas pu continuer parce que mon poignet me faisait mal.

Je suis parti à l’épicerie à vélo par une chaude soirée d’été, ce qui était plutôt agréable, et je me suis préparé un dîner léger accompagné d’une bonne bière.

Ensuite, j’ai commis l’erreur de lire quelques commentaires postés sous un article de blog qui me critiquait.

L’article en lui-même était modérément critique, mais les commentaires qui s’empilaient disaient combien j’étais hypocrite et combien mon écriture était devenue redondante.

À la lecture de chaque commentaire négatif, je sentais mon pouls baisser de plus en plus.

C’était clairement un jour sans pour moi, et mon humeur s’aigrissait chaque fois que je pensais au mal que les gens pensaient de moi.

Il y a des jours sans, des jours où rien ne se passe comme on le voudrait.

Face à une journée comme celle-ci, je m’assois et j’observe. C’est d’ailleurs la seule chose que je peux faire.

Je fais un examen de conscience, et je fais face à la douleur.

Je reste présent et conscient de cette douleur à laquelle je donne toute mon attention.

Au final, je me rends compte d’une chose : le récit que je me suis fait par rapport à cette journée et mes diverses attentes sont les éléments qui provoquent ma peine.

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Le récit que je me suis fait n’était ni bon ni utile. Plus j’étais bloqué dans les exigences de ce récit, plus j’étais confiné dans la peine.

Ce que je fais donc, c’est de me concentrer sur le moment présent.

Je me donne aussi la permission de ressentir la douleur, au lieu de la fuir, de la repousser, ou d’essayer de faire quelque chose pour y mettre fin.

Je me rends alors compte d’une chose : la situation n’est pas aussi mal que je le pensais de prime abord.

J’ai aussi réalisé que ce « Léo » que ces gens critiquaient n’existe pas. C’est juste une image de moi qu’ils ont créée dans leur tête.

De même, ce « Léo » que j’ai dans ma tête — un Léo qui est une bonne personne et qui fait de son mieux — c’est juste une image que j’ai créée dans ma tête.

Au milieu de toute cette rigidité apparente, il n’y a rien. Rien qu’un moment présent fluide.

Après m’être tourné pour faire face à ces sentiments, je les ai gardés, et j’ai regardé le néant au milieu de tout ça pour constater que tout allait bien. Ce n’était pas top, mais pas trop mal non plus.

Il y a des jours sans, mais ça va.

Article original écrit par Léo Babauta.

2 commentaires
  1. J’apprécie votre authenticité et simplicité, et vous rejoins dans cette démarche que j’applique moi-même. Parfois, la douleur nous en apprend aussi sur nous-même à partir du moment où l’on prend le temps de l’écouter, sans toutefois y rester accroché.

  2. Il faut savoir tirer les enseignements de ces journées « à oublier ». J’ai écrit un article à ce sujet pour appréhender ce type de journées dans le contexte professionnel. Si ça vous intéresse : http://bit.ly/1UqDxJG

    Au plaisir de lire d’autres articles !

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