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Faire preuve de compassion envers les enfants

« Si nous voulons enseigner la paix réelle dans ce monde et mener une vraie guerre à la guerre, nous devrions commencer par les enfants. » – Gandhi

Faire preuve de compassion envers les enfants Dans l’un de mes précédents articles, j’ai expliqué que la compassion ne devrait pas se limiter uniquement aux êtres humains, mais qu’on devait désormais l’étendre aux animaux, cette catégorie d’êtres vivants qui est très souvent regardée de haut.

Aujourd’hui, je veux, à travers cet article, attirer votre attention sur la nécessité de faire preuve de compassion envers les enfants ; ces personnes que nous aimons, mais que nous faisons souffrir sans nous en rendre compte.

J’anticipe le fait que cet article suscitera beaucoup de controverse, car en tant que parent, nous ne voulons pas penser que nous pouvons être la cause de la souffrance de nos enfants adorés.

C’est pourtant malheureusement le cas (du moins, pour ceux d’entre nous qui utilisent les techniques parentales traditionnelles), et nous devons lever le voile sur ce sujet.

Avant tout, je tiens à préciser que je me considère moi-même comme étant coupable, car je ne pense pas que je témoigne suffisamment de compassion à mes enfants.

Je ne prétends donc pas être parfait.

J’ai identifié ce problème et j’essaye d’y remédier.

Enseigner à nos enfants la nécessité de faire preuve de compassion

Pourquoi est-ce important ? Pour la simple raison que pour créer un monde avec plus de compassion, nous devons apprendre à nos enfants (qui représentent la prochaine génération) à être compatissants.

Comment apprend-on la compassion à nos enfants ? En leur en parlant ou en leur faisant lire des articles sur Habitudes Zen ?

C’est déjà un excellent début, mais il est encore plus important que nous ayons une attitude modèle en la matière ─ en commençant à la maison.

Cela signifie que nous devons faire preuve de compassion envers tout le monde à la maison, nos enfants y compris.

Cela a l’air d’aller jusqu’ici, n’est-ce pas ? Mais le fait-on vraiment ?

Si vous avez déjà « discipliné » un enfant en lui donnant une fessée, en le réprimandant verbalement ou en le mettant dehors pour lui donner une leçon, alors vous avez agi sans faire preuve de compassion.

Creusons un peu la question.

La discipline, ce n’est pas de la compassion

Quand un enfant s’énerve, pique une colère, balance ses jouets, tape un autre enfant ou se met à hurler, les parents vont souvent user de la force pour l’arrêter dans son élan ─ parfois cette force se résume à une simple remarque coercitive avec menace de punition, d’autres fois cela consiste à prendre l’enfant et à le mettre dehors un moment, d’autres fois encore cela se traduit par une vraie violence avec en prime des fessées, des gifles ou pire.

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C’est de la « discipline », et les gens y ont recours pour faire comprendre à l’enfant que ce qu’il fait est mal.

Mais quel message transmet-on en réalité à la place ?

En réagissant ainsi, nous enseignons à nos enfants que c’est mal de s’agacer ou de s’énerver, que leurs parents ne les traiteront pas avec gentillesse s’ils se comportent ainsi. Nous leur enseignons qu’obéir et se conformer est plus important que d’être gentil et aimant.

Quand nous avons un ami qui s’énerve ou pleure, nous ne le giflons pas, nous ne lui hurlons pas dessus pour qu’il se taise et nous ne l’enfermons pas dans une pièce, pas plus que nous ne le forçons à rester assis gentiment sur son lit, n’est-ce pas ?

Agir ainsi serait non seulement grossier, mais aussi offensant.

Ce dont cet ami a besoin, c’est de notre compassion, d’une étreinte douce, d’une oreille compréhensive, de quelqu’un qui comprend et ressent sa douleur et qui veut mettre fin à sa souffrance.

Et pourtant, quand nos enfants sont contrariés, nous faisons souvent l’inverse : nous ne les écoutons pas, nous n’essayons pas de comprendre, de ressentir leur douleur, ou de mettre fin à leur souffrance.

En fait, nous leur causons davantage de souffrance et en agissant ainsi, nous ne faisons pas preuve de compassion.

chercher à comprendre les enfants

Compassion envers les enfants : pourquoi les enfants se mettent-ils en colère ?

Pourquoi est-ce qu’un enfant pique des crises de colère ou de larmes ?

Cela arrive souvent quand il n’obtient pas ce qu’il veut.

Un adolescent développe une mauvaise attitude et un comportement dysfonctionnel, souvent parce qu’il se sent contrôlé, étouffé ou brimé.

La cause de la colère de nos enfants est souvent… nous.

