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Avoir des loups à ses trousses

Avoir des loups à ses troussesPendant une discussion, mon vis-à-vis m’a expliqué sans détour son plus gros problème. Ce problème était si complexe que j’ai dû interrompre la conversation pour reprendre mon souffle.

En effet, il décrit incroyablement bien la nature humaine.

Voici une partie de ce qu’il a mentionné au cours de notre échange :

  • j’ai ressenti tellement de frustration envers moi-même ces derniers temps que je me suis surpris à retenir mes larmes.
  • je suis désorienté et tiraillé de toutes parts.
  • je ne veux pas me sentir constamment effrayé. Ce sentiment me paralyse.
  • quelle est la meilleure chose à faire ? Que dois-je faire ? Pourquoi n’arrivais-je pas à le faire ? Qu’est-ce que je fais de mal ?

Voici mon passage préféré dans ce qu’il a partagé :

« Je suppose donc que mon principal objectif, c’est de trouver le moyen de vivre sans éprouver un sentiment général de peur, de terreur ou de panique, comme si j’avais une meute de loups à mes trousses, ou que je suis piégé dans une sorte d’escape room bizarre où je dois faire le bon choix alors qu’aucune des options qui se présentent à moi n’est la bonne ».

Il y a-t-il une chose qui vous semble familière dans ce qu’il a dit ?

Revenons maintenant au sujet de ces loups qui sont à vos trousses.

Le sentiment d’avoir des loups à ses trousses

Nous sommes nombreux à vivre avec la peur de nous tromper, d’être à la traîne, de croire que nous devrions faire le contraire de ce que nous faisons (ou faire mieux), d’être incapables de gérer tout ce que nous avons à faire.

Cette peur peut être constante et extrêmement stressante.

Pourquoi ressentons-nous cette peur et ce stress ?

Ces sentiments proviennent :

1) du désir de vivre une expérience différente de celle que nous vivons actuellement (nous avons des attentes envers nous-mêmes, envers les autres, envers le monde)

2) d’un sentiment d’absence de fondement ou d’une incertitude omniprésente que nous repoussons, car étant à la recherche des eaux paisibles de la certitude.

3) de notre volonté de repenser sans cesse aux difficultés évoquées ci-dessus, ce qui entraine une élévation du niveau de peur et d’anxiété pour laisser place à un stress continu.

la peur

En général, nous ressentons un manque de confiance envers nous-mêmes, les autres et le monde, ce qui provoque de l’anxiété.

Nous créons nous-mêmes une certaine difficulté, parce que nous ne voulons pas de ce sentiment d’absence de fondement, nous voulons connaître les réponses ; ce qui nous amène à nous poser ces questions :

  • que dois-je faire ?
  • suis-je en train de prendre la bonne décision au bon moment et de la bonne manière ?
  • suis-je une bonne personne ?
  • pourrait-on me trouver aimable ?

Ces questions n’ont pas de réponses toutes faites ; il n’y a donc aucune certitude à en tirer.

Nous serons toujours en proie à l’incertitude et au sentiment d’absence de fondement.

Le changement vient de notre capacité à nous ouvrir à l’absence de fondement, à renoncer à la volonté de changer les choses et à apprendre à nous aimer et à aimer le monde, de manière inconditionnelle.

S’ouvrir à l’absence de fondement

S’il n’existe pas de formule magique pour avoir plus de certitude dans notre vie, comment gérer cela ?

Je vais partager avec vous une méthode pour gérer cette situation. Le but ici, c’est de faire preuve d’une pleine conscience absolue par rapport à l’absence de fondement. Concentrez-vous sur ce que vous ressentez dans votre corps et remarquez l’incertitude, la peur, l’anxiété et le stress en vous.

Commencez à vous entrainer à gérer ce sentiment d’absence de fondement.

Ouvrez-vous à cette expérience. Détendez-vous-y.

Accordez-lui de l’amour, de la gentillesse et de la compassion. Faites preuve de curiosité à son égard.

Le sentiment d’absence de fondement recèle une certaine beauté, si nous nous y ouvrons.

S'ouvrir au milieu de l'absence de fondement

C’est un sentiment qui sous-tend une grande partie de notre vie à savoir : une instabilité, une grande ouverture, une fluidité et une absence de repères.

Il n’est pas nécessaire de paniquer en raison de l’absence de fondement, même si la peur y est souvent associée.

Il est tout à fait normal d’expérimenter la peur, le stress et même un peu de panique.

L’exercice auquel je vous invite à vous adonner consiste à revenir constamment à l’immédiateté de l’absence de fondement. Supprimez de votre esprit les histoires et les pensées que vous faites tourner en boucle à propos de cette situation, au profit de la sensation corporelle du moment. Répétez l’exercice autant de fois que nécessaire.

Tomber amoureux de la situation actuelle

Nous rejetons ce sentiment d’instabilité, le fait de ne pas savoir si nous pouvons gérer tout ce que nous avons à faire ou si nous sommes à la hauteur. Nous sommes mécontents de ne pas toujours savoir ce que nous devrions faire.

Oui, nous détestons cette sensation, car elle nous met mal. Elle cause en nous tensions, résistances, peur et anxiété.

Que se produirait-il si nous commencions à accepter cette absence de fondement, sans sentir le besoin de changer quoi que ce soit ou qui que ce soit ?

Et si les choses étaient déjà dans l’état exact dans lequel elles devraient être ?

Qu’arriverait-il si nous tombions amoureux de notre situation actuelle ?

Essayez dès maintenant ce qui suit : identifiez ce à quoi vous résistez, ce que vous rejetez par rapport à ce moment. Il peut s’agir du stress, de l’incertitude, de la douleur ou de la colère.

Voyez si vous pouvez vous tourner vers ces émotions, vous ouvrir à elles, leur témoigner de la gratitude.

Voyez si vous pouvez leur manifester de l’amour.

Avoir des loups à ses trousses et ne pas céder à la panique

Que serait-ce de tomber amoureux de ce moment ? À bien des égards, ce moment est fantastique ; il est plein de lumière, de vie, d’air, de nature, de beauté, de son, et de sensation.

Nous avons la possibilité d’assister au miracle de cet univers.

C’est un moment incroyable, tellement incroyable ! Nous pouvons pleurer de joie d’être témoins de tout cela, en être acteur.

Sous certains aspects, la réalité est terrifiante : elle est faite de tragédie, de douleur, de souffrance, de mort, de perte, de faim, de pauvreté ou de guerre.

C’est terrible, et pourtant, au milieu de tout cela, se trouvent des gens aux cœurs bienveillants.

Nous pleurons nos pertes, mais cela ne nous empêche pas d’avoir des cœurs pleins de bienveillance et d’amour.

Nous luttons dans la pauvreté avec un courage incroyable.

Il y a beaucoup de résilience humaine qui se manifeste au milieu de toute cette tragédie.

Il est possible de faire preuve d’un grand amour, même au milieu de cette tragédie.

Nous pouvons tomber amoureux de n’importe quel moment, si nous nous y ouvrons.

Voici donc ce à quoi consiste cet exercice (en résumé) : abandonner vos pensées afin de faire l’expérience de l’absence de fondement du moment présent.

Ouvrez-vous à elle. Tombez amoureux de ce moment.

Essayez sans cesse, en vous exerçant, en échouant ; en vous exerçant et en faisant des ajustements.

Voyez ce que cela représente. Les loups à vos trousses laisseront peut-être place à une vie d’amour.

Article original écrit par Léo Babauta.

L’une des pratiques les plus efficaces pour gérer le sentiment d’avoir des loups à ses trousses ou tout sentiment négatif et contre-productif, c’est la méditation. J’ai déjà abordé la question de la méditation à plusieurs reprises, mais savez-vous que vous pouvez pratiquer la méditation même pendant que vous marchez ? Découvrez comment dans la vidéo ci-dessous.

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2 commentaires
  1. Embrasser la vie avec amour, lui ouvrir son cœur, c’est déjà un pas vers l’expérience de l’instant présent. Nous devenons reconnaissants pour la vie, nous commençons même à nous pardonner. On l’aime plus. La douleur est moindre la prochaine fois que nous avons de l’amour dans nos cœurs dans une situation grave. Merci pour cet article !

  2. Il est clair qu’aborder une situation d’amour sera plus productive qu’avec de la colère. Ayant moi-même eu un moment de rage plus tôt dans la journée, ma seule solution adéquat pour moi a été de sortir marcher et courir. Entrer en mouvement tout en réfléchissant à ce qu’il y avait de génial dans cette situation. À l’heure actuelle, ma colère a laissé place à de la tristesse et je conscientise encore à trouver les avantages. C’est un excellent moyen pour équilibrer son état interne, il prend simplement un peu de temps quand l’émotion est très très forte.

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