En effet, nous ne leur laissons pas la liberté dont les humains normaux ont besoin.

Nous ne pensons pas qu’ils ont, eux aussi, le droit d’avoir ce qu’ils veulent.

Nous pensons savoir mieux qu’eux, ce qui est bon pour eux (alors que ce n’est parfois pas le cas) et donc nous les contrôlons.

Mais est-ce de la compassion ?

Si un autre adulte nous disait qu’il nous connait mieux que nous-mêmes et que cela lui conférait le droit de nous contrôler, serions-nous de cet avis ?

Aimerions-nous qu’il ne nous laisse pas de liberté ou ne nous permette pas de faire ce que nous voulons faire ? Évidemment que non !

En réalité, ce manque de respect, de dignité et de liberté nous causerait de la douleur et de la souffrance. Tout comme cela en cause à nos enfants.

Au lieu de faire preuve de compassion envers les enfants, nous leur causons de la peine.

Compassion envers les enfants : des parents pleins de compassion

Heureusement, il existe une meilleure façon de faire.

J’ai lu énormément de contenu sur une philosophie baptisée « prendre ses enfants au sérieux », et il y a un vrai fossé entre cette façon de faire et l’éducation traditionnelle.

Précision importante : préparez-vous à voir vos convictions de parent chamboulées, mais gardez l’esprit ouvert et soyez désireux d’évoluer.

Cette philosophie prône la parentalité non coercitive ─ ne pas forcer l’enfant à faire quoi que ce soit, mais plutôt l’éduquer, le guider, l’aider et essayer de le convaincre au lieu de le forcer.

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Cette approche semble logique, mais en réalité cela peut s’avérer difficile pour un parent traditionnel d’accepter une telle philosophie, car elle implique de laisser tomber les notions prônant qu’un enfant doit « écouter » (ou obéir), qu’on doit apprendre à un enfant certaines leçons, que la fin justifie les moyens, que l’éducation est correctement donnée par des écoles qui appliquent des méthodes coercitives, que notre façon de faire est la meilleure, etc.

Même si l’approche dont je parle n’est pas une méthodologie, un des concepts fondamentaux qui est mis en pratique par les parents qui l’appliquent est de trouver des « goûts communs » plutôt que chacun fasse les choses comme il les entend, parents comme enfants.

Quand cela arrive, l’autre « perd », autrement dit l’enfant ou le parent est blessé.

Cette philosophie est conçue pour que personne ne soit blessé ─ tout le monde y gagnerait.

On y arrive en réfléchissant à des alternatives jusqu’à trouver une option qui satisfait les deux parties.

Cette approche est en accord avec ma vision de la vie ─ je pense que l’on devrait chercher à ne pas se blesser mutuellement et trouver des moyens de gérer les choses de sorte que tout le monde soit heureux, du moins autant que possible.

« Les enfants sont d’excellents imitateurs, donnons-leur donc quelque chose d’excellent à imiter. » – citation anonyme

Faire preuve de compassion envers les enfants

Mais que faire quand… ?

Que faire quand votre enfant pleure, pique une colère et n’écoute pas ce que vous dites ?

Soyez compréhensif avec l’enfant ─ faites-lui un câlin, écoutez-le s’il veut en parler, aidez-le à obtenir ce qu’il veut.

C’est ce qu’on appelle faire preuve de compassion envers ses enfants. Et ce genre de compassion ─ ressentir la souffrance de votre enfant et l’aider à y mettre fin ─ est le modèle dont nos enfants ont besoin pour apprendre et faire à leur tour preuve de compassion vis-à-vis des autres. Et s’ils deviennent compréhensifs en grandissant, notre monde sera meilleur.

Il y a beaucoup d’autres situations pour lesquelles les parents auront des questions concernant cette forme d’éducation, et je ne serai pas capable de répondre à toutes pour l’évidente raison que je ne suis pas un expert en la matière.

Toutefois, je vous suggère de faire quelques recherches pour en apprendre davantage.

J’ai toujours eu de la compassion pour mes enfants, bien sûr; mais j’ai aussi été élevé dans un cadre autoritaire traditionnel et c’est ce à quoi je suis habitué.

C’est une chose qu’il est difficile de changer. Mais je pense qu’il est impératif de le faire si l’on veut vraiment apprendre à nos enfants à adopter la vertu de la compassion.

En commençant par moi-même et par la façon dont je traite mes enfants, je peux élargir mon champ d’action et leur montrer comment faire preuve de compassion envers les autres dans notre communauté et dans le monde entier.

Mais il faut bien commencer quelque part, et je pense qu’il est pertinent de commencer par les enfants.

« Une personne est une personne, quelle que soit sa taille. » – Dr Seuss

Article original écrit par Léo Babauta.

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